Le « 7e  continent »

Chaque jour plus de 13 milliards de sacs plastiques sont distribués et 2,4 millions de tonnes de plastiques aboutissement dans les océans [1], cette fine couche d’eau à l’échelle de la planète déjà fragilisé par une acidification [2].

Une expédition du voilier océanographique Tara (Image à la Une Tara à quai près du pont Alexandre III à Paris pendant la COP21 fin 2015) a été consacré à récolter et détecter ces déchets plastiques en mer. Même si l’appellation de la campagne de recherche a été baptisé « 7e continent », c’est en fait plusieurs zones de déchets plastiques qui s’accumulent dans les principaux tourbillons des océans, les gyres, c’est-à-dire dans le Pacifique nord et sud, dans l’Atlantique nord et sud et dans l’Océan indien. Ces gyres sont de véritables décharges flottantes qui échappent à tout contrôle, donc plus q’un continent, il s’agit d’îles flottantes en plastique. « On est en train de plastifier les océans » déclare un membre de l’équipe  « 7e continent ».

gyres

Cette pollution des océans par des matières plastiques qui se fragmentent en petits éléments (de l’ordre du micromètre pour les plus petits récupérés) sont toxiques pour les organismes marins qui les ingèrent. Au final, ils reviennent dans nos assiettes en se retrouvant dans la chaîne alimentaire. Ne mangez pas dans des assiettes en plastique cela sera toujours ça en moins dans notre corps aqueux [3].

[1] Focus sur l’océan

[2] Récifs coralliens

[3] La terre à forme humaine

 

 

 

Calcaires

« De la pierre calcaire. Sa formation est l’un des plus grand ouvrage de la Nature. » Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon [1] dans «Histoire naturelle des minéraux » (1783).

Le calcaire (ou carbonate de calcium) est un élément de base dans l’industrie cimentière et chaufournière [2] mais également dans la composition du squelette des coraux [3]. Les calcaires constituent des pierres naturelles à bâtir facilement aptes à la taille tout en étant solide et esthétique.

Les carrières de calcaires sont nombreuses à commencer par les catacombes de Paris, ces anciennes carrières souterraines [4] qui s’entendent jusqu’aux environs de Paris [5] et à ciel ouvert dans le bassin parisien. Géologiquement les massifs calcaires sont truffés de fossiles, qui se composent de débris de coquilles brisés et pilés comme le calcaire de Saint Leu.calcaire quai

D’autres calcaires sont à grain fins plus dur et qui étaient réservés à des parties de monuments comme les frontons ou les marches d’escalier. Encore plus dur et compact est le calcaire de Chateau-Landon qui a été employé pour l’Arc de Triomphe ou encore la basilique de Montmartre. Ce calcaire ressemble à du marbre [6].

arc de triomphe

A l’inverse un calcaire particulièrement tendre est le tuffeau de Touraine qui durcit à l’air, et qui a été creusé pour servir d’habitation troglodytiques [7].

[1] Buffon et la géologie moderne

[2] Tous consommateurs de cailloux

[3] Récifs coralliens

[4]  Pierre et plâtre sous Paris

[5] Cuvier : la géologie des environs de Paris

[6] Marbres

[7] Abri-sous-roche: troglodyte

Au coeur du soleil

« Soleil, source de feu , haute merveille du monde » Eglogues, I, Bergerie, Pierre de Ronsard « Prince des poètes et poète des princes » mais il est un autre « Prince des poètes latins » c’est-à-dire Virgile qui écrit ceci :

« Le soleil tout de feu paraissait à nos yeux,

plus clair et plus brillant dans le milieu des cieux. »

soleil eruption
Image à la Une , Archives Nasa

« Le Soleil est un astre embrasé…mer ardente, sans cesse battue par la tempête, sans cesse bouleversée par des courants de gaz enflammés; océan de feu où règne une chaleur dont rien ne peut donner l’idée. » Arnold Boscowitz dans « Les révolutions du globe » en 1890.

