Si l’on considère que Typhon (ou Typhée, Titan des vents forts) est enseveli sous l’Etna par Zeus dans la mythologie grec ( voir première partie https://eauterrefeuair.wordpress.com/2016/02/19/le-mythologique-volcan-etna ) , chez les latins à partir du premier siècle avant Jésus-Christ, les évocations à l’Etna sont plus descriptives dans le sens naturaliste moins mythologique. Dans ce contexte les vents sont au centre des causes de l’humeur de l’Etna.

Il faut également précisé que le volcan est très actif à cette période avec des éruptions avérées en -50, en -44, en -38 et en -32.

Explication par le poète latin Lucrèce (-98 ;-55)  de la « tempête de feu » à propos « des grandes fournaises de l’Etna » :

« D’abord, toute la substance intérieure de la montagne est creuse…Or, tous ces antres contiennent du vent, et par suite de l’air, puisque le vent n’est que l’agitation de l’air qui s’emporte. Quand cet air a pris feu, et que déchaîné autour des rochers il les échauffe de ses atteintes furieuses, ainsi que la terre, et arrache de leur sein un jet de flamme ardent et rapide, il monte tout droit vers les gorges* de la montagne, il se répand à la cime, il fait tourbillonner au loin l’incendie, au loin il sème la cendre brûlante, il roule un épais et sombre torrent de fumée, et lance en même temps des rochers d’une pesanteur étrange. »

( * au sens cratères)

Explication par un autre poète latin Ovide (-43 ;18) dans « Métamorphoses » :

« L’Etna, qui brûle dans ses fournaises de soufre, ne sera pas toujours en feu ; du reste, il ne l’a pas toujours été.

Ou bien la terre est un être animé, qui vit et respire en de nombreux endroits par des ouvertures crachant du feu ; et, chaque fois qu’elle est en mouvement, elle peut changer les canaux car où elle respire, fermer ici des cavernes et en ouvrir ailleurs.

Ou bien des vents légers, confinés dans des antres profonds, projettent pierres sur pierres mêlées à une matière chargée de germes de flamme, qui s’embrase sous les chocs subis ; une fois les vents apaisés, les antres refroidis seront abandonnés.

Ou bien ce sont les forces du bitume qui s’embrasent ou le soufre jaune qui brûle en dégageant des fumerolles ; mais quand la terre cessera d’alimenter grassement la flamme, parce que ses forces se seront épuisées au fil du temps, sa nourriture viendra à manquer à la nature vorace,qui ne supportera pas la faim ; et le feu désertera ces déserts. »

Des trois causes, la seconde rejoint celle de Lucrèce, et aussi celle de l’auteur (inconnu ou peut être attribué à Virgile) du poème AEtna :

« Les vents provoquent tous ces troubles et par leur tourbillon terrible ils font tournoyer ces matières qu’ils projettent en une masse compacte, et les déroulent hors de leurs profondeurs. Telle est la cause de l’incendie attendu qui se déchaîne sur la montagne. Quand les vents s’enflent, ils prennent le nom de souffles ; quand ils languissent, le nom d’air. »

A la même époque, Strabon (-64;21), un géographe grec a écrit : « D’après l’ensemble des faits observés, on croit généralement que ce sont les vents qui provoquent et suscitent les éruptions du volcan de Thermesse (Hiéra), de même qu’ils suscitent celles de l’Aetna, et que, quand les vents cessent, ses éruptions cessent aussi. »

Maintenant nous le savons la vérité est ailleurs ….

EtnaXIX
Éruption sur un cône parasite de l’Etna d’après Sartorius de Waltershausen
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