Ovide présente Sisyphe aux Enfers (ou plutôt au Tartare) comme un grand criminel qui endure un supplice éternel : « Toi Sisyphe, tu cherches à saisir ou tu pousses devant toi ton rocher prêt à retomber « . Le rocher redescendait chaque fois avant d’atteindre le sommet comme le raconte Homère dans l’Odyssée (chant XI) : « Mais dès que la roche est près d’atteindre à la cime, une force supérieure la repousse en arrière et l’impitoyable pierre retombe de tout son poids dans la plaine. » (image à la Une par Michel de Marolles-  1655 – archive BNF)

Dans l’iconologie de Jean-Baptiste Boudard (1766), Sisyphe représente la vie inquiète et travaillée. Faire et défaire est toujours faire comme dit l’adage. C’est un peu le rapprochement que fait Albert Camus dans « Le mythe de Sisyphe  » avec une vision de la vie comme un éternel recommencement mais complément assumé:  » Je laisse Sisyphe au bas de la montagne! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

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Mais cette allégorie de la vie c’est aussi les cycles celui du jour et de la nuit, des saisons, des marées, etc … » Sisyphe est sous nos yeux ; il lutte il tente il brigue » Lucrèce ,III, 1021.

Sisyphe roulant son rocher Alexandre Denis Abel de Pujol (1787-1861)
Sisyphe roulant son rocher sur une peinture de Alexandre Denis Abel de Pujol (1787-1861)

 

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