La Fontaine s’est largement inspiré du « père des fables », Esope un écrivain grec du VIIe -VIe siècle avant J.-C. Voici deux de ses fables :

LES PÊCHEURS QUI ONT PÊCHÉ UNE PIERRE

Des pêcheurs traînaient une seine ; comme elle était lourde, ils se réjouissaient et dansaient, s’imaginant que la pêche était bonne. Mais quand ils eurent tiré la seine sur le rivage, ils y trouvèrent peu de poisson : c’étaient des pierres et autres matières qui la remplissaient. Ils en furent vivement contrariés, moins pour le désagrément qui leur arrivait que pour avoir préjugé le contraire. Mais l’un d’eux, un vieillard, leur dit : « Cessons de nous affliger, mes amis ; car la joie parait-il, a pour sœur le chagrin ; et il fallait qu’après nous être tant réjouis à l’avance, nous eussions de toute façon quelque contrariété. »

Or donc nous non plus nous ne devons pas, si nous considérons combien la vie est changeante, nous flatter d’obtenir toujours les mêmes succès, mais nous dire qu’il n’y a si beau temps qui ne soit suivi de l’orage.

LE PÊCHEUR QUI BAT L’EAU

Un pêcheur pêchait dans une rivière. Il avait tendu ses filets, et en avait barré le courant d’une rive à l’autre ; puis ayant attaché une pierre au bout d’une corde de lin, il en battait l’eau, pour que les poissons affolés se jetassent en fuyant dans les mailles du filet. Un des habitants du voisinage, le voyant faire, lui reprocha de troubler la rivière et de les forcer à boire de l’eau trouble. Il répondit : « Mais si la rivière n’est pas ainsi troublée, force me sera à moi de mourir de faim. »

Il en est ainsi dans les États : les démagogues y font d’autant mieux leurs affaires qu’ils ont jeté leur pays dans la discorde.

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D’autres fables :

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