« Le Roseau plie. le vent redouble ses efforts, et fait si bien qu’il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine… » Le Chêne et le Roseau, Fables (Livre I, XXII) Jean de la Fontaine (fable inspirée d’Esope [1])

C’est également dans un roseau que Prométhée apporte le feu aux hommes [2].

Alors voici une autre fable encore plus ancienne, celle du roseau et de l’arbre, parabole de la création du Ciel et de la Terre qui nous vient d’un mythe sumérien gravé dans l’argile au IIe millénaire avant J.-C. (Source département des antiquités du Louvre à Paris et photo à la Une):

« L’univers étincelait, sa surface verdoyait,
la vaste Terre était ornée d’argent et de lapis-lazuli,
parée de diorite, de calcédoine, de cornaline et de
cristal-elmesu, recouverte en majesté de végétation et d’herbages.
La Terre majestueuse, la Terre pure, se rendait belle pour le Ciel.
Le Ciel consomma son mariage avec la vaste Terre,
Il déversa en son sein la semence des héros, l’Arbre et le Roseau…
Et tout entière, la Terre se dévoua à donner naissance à la végétation…
Le Roseau et le Bois étaient verdoyants, l’harmonie régnait,
Le Bois et le Roseau aux tiges splendides, ensemble
chantaient leurs louanges,
Le Bois ne se montrait pas orgueilleux envers le Roseau,
Dans les profondeurs, il formait ses racines,
Le Roseau se levait… faisait grandir les vastes
cannaies, les grands marécages.
Les ondées les faisaient croître, comme les nuages portant l’eau du ciel… »

roseau gabion

[1] Esope: la source de La Fontaine

[2] Prométhée et la connaissance

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