Le Soleil [1] est décrit comme une énorme boule de feu, oui mais pas au sens où il brûle de l’oxygène comme le feu terrestre, ce feu extraterrestre brûle avec de l’hydrogène, ou plus exactement il s’agit en fait de réactions de fusions nucléaires entretenues au cœur de l’astre. C’est le but du projet expérimental « Iter » que de recréer ce processus artificiellement pour produire de l’énergie.

Au final « Sol lucet omnibus  » « Le soleil luit pour tous. » ou « le soleil brille pour tout le monde »

soleil montage

[1] Le soleil

La Suisse terre d’aventuriers

L’aventurier de la science par excellence : Einstein (1879;1955) a été l’explorateur du monde de l’infiniment petit  (mouvement brownien et effet photoélectrique) au monde de l’infiniment grand (relativité restreinte et générale).

Louis Agassiz né en Suisse a été un précurseur dans l’étude scientifique sur le terrain des glaciers [1] suisses qui a aboutit à sa célèbre « Etude des glaciers » (1840).

Auguste Piccard
Auguste Piccard (Archive BNF)

Dans les airs le pilote suisse Walter Mittelholzer (1894;1937) fut un pionnier de l’aviation en Afrique du Nord au Sud en 77 jours et 23 escales et il fut le premier a atteindre les 80° de latitude nord en 1923. Bertrand Piccard a effectué le tour du monde en ballon et fait l’actualité avec l’avion solaire « Solar Impulse ». Il est issu d’une famille d’aéronautes et océanautes, son grand-père, Auguste Piccard ( 1884;1962) est celui qui a inspiré le professeur Tournesol à Hergé. Un autre suisse connu, Mike Horn a fait le tour du globe sans assistance à la force de ses bras et du vent, en suivant l’équateur (expédition Latitude Zéro).

L’eau est un élément que maîtrise également les suisses ( Image à la Une , lac de Neuchâtel), avec un bateau à l’énergie solaire traquant les déchets plastiques autour du globe et la traversée des glaces du nord ouest en kayak solaire sont également des exploits d’aventuriers suisses, en attendant le premier avion solaire a pénétrer dans la stratosphère (Projet Solar Stratos).

Le suisse Xavier Rosset est un Robinson des temps modernes ; il a passé « 300 jours sur une île », c’est le titre de son aventure mais sur une île volcanique isolée [2]. Cette île c’est « Tofua Island » dans l’archipel des Tonga (lat. -19.7512° long. -175.075°).

montre Vulcain
Photo Montres Vulcain 

 

Enfin il est intéressant de signaler que la spécialité de nos voisins helvétiques que sont les montres [3] est entre autres représentée par la marque Vulcain, mise en avant par des aventuriers, notamment dans l’ascension de sommets comme le K2 dans l’Himalaya ou dans les profondeurs de l’océan.

 

 

 

[1] Marche et recul des glaciers

[2] Iles volcaniques isolées

[3] Le rubis

Retenues d’eau : les barrages

 » Le capital ne signifie pas seulement la concentration de l’argent, mais aussi de l’eau dans les barrages… » Michel Serres [1], Petite Poucette.

Derrière la pierre ou le béton sous le ciel c’est de l’eau qui est retenue grâce à un barrage. Cette idée de créer un réservoir existe depuis le début de l’antiquité (les premiers barrages connus au Proche-Orient en -3500 avant J.C.), d’abord pour fournir de l’eau en irriguant les cultures, puis progressivement pour fournir de la puissance mécanique et maintenant majoritairement électrique. Le plus grand barrage hydraulique (le barrage des trois gorges) est chinois, il a été mis en service en 2009.

L’histoire des barrages en France est liée avec une discipline où les français excelle c’est la mécanique des roches car pour retenir l’eau il faut de bons ancrages dans le rocher (barrage voûte) ou un poids suffisant (barrage poids). En effet, tout la difficulté technique des ingénieurs c’est de contenir la force exercée par la masse d’eau sur la surface du barrage autrement dit la pression de l’eau.

