Les îles inspirent des écrivains aux scientifiques, elles attirent les voyageurs, pas de naufragés sans les îles bref ce morceau de caillou au milieu de nulle part, a forcement un lien chargé de souvenirs pour certains, de rêves pour d’autres. Mais en ce qui concerne les îles volcaniques isolées il existe une dimension supplémentaire et on peut presque prendre la citation de Erik Orsenna au sens propre  » Une île est par définition fragile, nomade. Tout le monde a peur qu’elle se dissolve à un moment donné ou parte à la dérive. » (Lire, juin 1997).

Le suisse Xavier Rosset est un « Robinson » des temps modernes ; il a passé « 300 jours sur une île » c’est le titre de son aventure  mais « 300 jours sur une île volcanique »  pourrait également convenir. Cette île c’est « Tofua Island » dans l’archipel des Tonga (lat. -19.7512° long. -175.075°). Au passage, l’île Robinson Crusoé existe, elle est au large du Chili (lat -33.641 long. -78.841) et n’est absolument pas déserte.

Et puis pratiquement aux antipodes, il y a ce récit de Hervé Bazin: Les bienheureux de la Désolation[1] : « Une éruption volcanique projette une petite communauté insulaire, sans transition, du Moyen-Age en plein XXe siècle ». C’est une histoire vraie qui s’est déroulée en 1961 sur l’île de « Tristan da Cunha », (lat. -37.1063° long. -12.2856°) dépendance britannique, et dont le surnom est l’île de la Désolation. L’histoire de ces femmes et ces hommes qui ont goûté aux progrès, au monde moderne, est très riche d’enseignements …

Par contre en 1840, dans la mer des Solomon, la population de l’ile Tinakula (lat. -10.3833 long. 165.8) n’a pas survécu à une éruption.

Il existe, aux antipodes, des îles volcaniques qui s’appellent justement Antipodes dans le Pacifique sud (lat. -49.6667° long. 178.767°) et qui correspondent de l’autre coté du globe à quelques secondes d’arc près à Barfleur dans la Manche (lat. 49.6696° long. -1.2665°).

Dans la série volcanique, isolée, et peu connue, avec un beau cratère, il y a l’île française Saint Paul, (lat.-38.7282° long.77.5218°) dans l’océan indien en Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF). Cette région du monde a été colonisée mais depuis l’épisode dit des « Oubliés de l’île Saint Paul » morts du scorbut dans les années 1930, elle est essentiellement visitée par les missions scientifiques. Plus connues ce sont les îles Kerguelen mais elles étaient quand même, autrefois, appelées, les îles de la Désolation.

L’ile d’Anatahan (lat.16.35° long.145.67°) de l’archipel des îles Mariannes du Nord, est connu au Japon pour avoir été si isolée pendant la seconde guerre mondiale que les habitants ont découvert la capitulation seulement en 1951 ! Cette histoire a inspiré un film japonais sorti deux ans plus tard : « Fièvre à Anatahan. »

Ou encore quand les îles fusionnent à la faveur d’une éruption pour rompre un peu de leur isolement, cela s’est déroulé dans les années 2000  entre l’île de McDonald (lat.-53.0389° long.72.6011°) et sa voisine.

Ce qui est intéressant de noter c’est que de nos jours les éruptions îliennes isolées sont facilement détectées et même suivies par les satellites : à commencer par l’île Montagu (lat.-58.4166 ° long. -26.3833°), les îles Sandwitch du sud avec le mont Belinda, et plus récemment dans les îles Kouriles, le Sarychev.

Enfin il y a les îles volcaniques Galápagos (de l’îlot Darwin au nord à l’île Isabela ) où Darwin, au cours de son périple[2], a commencé à élaborer sa théorie de l’évolution grâce à l’isolement des espèces. Il est aussi le premier à avoir élaboré une autre théorie qui est moins connue, la formation des atolls qui sont ni plus ni moins que des volcans qui s’enfoncent et qui sont colonisés petit à petit par du corail.

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[1] « Les bienheureux de la Désolation », Hervé Bazin, Seuil, 1970.

[2] « Darwin, l’homme qui osa », Catherine Bousquet, Belin, 2009.

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