« Les vagues ne se lèvent pas s’il n’y a pas de vent. » Proverbe chinois.

Tout est lié dans la machine, fini, complexe et imprévisible, que constituent les échanges entre les courants atmosphériques et marins. Ce grand tapis plongeant et émergeant qui est en action dans les océans est connu des marins depuis longtemps. Le Gulf Stream, littéralement le « courant du golfe », connu pour réchauffer l’Europe et qui souffle depuis le continent américain, du golfe du Mexique jusqu’à nos côtes de l’Atlantique à celles du Nord de l’Europe, pour plonger dans le cercle arctique.

D’après un océanographe américain, Matthew Maury (1806;1873), auteur d’une carte mondiale des courants marins (carte évidement centrée sur le continent américain), le Gulf Stream est décrit en ces termes : »Il est un fleuve dans l’Océan : dans les plus grandes sécheresses jamais il ne tarit; dans les plus grandes crues jamais il ne déborde » .

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Courants marins d’après Matthew Maury

Petite « Illustration » du Gulf Stream dans un article intitulé « La traversée de l’Atlantique par une bouteille » ( Février 1928) :

radiogram gulfstream
Fac-similé du message original en anglais contenu dans la bouteille  :  » 4 mars 1926 : Où avez vous trouvé ceci? Voulez vous m’écrire et me le dire. Ainsi que les autres détails : quand , dans quelles conditions,  et les faits intéressants concernant cette découverte. Ceci a été jeté par-dessus bord au large de Miami Beach, Floride – W.M.C.Simon. Chef opérateur de radio du SS San Mateo, United Fruit Co, N.Y.

 » C’est en face de la plage de Miami que le message a été jeté à la mer le 4 mars 1926…à la naissance même du Gulf Stream, au sud de la Floride. Un peu plus de dix mois plus tard [le 19 septembre 1927] , il était recueilli à l’extrémité de la branche centrale du grand courant de l’Atlantique [Plouarzel à l’extrême pointe de la Bretagne]. Le parcours étant d’environ 7600 kilomètres, c’est à une vitesse de 13,5 km par jour que le frêle flotteur a effectué son voyage…pour lui imprimer une vitesse de près de 600 mètres à l’heure pendant 560 jours, ce sont incontestablement les courants qui l’ont constamment entraîné avec eux. »

GulfStream trajet bouteille
Trajet des 560 jours de la bouteille et son message

Dans son « Portrait du Gulf Stream. Éloge des courants », Erik Orsenna nous éclaire sur la contribution à l’étude de ce courant marin, de celui qui a maîtrisé le « feu du ciel » avec son paratonnerre, Benjamin Franklin. Et cet académicien de conclure « que tous les courants, qu’ils soient maritimes ou terrestres, ont des choses à nous dire. »

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