La légende raconte que celui qui est à l’origine de la doctrine des quatre éléments, le philosophe grec Empedocle (-490;-435), se serait jeté dans le cratère en feu de l’Etna.

Mais c’est au poète grec Pindare (-518;-438) que nous devons la première évocation de « l’Etna, cette colonne du ciel», correspondant à l’éruption datée de -475 (d’après Thucydide), où il décrit le sort réservé à Typhée (ou Typhon) après avoir provoqué la colère de Zeus :

« Tel frémit gisant au fond du Tartare* ténébreux, cet ennemi des dieux, ce Typhée aux cent têtes… Maintenant enchaîné sous le rivage des mers …, il expie son audace téméraire ; la Sicile pèse sur sa poitrine hérissée, et l’Etna, cette colonne du ciel et l’éternel nourricier des frimas, l’écrase de tout son poids…La chaîne qui le tient étendu, le lie depuis les noirs sommets de l’Etna jusque dans la plaine, et sa couche rocailleuse creuse le long de ses reins des sillons ensanglantés. »                            (* Tartare désigne le lieu où les dieux déchus, les Titans et le Géants, selon les auteurs, sont envoyés).

Au Ie siècle avant J.-C. on ne dénombre pas mois de 4 éruptions avérés (en -50, en -44, en -38 et en -32). De plus ces éruptions ont été remarquées car le volcan n’avait pas attiré l’attention depuis au moins un siècle.

C’est Typhée qui se retrouve aussi chez le poète latin Ovide (-43;18) dans les « Métamorphoses » : « Une île immense a été jetée sur les membres d’un géant,
la Sicile: de sa masse énorme elle presse et écrase Typhée, qui eut l’audace d’espérer le séjour céleste…sur sa tête repose l’Etna, sous lequel il est couché à la renverse,
le cruel Typhée, à la bouche crachant du sable et vomissant le feu. »

Et pour être complet on trouve dans la bibliothèque d’Apollodore d’Athènes, grammairien grec du IIe siècle avant J.-C. :  » Typhon chercha à fuir à travers la mer de Sicile, mais Zeus jeta sur lui le très haut mont Etna, et il l’écrasa. »

Par contre  le poète latin Virgile (-70 ;-19) place Encelade sous l’Etna :

« La légende dit que le corps d’Encelade, à demi foudroyé,
est écrasé sous cette masse, et que l’Etna gigantesque,
posé sur lui, crache des flammes par ses cheminées éclatées ;
et chaque fois que le géant fatigué se retourne, dans le fracas                                                la Sicile entière tremble et le ciel se voile de fumée. »

Tout comme l’auteur (inconnu ou peut être attribué à Virgile) du poème AEtna:

« où Jupiter écrase sous l’Etna Encelade mourant , qui se convulse sous le vaste poids de la montagne et qui dans ses sursauts souffle du feu par sa gorge… »

Dans les jardins du château de Versailles, c’est au bassin d’Encelade conçu par Le Nôtre en 1675, que l’on peut admirer Encelade à demi englouti sous la lave, représenté par le sculpteur Gaspard Marsy.

La conclusion chez Voltaire (dans Pandore, acte IV ) de cette histoire est que tous sont ensevelis Encelade comme Typhée. « Titans, qui jusqu’au ciel avez porté la guerre, Malheureux, soyez terrassés; A jamais gémissez, Sous ces monts renversés, Qui vont retomber sur la terre. »Encelade et Typhée sont tous les deux des enfants de Gaia, la Terre, alors sont ils tous les deux réunis sous le mont Etna ?

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Pline l’ancien (23;79) à propos de l’Etna : « Au nombre des merveilles du feu dans les montagnes il faut placer l’Etna, qui brûle toutes les nuits, et qui suffit à un incendie de tant de siècles; chargé de neige en hiver, les cendres qu’il rejette se couvrent de frimas »

 

 

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