Sables

« Le sable n’a rien fait que de s’agglomérer en caillou, et les cailloux n’ont rien fait que de s’égrainer en sable. » d’après la bien nommée George Sand (malgré que ce soit un pseudonyme) dans « Légendes rustiques – Le ruisseau » [1]

Les sables sont différents en dimensions c’est le domaine du classement granulométrique [2] comme en couleurs [3] mais surtout en qualité : le sable du désert [4] n’est pas le même que le sable des rivières où il est largement prélevé dans des sablières. Quant au sable des fonds sous-marins il est également exploité en grande quantité mais il est de moins bonne qualité. Car les sables en général sont indispensables à la construction et si la qualité n’est pas au rendez-vous alors les bâtiments deviennent de véritables châteaux de sable, c’est-à-dire fragiles.

Dans d’autres contextes, le sable de la plage fera le bonheur de tous en se transformant en terrain de jeux, de pêche ou tout simplement de repos. Balayé par le vent, remué par les eaux douce et salée, transformé par l’homme dans des fours [5] et agrégé au cours du temps par la nature, les sable ont été, sont et seront encore confrontés aux éléments et à l’homme en tant qu’acteur géologique et industriel majeur.

[1] Le ruisseau, l’insecte et le lotus

[2] Classifications granulométriques

[3] Sables et couleurs

[4] Le désert de sable …

[5] Les renaissances du verre

 

 

7 merveilleux géoglyphes depuis les airs

Les géoglyphes ont la particularité d’être visible depuis les airs compte -tenu de leur taille, les plus célèbres sont les lignes et motifs de Nazca au Pérou. Dans la liste de ces 7 merveilleux géoglyphes, c’est le seul exemple à avoir été tracé parmi les cailloux qui recouvrent le sol gypseux, plus clair, alors que les six autres sont creusés dans le sol, la roche ou le sable du désert :

Geoglyphe Nazca Colibri orienté

1 – Les nombreux géoglyphes de Nazca, ici le Colibri,  (Image à la Une, lignes et Condor, crédit pour l’ensemble des images : Google Earth) au Pérou ont été découverts en 1927 et ont été réalisés par la civilisation éponyme entre -500 avant J.C. et l’ an 500 de notre ère.

Géoglyphe Ushtogaysky orienté

2 – Une cinquantaine de  géoglyphes découverts en 2007 (grâce à Google Eath) au Kazakhstan près de Ushtogaysky ont des formes géométriques en pointillé à commencer par le carré. Leur âge est estimé à 8000 ans.

Géoglyphe chandelier orienté

3 – Un géoglyphe représentant un objet insolite dit « le chandelier » ( le sommet ressemble effectivement à une flamme) se trouve gravé sur une falaise côtière dans le parc de Paracas au Pérou. Ses dimensions sont de 183 m de haut par 65 m de large et creusé sur 0,5 m de profondeur. Il est visible depuis un bateau au large.

Géoglyphe Zyuratkul Russie orienté

4 – Le géoglyphe découverte en Russie près du lac Zyuratkul dans les montagnes de l’Oural semble représenter un animal qui avoisine les 240 m de long. Sa réalisation a été estimée entre 3000 et 4000 ans avant J.C.

Géoglyphes géant de Cerne Abbas Angleterre orienté

5 – Le géant, tenant une massue, de 55 m de haut en Angleterre près de Cerne Abbas est un géoglyphe qui a été creusé dans la craie sur une profondeur de 0,3 m ce qui explique ses contours blancs. Il existe, en Angleterre, un autre géoglyphe creusé dans le calcaire, représentant une silhouette de cheval, dit « Le cheval blanc d’Uffington ».

Géoglyphe géant d'Atacama Chili orienté

6 – Le géoglyphe d’une divinité de 83 m de haut dans le désert d’Atacama au Chili a été adoré par les habitants de cette région entre 1000 ans avant J.C. et 1400 de notre ère.

Géoglyphe Homme de Marree orienté

7 – Le plus grand des géoglyphes « l’homme de Marree » découvert en 1998 depuis les airs mesure  plus de 2,5 km de haut et se trouve dans le sud de l’Australie. Il semble que cette représentation est un aborigène tenant en main un bâton.

7 merveilleux géoglyphes

Dans la série  7 autres nuances :

7 phénomènes du monde « air »

7 phénomènes du monde « eau »

7 phénomènes du monde « terre »

7 enceintes pour Paris

7 merveilles de pierres du monde antique

7 roches remarquables

7 phénomènes du monde « Volcans » (1/3), (2/3) et  (3/3)

 

Lamarck du « feu » et autres éléments

Lamarck portrait« Dans tout ce que la nature opère , elle ne fait rien brusquement. » Jean Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de Lamarck (1744;1829) est surtout connu comme naturaliste pour une théorie de l’évolution dite transformiste c’est-à-dire comment les êtres vivants se transforment du point de vue de la biologie dont il est l’inventeur alors que Darwin [1], par la suite, s’inscrit dans la description de l’adaptation par la sélection naturelle  des espèces à long terme. Donc, il n’y a pas vraiment d’antagonisme entre les deux grands naturalistes qui se basent sur l’influence des environnements dans lesquelles les êtres vivants évoluent. C’est un contemporain de Buffon [2] avec qui il va partager du temps à l’académie des sciences contrairement à Cuvier [3], également académicien,  dont il ne partagera pas sa théorie de l’évolution catastrophiste.

