La « dolce vita » de l’époque autour du mont Somma ne préfigure pas du tout la terrible éruption qui va avoir lieu en 79 de notre ère et qui deviendra le cratère du Vésuve quelques siècles plus tard. Il faisait bon vivre dans le golfe de Naples avant l’éruption et l’expression de Salvandy «  danser sur un volcan » pouvait être prise au sens propre.

herc starbi et pompei X baie de naples XVII
Baie de Naples (Archive BNF – extrait d’une carte du XVIIe siècle)

Voilà comment Strabon (-63; 24) décrit la région : » La forteresse d’Herculanum touche, on peut dire, à Neapolis [Naples]: elle occupe un promontoire…cette exposition admirable en rend le séjour particulièrement sain…Pompeia, ville située sur la côte à la suite d’Herculanum et tout près du fleuve Sarnus…une voie commode pour l’importation et l’exportation des marchandises.Les villes que nous venons de nommer sont toutes situées au pied du Vésuve, montagne élevée, dont toute la superficie, à l’exception du sommet, est couverte des plus riches cultures. »

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Vue de la baie de Naples depuis Castellammare  di Stabia au nord-est (Archive BNF- XIXe siècle)

Par contre comme le fait remarquer l’historien Diodore de Sicile (-90;-30) dans « Blibliotheca Historica »:   » On y remarque encore beaucoup de traces de son ancien embrasement. »

Malgré cette tranquillité apparente, en l’an 62, c’est un premier avertissement qui vient de la montagne, Pompéi en particulier fut secouée par un tremblement de terre qui laissa des traces.

tremblement de terre de Pompéi an 62
Bas relief représentant la destruction d’un temple (tremblement de terre de Pompéi en 62)

En l’an 79, à la mi-journée, c’est une véritable pluie de cailloux en l’occurrence des pierres ponce qui s’abat sur les villes autours du volcan pendant plusieurs heures avant que la colonne de cendres brûlantes ne s’effondre dans la nuit

Pline le Jeune (61 ou 62 ; 113 ou 115) fut témoin de la mort de son oncle Pline l’Ancien (23;79), le célèbre naturaliste, asphyxié par les gaz et maintenant passé à la postérité comme il le racontera plus tard à Tacite (58;120) l’historien romain : Mort de Pline l'Ancien.JPG » Quoiqu’il est péri par une catastrophe qui a désolé de très beaux pays, et que sa perte, causée par un accident extraordinaire et qui l’a frappé en même temps que des villes et des peuples entiers, puisse éterniser sa mémoire … « .Toutes ces villes englouties étaient bâties de pierres de laves. Plus loin, à propos de l’éruption, il décrit l’éruption qu l’on qualifie depuis de plinienne : » On voyait un nuage et d’une grandeur et d’une forme extraordinaire…Sa forme approchait de celle d’un arbre, de celle d’un pin plus que d’aucun autre…Cependant, on voyait s’échapper de plusieurs endroits du Vésuve de grandes flammes…Pendant plusieurs jours, un tremblement de terre s’était fait sentir…La mer semblait se renverser sur elle-même, et être chassé du rivage par l’ébranlement de la terre. »

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Destruction de Pompéi (d’après la description de Pline le Jeune)

La date du déclenchement de l’éruption et des destructions de Pompéi, Herculanum et Stabies a été donnée par Pline le Jeune mais l’enquête des archéologues a mis en doute cette date à cause d’un faisceau d’indices dont deux élément sont apparus incompatibles avec le mois d’août, le 24 exactement, dans les écrits retranscris de Pline:

1-Le feu plus exactement les braseros retrouvés dans les fouilles décalent la date vers des mois plus froid,

2-Les vents qui soufflaient sur le panache et la distribution des cendres serait plus compatibles avec ceux du mois d’octobre ou de novembre.

En conclusion le date serait plus vraisemblablement le 24 octobre ou le 24 novembre

Par ailleurs, c’est une statue avec l’inscription «respublica pompeianorum» gravée dans la pierre qui permit de lever le doute en 1763 sur la réelle localisation de la ville de Pompéi engloutie sous une couche de cendres estimée de 50 cm à 2,8 mètres d’épaisseur.

Herculanum, l’autre cité détruite entièrement recouverte par une nuée ardente sous au moins 8 mètres de matières volcaniques, a, quant à elle, été retrouvée alors qu’un habitant de la nouvelle ville de Resina était à la recherche d’eau pendant le creusement de son puits.

A la fin de l’éruption, dans un rayon de plus de 15 km, tout ou presque avait disparu. Un territoire  devenu inadapté à toute forme de vie pour plusieurs dizaines d’années. Une situation qui risque de se reproduire à la prochaine et inévitable explosion du Vésuve.

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Vue de l’autre côté de la baie de Naples depuis Pontirossi à l’ouest avec un magnifique pin parasol au premier plan surplombant le flanc du mont Somma et à sa droite le cratère fumant du Vésuve (Archive BNF -XIXe siècle)

 

 

 

 

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