« Quant au sommet, qui offre en général une surface plane et unie, il est partout également stérile ; le sol y a l’aspect de la cendre et laisse voir par endroits la roche même, percée, criblée de mille trous, toute noircie, qui plus est, et comme rongée par le feu, ce qui porte à croire naturellement que la montagne est un ancien volcan, dont les feux, après avoir fait éruption par ces ouvertures comme par autant de cratères, se seront éteints faute d’aliments. strabonOn peut croire aussi, par analogie, que la fertilité incomparable des terres environnantes est due à cette même cause… La lave, en effet, contient une sorte d’engrais …mais peu à peu l’engrais s’épuise, il devient moins brûlant, se réduit en cendres, et à la période de combustion succède alors pour le sol une période de production et de fertilité. » écrit Strabon (-90;-30), un historien grec, qui vivait avant l’éruption de 79 du mont Somma-Vésuve décrite par Pline le Jeune [1]. A cette époque révolue de « dolce vita », le Vésuve du XIXe siècle n’en conserve pas moins une certaine réputation comme on peut le constater dans les écrits d’Alexandre Dumas.

« Le Vésuve n’est plus seulement célèbre , il est populaire. On comprend après cela qu’il m’était impossible de quitter Naples sans présenter mes hommages au Vésuve. » Dans ses « Impressions de voyage- Le Corricolo » (1843), Alexandre Dumas (1802;1870)Alexandre Dumas 1855 BNF est bien sûr plus romanesque moins naturaliste : » En Italie, on ne sait pas ce que c’est que le feu : l’été on se chauffe au soleil l’hiver au Vésuve. » Il y va même d’une dimension quasi-théâtrale pour ce jeune premier de la scène napolitaine : « Les véritables débuts du Vésuve  dans sa carrière volcanique datent à peine de l’an 79, c’est-à-dire d’une époque où l’Etna était déjà vieux, …il a si bien profité de son admirable position et de sa magnifique mise en scène, il a fait tant de bruit et de fumée, que non seulement il a éclipsé le nom de ses anciens confrères,…mais qu’il a presque effacé  la gloire du roi des volcans, du redoutable Etna, du géant Homérique… » [2]. Il va même jusqu’à relater que « quelques uns prétendent que cette éruption dont parle Pline ne fut pas celle qui détruisit Pompéi…c’est qu’aucune monnaie de cuivre d’argent ou d’or n’a été retrouvée, à Pompéi, postérieure à l’an 79. » !

Destruction de Pompéi

[1] Le mont Somma-Vésuve en 79

[2] Le mythologique volcan Etna

 

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