Dans son « Mémoire sur la matière du son » J.B. Lamarck parle pour « l’air commun » de « gaz atmosphérique » parce que une partie de « l’air élémentaire  » est constitué du « gaz oxigène » découvert par Lavoisier [4]  et cet « air commun » ne remplit que la partie de la basse atmosphère qu’il nomme « région des vapeurs ». Mais surtout Lamarck va plus loin en parlant du « feu éthéré » support même de la propagation du son comme un « fluide subtil , élastique, et qui pénètre tous les corps ». C’est cette dernière hypothèse qui rejoint le feu phlogistique des alchimistes [5] où J.B. Lamarck fait un retour en arrière malheureux à la doctrine des quatre éléments d’Empédocle [6].

A propos de son ouvrage « l’Hydrogéologie  » paru en 1802 J.B. Lamarck expose sa géologie fondée sur les actions lentes (à l’échelle géologique) de l’eau sur les roches :  » Par ces effets, les eaux douces détruisent insensiblement le niveau des plaines, surtout de celles qui sont voisines de la mer; creusent les vallons ainsi que les bassins des rivières et des fleuves ; enfin , taillent et aiguisent les montagnes. » en considérant bien-sûr » toute montagne qui n’est pas le résultat d’une irruption volcanique. » Par ailleurs Lamarck a donné son nom à un cratère de la Lune.

[1] Darwin et les Galapagos

[2] Buffon et la géologie moderne

[3] Cuvier: la géologie des environs de Paris

[4] Lavoisier : la modernisation des éléments

[5] Le feu creuset de l’alchimie

[6] De la préhistoire à la doctrine des quatre éléments

 

L’oreille et l’eau, l’oreille et l’air

« Les murs ont des oreilles. Vos oreilles ont des murs  » au sens figuré bien sûr quand on ne veut pas entendre quelque chose, ce à quoi Victor Hugo répliquerait « Qu’importe la surdité de l’oreille quand l’esprit entend ».

Mais au sens propre entre la partie externe et moyenne de l’oreille, le tympan sert de « mur » ou de rempart contre les forces exercées sur lui, sur sa surface, autrement dit contre les variations de pressions. Ces variations de pressions sont plus rapides sous l’eau en plongée [1] où il est indispensable d’équilibrer au niveau du tympan la pression externe qui augmente avec la profondeur avec la pression interne pour éviter un barotraumatisme. Dans l’air en altitude c’est le phénomène inverse, la pression de l’air diminue avec l’altitude [2] il faut donc pratiquer un rééquilibrage mécanique. La technique la plus simple consiste à se pincer le nez et à souffler dedans comme pour se moucher.

Pour le son qui arrive à nos oreilles par de petites variations de pression dans l’air sous forme de vibrations, autrement dit d’ondes transmises mécaniquement dans l’oreille externe reçues par le tympan jusqu’à notre oreille interne (la cochlée exactement). En plus, il existe également des réactions chimiques qui permettent au cerveau d’interpréter l’ensemble des informations du signal sonore reçu.

Mais en aucun cas physiquement parlant « ce qui rentre par une oreille, sort par l’autre » pour employer un adage populaire. Raymond Devos, l’humoriste, l’avait bien observé : « Par exemple, j’ai ouï dire qu’il y a des choses qui entrent par une oreille et sortent par l’autre. Je n’ai jamais rien vu entrer par une oreille et encore moins en sortir! »

oreille air eau

[1] Plongée subaquatique

[2] Atmosphère

Neiges éternelles

Les neiges éternelles ne représentent finalement qu’un réservoir d’eau solide perché en altitude un peu comme les glaciers [1] mais sans descendre dans les vallées ou alors ponctuellement sous forme d’avalanche. L’étage nival, c’est-à-dire l’altitude où l’on trouve ces neiges, dépend également de la latitude et de l’orientation des flancs de la montagne. Les anciens préférés le terme neiges persistantes à neiges éternelles car cette neige se renouvelle malgré tout sous forme de précipitations participant au cycle général de l’eau [2].

Déjà Humboldt [3] en 1654 avait une estimation remarquable des altitudes des « neiges perpétuelles » en fonction des continents (Image à la Une, archive BNF).

