« Les grands édifices, comme les grandes montagnes, sont l’ouvrage des siècles » Victor Hugo [1] dans « Notre Dame de Paris » et à propos de l’architecture « Ce livre granitique commencé par l’Orient, continué par l’Antiquité grecque et romaine, le moyen age en a écrit la dernière page.»

La seule des 7 merveilles du monde antique encore visible sont les pyramides d’Egypte (construction massive avec des pierres calcaires), les vestiges grecs et de la Rome antique sont encore nombreux (construction majoritairement en marbre sculpté), quant aux cathédrales et autres édifices construits au Moyen-Age nous pouvons toujours les admirer grâce notamment au progrès de l’art de bâtir en voûte et avec des chaînages entre les éléments structuraux (construction plus aérée en pierres de taille calcaire) .

Nous avons même conservé le rituel religieux de cette époque avec la « pose le première pierre » ou « pierre d’angle » parce qu’elle reste visible dans un angle généralement après la construction du bâtiment. « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon église » Evangile selon Saint Mathieu.

Panthéon pose de la premiere pierre
« Le Roy après avoir arrêté le Plan de cette nouvelle Eglise, en posa la première Pierre le 6 septembre 1764. » Soit, la coupole de ce qui deviendra le Panthéon à Paris n’est pas encore construite mais pour la pose de la première « Pierre » l’édifice semble bien achevé ! ( Archive BNF)

Une exemple à Paris de ce mélange des styles est le Panthéon, à l’origine c’était une église dédiée à Sainte Geneviève, bâtie sur un plan de croix grecque, avec un portique romain en façade et une structure gothique, voulu par l’architecte Soufflot. Depuis la construction de la coupole (triple en réalité) en 1790, ce monument a longtemps été le plus haut point de Paris jusqu’à ce que la tour Eiffel (dite de 300 m à l’époque[2]) ne vienne, en 1889, le détrôner. Mais la tour Eiffel marque un autre tournant celui de l’avènement des structures métalliques. Un autre grand architecte, Viollet-le-Duc dans son livre « Les églises de Paris » (1883) disait de cet édifice : « Ce grand phare éclatant de la mort pour éclairer le chemin ». En 1885 c’est la mort de Victor Hugo qui scella définitivement le sort de la véritable destination du Panthéon en édifice républicain destiné « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante ».

En espérant avoir apporter une pierre à l’édifice avec ce court billet sur un vaste sujet.

[1] Victor Hugo, l’exilé sur son rocher

[2] Quelque éléments sur la tour Eiffel en 1900

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