«Les hommes ont dû être longtemps sans avoir l’idée du feu, et ils ne l’auraient jamais eue, si des forêts embrassées par la foudre, ou l’éruption des volcans, ou le choc et le mouvement violent de quelques corps, n’eussent enfin produit pour eux, en apparence, ce nouvel être. » Voltaire dans l’introduction de son « Essai sur la nature du feu »(1738).

Le feu a été le pilier du développement humain aux premiers ages, l’élément par lequel l’Homme a put dominer la Nature et ainsi améliorer sa condition.

Du point de vue du mythe c’est Prométhée [1] qui apporte aux hommes ce feu divin. Pline l’Ancien  (Livre VI chap. XXXV) fait remonter la connaissance du feu au roi d’Egypte Ptolémée Lathyre (-143;-80). Par contre le premier à avoir produit du feu serait Pyrodès (Livre VII, chap.LVII): « L’art de faire jaillir le feu des cailloux [a été inventé] par Pyrode, fils de Cilix. »

faire du feu en Egypte
Instruments à feu retrouvés en Egypte dont un vilebrequin à archet

Mai une autre technique pour produire du feu semble être aussi ancien que les cailloux, c’est de frotter des bâtons l’un contre l’autre à l’instar de ces incendies de forêts primitives provoqués par le frottement de branches d’arbres agitées par le vent. Les ancêtres des améridiens accordaient une grande importance aux feux de camp, symbolisés par une étoile ou un pictogrammes caractéristiques. Dans son « Histoire naturelle et générale des Indes  » Fernandez de Oviedo consacre un chapitre pour expliquer « Comment les indiens tirent et allument du feu sans caillou… mais seulement avec un bâton entortillé sur quelques autres. » Mais il y aussi de nombreux exemples à travers les découvertes successives des îles du pacifique et la bien nommée Terre de Feu [2].

Evolution des techniques pour faire du feu avec du bois tiré de « Lecture pour tous  » intitulé  » les moyens d’éveiller le Feu qui dort » (1901):  » On prend une plaque de bois le long de laquelle une légère rainure a été creusée ; on applique dans cette rainure, suivant un angle de 45 degrés, l’extrémité d’un bâton cylindrique court et pointu. On frotte alors avec une vitesse croissante jusqu’à ce que le petit tas de poussière de bois, qui s’est amassé par suite du frottement au bout du sillon, prenne feu; cette pincée de sciure en combustion est ensuite mise en contact avec un morceau d’amadou sur lequel on souffle doucement pour en faire jaillir la flamme. Un premier progrès s’accomplit avec le frottement par rotation…La rotation rapide d’un bâtonnet de bois dur dans une encoche préalablement creusée dans la planchette produit assez de chaleur pour faire jaillir l’étincelle. » La version encore plus perfectionnée de ce vilebrequin à feu est la suivante : « Le bâton-pivot tourne par le mouvement d’une lanière enroulée en son centre, l’opérateur en tenant une extrémité dans chaque main. Il tire alternativement avec force l’une et l’autre extrémité et imprime ainsi une vitesse beaucoup plus considérable au bâton-pivot, qu’un aide maintient vertical au moyen d’une pierre creuse. »

La chimie a tout transformé avec l’allumette, mais surtout, la maîtrise de la combustion de l’époque moderne par Lavoisier [3] entre autres, a ouvert la voie à la machine à vapeur mais cela est une autre histoire…

[1] Prométhée et la connaissance

[2] Terre de Feu

[3] Lavoisier : la modernisation des éléments 

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