« Enfin un lieu cultivé a plus de vertu que les terrains incultes, et les fruits s’améliorent sous des mains actives : la terre renferme donc des principes ; et c’est en remuant avec la charrue les glèbes fécondes, en bouleversant la surface du sol, que nous les excitons à se produire » Lucrèce poète latin (-98 ;-55)

Cette oeuvre du peintre hollandais du XVIe siècle met en scène Icare qui se brûle les ailes et tombe à l’eau. Il est à peine visible immergé sur le tableau dans le coin droit, ce qui clos la scène décrite par le grand poète latin Ovide (-43; 17 ou 18) dans « Métamorphoses » au livre VIII : « Dédale et Icare ».

Icare représente le rêve aérien tandis que le vent gonfle les voiles du navire. Il y a, à l’opposé, la réalité de la terre nourricière au premier plan avec le laboureur. Et ce berger regardant en l’air appuyé solidement sur son bâton semble faire le lien entre le ciel et la terre. Le tout est accentué à l’horizon par quelques montagnes abruptes et un soleil plongeant. Malgré les éléments, le terrien est maître de son labour et le marin de son navire.

« La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure à l’obstacle …Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu’il dégage est universelle. » l’aviateur Antoine de Saint-Exupéry (1900;1944) dans « Terre des hommes ».

Brueghel est aussi l’auteur d’une toile sur un épisode du petit âge glaciaire qui a sévit du XIVe siècle au XVIIe siècle et qui a entraîné des crues destructrices de la Seine à Paris avec des blocs de glace venant heurtés les ponts [1].

Les chasseurs dans la neige Brueghel l'Ancien

[1] Scènes de crues à Paris

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