Mais ces contraintes sur les barrages sont variables en fonction des caprices du temps et des réactions au cours du temps des conditions initiales de construction. En 1959 un barrage voûte près de Fréjus à Malpasset cède causant la mort de 400 personnes avec des dégâts considérables. L’accident de Malpasset et celui de Vajont ont permis de progresser dans la conception de ces ouvrages d’art.

Un barrage peut également ébranler la terre au point de générer un séisme pendant son remplissage.

[1] Michel Serres : le philosophe des éléments

Nuées ardentes

Une nue dans la mythologie japonaise est une créature malfaisante, une chimère, qui peut se transformer en un nuage noir et se déplacer. Le célèbre samourai Miyamoto Musashi [1] est représenté terrassant cette chimère à l’instar de l’archange Saint-Michel terrassant le dragon occidental [2].

Alors que nuées vient du latin nubes, qui sont des nuages sombres qui s’accumulent dans le ciel avant l’orage (les cumulo-nimbus). On retrouve cette description dans Ovide comme prélude au Déluge  (Livre I des « Métamorphoses » ): « …puis d’épaisses nuées se déchargent du haut des airs .»

Les nuées ardentes comportent une autre dimension amenée par les cendres chaudes , les roches incandescentes et les gaz brûlants expulsés du cratère des volcans. Elles constituent un nuage noir très chaud et chargé d’éléments solides qui dévalent les pentes du cratère jusqu’à plusieurs kilomètres (Image à la Une, prise sur le flanc du Mérapi en Indonésie). Avant l’éruption de la montagne Pelée le 9 mai 1902 qui a vu naître cette expression de « nuées ardentes », on parlait de « pluie furieuse de lave incandescence, un mélange innommable de boue et de pierre lavique. » ou « un jet de vapeur mélangé de cendres. » ou encore  » des nuages de cendres chaudes, des petits gravats et des débris de feu. » propos recueillis par Jean Hesse de « ceux qui ont vu » dans son ouvrage intitulé « La catastrophe de la Martinique -Notes d’un reporter -1902 ».

Pelée 1902 rue Victor Hugo
Ville de Saint-Pierre en Martinique, 2 jours après l’éruption de 1902 (Archive BNF)

Depuis, l’étude scientifique des nuées ardentes ou plus exactement des produits des coulées pyroclastiques a beaucoup progressé avec la compréhension de la formation des dômes (sorte de bouchon en forme de dôme obstruant le cratère) à l’origine du phénomène. Un dôme de petite taille ne résistera pas à la poussée des gaz et générera  des nuées ardentes latérales sur des grandes distances tandis que les dômes de plus grandes tailles auront tendance à s’effondrer par gravité.

Tomber des nuées est donc autrement plus dangereux que tomber des nues.

[1] Musashi : le samouraï des éléments

[2] Dragons

 

Gabions : des cailloux en cage

Les gabions sont des parallélépipèdes rectangles ou pavé de cailloux calibrés [1] et bien rangés dans leur « cage » en grillage. Ils sont aussi esthétiques que utiles.

Les gabions sont en général utilisés pour soutenir des talus ou pour stopper l’érosion des sols. Dans ce dernier cas avec le ruissellement au travers des cailloux des sédiments vont s’accumuler et permettre à le végétation de reprendre dans des zones arides en quelques années pour créer une véritable zone de plantations en amont. Petit cailloux donc mais grands effets sur le long terme. L’avantage du gabion est son faible coût et sa facilité d’installation sur place.

Les gabions ont tendance à remplacer les murs de pierres sèches des anciens pour consolider une pente face aux glissements de terrain ou tout simplement comme un élément d’architecture urbaine plutôt esthétique. Le gabion est tout terrain, il s’adapte à toutes les géométries comme un grand « légo » géant , il ne lui manque plus que des couleurs [2].

gabion asie

[1] Classifications granulométriques

[2] Des couleurs et des éléments