« Dans une grande partie de la ville l’eau potable fait défaut, il n’y a plu d’éclairage au gaz, d’éclairage électrique, plus de téléphone… » Extrait du rapport de la Croix-Rouge , Auguste Duchaussoy (1910).

Les images de la crue de fin janvier 1910 à Paris [1] ( photos et carte, archives de la BNF) montrant les déplacements en barques dans les rues ou sur des passerelles surélevées et l’accès aux appartements avec une échelle, ont largement circulé (image à la Une quai des Grands Augustins). Les repères [2] de crues et ceux de 1910 en particulier [3] sont nombreux dans Paris le long des berges de la Seine comme dans certains monuments affectés à l’époque comme la Conciergerie au cœur de la capitale.

En ce début de XXe siècle, c’est un Paris qui s’éclaire encore au gaz, l’électricité et l’eau courante ne sont pas généralisées [4]. Mais surtout il faut se préparer et comme aujourd’hui encore c’est les quais de la Seine justement où se trouvent les stocks de matériaux, sables graviers pavés etc… Car il va falloir aménagé certaines parties des quais avec des sacs de sable pour tenter d’éviter les débordements ou tout simplement murer les ouvertures de la voie ferrée qui longent la Seine depuis l’exposition universelle de 1900.

Mais les grands travaux c’est surtout après la décrue, beaucoup de quartiers riverains de la Seine sont touchés, pas seulement à Paris: « La baisse des eaux a commencé le 30 [janvier], elle s’effectue lentement et, trente-cinq jours après, les environs de Paris à l’arrivée des lignes de Lyon et d’Orléans présentaient encore l’aspect lugubre de maisons éventrées, de cultures maraîchères bouleversées et d’une épaisse couche d’eau que la terre refusait d’absorber et qui couvrait bien des milliers d’hectares » extrait du rapport de la Croix-Rouge , Auguste Duchaussoy (1910). A Paris , des chaussées entières sont à reconstruire et des détritus jonchent les rues. Les caves inondées via les égouts, vont bien au delà de la partie émergée de l’inondation. »L’inondation de 1910…, prouvent que les quais tout en protégeant efficacement les riverains, n’empêchent pas les caves en un grand nombre de rues, même situées assez loin de la Seine, de se remplir d’eau »d’après le Bulletin du Muséum d’histoire naturelle du 6 mars 1910 par Stanislas Meunier.

L’aléa existe toujours en tant que crue séculaire et la vulnérabilité a même augmentée compte-tenu de la densité urbaine et l’importance des réseaux de ce début de XXIe siècle. C’est donc un risque toujours d’actualité.

[1] Scènes de crues à Paris et Au pont Mirabeau

[2] Repères du niveau d’eau à Paris

[3] Repères de crues dans Paris

[4] Des éléments sur Paris autrefois

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