«La tour Eiffel en 1900», c’est le titre d’un ouvrage de Gustave Eiffel qu’il publia en 1902, après les expositions universelles de 1889 et de 1900 donc qui consacra sa tour après la polémique des débuts.Eiffel socle.JPGParce que, à l’époque de la construction, les questions du genre  « Ce gigantesque pylône n’allait-il pas écraser le palais du Champ-de-Mars? » et les protestations des artistes qui décrivent « une Tour vertigineusement ridicule » sont nombreuses, alors que les scientifiques, au contraire, y voient un moyen de faire des expériences: « La pureté de l’air à cette grande hauteur…permettra de faire un grand nombre d’observations astronomiques… Il faut encore y ajouter l’étude de la chute des corps dans l’air…»

Parmi les questions, il en est une, légitime  :« Était-il rationnel de construire la Tour dans le fond de la vallée de la Seine? » ce qui pose le problème des fondations. Gustave Eiffel a simplement répondu par une étude du sous-sol en regardant les différentes caractéristiques des terrains y compris le lit actuel et le lit ancien de la Seine. Deux des piliers coté Champ-de-Mars reposent solidement sur des sables et graviers.

Eiffel fondations archive ENPC
Fondations (Archive ENPC)

Ensuite c’est les ascenseurs que Gustave Eiffel étudient en détail. Il opte pour un dispositif de câbles et poulies actionné par un système hydraulique à l’eau (par la suite l’eau sera remplacé par de l’huile). « Ce dispositif a l’avantage de permettre la course très considérable de la cabine, soit 129.96 m par un déplacement relativement faible du piston  10,83 m…mais, en revanche, il nécessite un grand effort…Cet effort est obtenu par de l’eau.  »

Eiffel schéma de l'ascenseur
Schéma d’époque ( Archive BNF)

L’électricité n’étant pas généralisé à cette époque [1] les dynamos et toute la machinerie sont alimentées par des chaudières au charbon. Les dynamos servent à l’éclairage ainsi qu’au « phare du sommet à feu continu ». C’est une « pierre » de plus à l’édifice et à la ville lumière toute entière.

 

Quant aux chaudières, elles nécessitent l’évacuation des gaz et c’est le rôle de cette cheminée en briques que l’on peut encore voir du coté ouest entre les arbres. « Toutes ces chaudières étaient chauffées au coke [charbon plus concentré], afin d’éviter complètement la fumée. Les gaz de la combustion sortent par un caniveau horizontal d’environ 100 m de longueur, qui vient déboucher dans une cheminée en briques placée près du pilier ouest. » Par contre pour l’exposition universelle de 1900, c’est deux usines avec deux énormes cheminées au bout du Champs-de-Mars qui vont fournir l’électricité nécessaire.

Une vue depuis un aérostat [2] permet de l’apercevoir derrière les arbres

Tour Eiffel 350 m 100 ans après & la  Cheminée
100 ans séparent ces deux clichés de la tour Eiffel, la cheminée est toujours là, l’ombre aussi !

[1] Des éléments sur Paris autrefois

[2] Plus léger que l’air

NB : Photos en noir & blanc fin XIXe siécle et photos en couleurs de 2016 sauf la dernière issue de Google Earth.

 

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