Vulcain après avoir été adoré au début de notre ère à Paris (1/2), a continué à être représenté avec ses forges.

Acte I – Bouquet initial

Entre 1764 et 1768, un spectacle pyrotechnique avait beaucoup de succès à Paris. Ces feux d’artifices en plein Paris, à l’endroit où la rue de Lancry débouche sur le numéro 19 du boulevard Saint-Martin est l’oeuvre d’un artificier italien le sieur Jean-Baptiste Torré :  » Il y mêlait des décorations pompeuses ou agréables, et des pantomimes dont les sujets nécessitaient l’explosion du feu : telles étaient les Forges de Vulcain, pièce qui fut donnée au mois de juillet 1766…Ce spectacle fit fortune. » Dulaure dans « Histoire de Paris »,(tome III, 1847). Il existe même un témoignage direct du spectacle en question en la personne de Louis Petit de Bachaumont (1690;1771) un écrivain français contemporain de Torré. Il écrit dans ses « Mémoires secrets »: « 20 juillet [1766]. Le spectacle Pyri-Pantomime du Sr. Torré se perfectionne de plus en plus…Aujourd’hui il a donné une représentation des « Forges de Vulcain sous le mont Etna »…Mais surtout le public a paru frappé des effets du Volcan…l’artifice parait avoir été inventé exprès pour imiter ces sortes de phénomènes de la nature. »  Par ailleurs, c’est Torré qui lança la mode dans Paris, des salles de spectacle appelées Waux-hall ou Vaux-hall.

Acte II – Armurier révolutionnaire ?

aux forges de Vulacin rue Jean Jacques Rousseau

Dairolant , un Arquebusier,  avait son armurerie « Aux Forges de Vulcain », rue Jean-Jacques Rousseau:  » Fait et Tient un assortiment de Fusils, de Pistolets, Sabres, Epées Attirail de Guerre et de Chasse dans tous les Prix et Genres, et fait des Envois en Province. » Etant donné que le nom de la rue a été attribué à J.J. Rousseau en 1791, que l’on retrouve une trace de paiement à Dairolant en 1793 et qu’il est toujours inscrit dans l’almanach de 1800, on peut supposer que cet armurier a prospérer après la révolution.

Acte III – L’île de Vulcain

L’île où se situait les Forges de Vulcain n’est pas celle que l’on croyait, c’était l’île de la cité, à coté du pont au Change à la place de l’actuelle Tribunal de Commerce de Paris, quai de la Corse. Le bâtiment actuel a été construit en 1860 et c’est donc au milieu du XIXe siècle que l’on retrouve sur des gravures et des photos (image à la Une : détail photo d’Edouard Baldus vers 1854), l’enseigne « Aux forges de Vulcain ».

Aux forge de Vulcain face à la tour de l'Horloge d'après Hoffbauer
« AUX FORGES DE VULCAIN » en face la Tour de L’Horloge, quai-aux-fleurs, actuel quai de la Corse (d’après Hoffbauer 1855)

Honoré de Balzac (1799;1850) dans son « Petit dictionnaire critique et anecdotique des des enseignes de Paris par un batteur de pavé », écrit : « Forges de Vulcain (aux). Au coin de la rue de la Barillerie et du marché aux fleurs ; quincaillier. »

Cette maison, fondée en 1807 dans les locaux d’un ancien marchand de vin, elle était fréquentée par les tailleurs de pierres qui ont continué à venir s’approvisionner mais en outils plus qu’en boissons. Tailleur de pierres du Pont Neuf1845Le magasin a ensuite déménagé et voici ce qui est écrit dans l’histoire des enseignes de Paris par Edouard Fournier en 1884 : » On admirait beaucoup à l’angle de la rue de Barillerie et du Quai-aux-fleurs, l’enseigne des forges de Vulcain. Cette   peinture, très éclatante en couleur, n’était pas sans mérite, comme le déclarait Eugène Delacroix, qui s’arrêtait toujours pour la regarder. On y voyait Venus entièrement nue s’appuyant sur l’épaule de Vulcain …aux forges de Vulcain rue saint denis lt

En 1860, tout ce côté de la rue de la Barillerie disparut pour faire place au Tribunal de Commerce. Le magasin de quincaillerie, exproprié, transporta son matériel et son enseigne place du Châtelet, à l’entrée de la rue Saint-Denis, au n°3. » Le magasin continua dans la distribution de machine outil pour travailler les métaux jusqu’au milieu du XXe siècle.

PS: Les seules « forges de Vulcain » présentes à Paris de nos jours sont les Editions « Aux forges de Vulcain » depuis 2010…

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