En comparant les valeurs actuelles avec celles du XIXe siècle on s’aperçoit que l’étage nival est sensiblement le même (altitude minimum):

  • En Amérique, dans les Andes à l’équateur (0°), 4820 m* pour 4800-5000 m de nos jours,
  • En Europe dans les Alpes (45°N), 2700 m** pour 2700-2900 m de nos jours,
  • En Asie sur l’Himalaya (30°N), «  le troisième pôle » [4], 4940-5670 m* pour 4800-6000 m de nos jours,
  • En Terre de Feu [5] (54°S), 1100 m* pour 800-1300 m de nos jours,
  • kilimanjaroLe cas du Kilimandjaro (sommet à 5895 m) en Afrique centrale (3°S) est particulier, il a été mis en évidence que c’est la végétation au pied de ce volcan qui a disparu et fait reculer le cycle des précipitations de ces neiges de 5000 m* à  5500-5600 m de nos jours.

* d’après A E. Brehm dans « La terre » 1892

** d’après J.H. Fabre dans « Physique » 1878

 

[1] Marche et recul des glaciers

[2] Le cycle de l’eau

[3] Alexandre de Humboldt

[4] Himalaya : troisième pôle

[5] Terre de Feu

7 merveilles de pierres du monde antique

Pyramide de Gizeh1 – Parmi, ces merveilleux monuments soumis depuis plusieurs millénaires aux éléments seules les pyramides d’Egypte [1] sont encore debout. Au titre de la première merveille du monde antique figure la plus massive d’entre elles, celle de Khéops (date de -2650) sur le plateau de Gizeh nivelée dans la roche et constituée de 5 millions de blocs de pierre calcaire.

Jardin suspendus de Babylone2 – Les attaques de l’eau et de l’air autrement dit les intempéries ont certainement été la cause de la disparition, peut être même définitive, des Jardins suspendus de Babylone (date du VIe siècle avant J.-C.), en Irak construits en briques [2] comme nous le présente Strabon dans  Géographie ( XVI, 1) : «   Piliers, arcades et voûtes ont été construits rien qu’avec des briques cuites au feu et de l’asphalte. On arrive à la terrasse supérieure par les degrés d’un immense escalier, le long desquels ont été disposées des limaces ou vis hydrauliques, destinées à faire monter l’eau de l’Euphrate dans le jardin, et qui fonctionnent sans interruption par l’effort d’hommes commis à ce soin. »

Jupiter d'Olympie3 – C’est par le feu que la colossale statue de Zeus [3] d’Olympie (date de -437), en or et en ivoire sur bois, aurait péri. On trouve dans l’ouvrage « Voyages au sept merveilles du monde » de L. Augé De Lassus (1906), dont sont issues les figures représentant les 7 merveilles du monde antique (Archive BNF), la légende suivante : s’acquittant de sa tâche, l’architecte s’adressa au dieu ainsi : » « Jupiter es-tu content ? » La foudre éclata aussitôt et tomba au pied du colosse et fendit le marbre du sol.  »

4 – C’est également le feu qui détruisit le Temple d’Artémis (la déesse grec des forces vives de la nature ou Diane pour les romains) à Ephèse en Turquie (date de -340), dont Pline l’Ancien expliqua que « On le plaça sur un sol humide pour le mettre à l’abri des tremblements de terre ».

NouveTemple de Diane

En effet certaines de ces merveilles ont été ruinées par les séismes :

5 –  Les ruines du Tombeau de Mausole (qui a donné son nom au mausolée désignant un monument funéraire de grande dimension) construit en -355 à Halicarnasse (actuelle Bodrum en Turquie) ont permis d’alimenter en pierres de marbres de lychnite (ou marbre blanc de Paros [4]) plusieurs autres bâtiments comme le château Saint–Pierre le bien nommé.

6 – Détruite par un tremblement de terre vers -224 (avant J.-C.), Pline a pu observer les ruines de la statue en bronze et en bois du dieu soleil (Helios), le colosse de Rhodes (date de -303) à l’entrée de ce port grec : « Le vide de ses membres rompus ressemble à de vastes cavernes. Au-dedans on voit des pierres énormes, par le poids desquelles l’artiste avait affermi sa statue en l’établissant. » dans «  Histoire naturelle »  (Livre XXXIV, 18).

7 – Egalement rasé par un séisme, sur l’île de Pharos en Egypte, le phare [5] d’Alexandrie (date de -290), il a été décrit par Strabon dans sa « Géographie » (XVII,1) en ces termes : »L’île est formée par un rocher entouré d’eau de toutes parts, surmonté d’une tour à plusieurs étages, admirablement construite en marbre blanc, qui porte le même nom que l’île. « Et enfin dans un extrait de l’épigramme de Posidippe, le poète grec, rapporté par L. Augé de Lassus, on peut lire cette inscription dédiée aux éléments : « Se dresse droite et haute dans les airs cette tour qui, sur d’inabordables rochers, apparaît pendant le jour; de nuit, le marin, courant avec le flot qui le porte, verra le sommet de la tour briller une grande flamme. »

[1] Pyramides d’Egypte

[2] Briques

[3] Du foudre à la foudre

[4] Marbres

[5] Phares, feux et naufrages

 

Le feu des enfers et les volcans

 

« Parmi tous les phénomènes,[le feu] est vraiment le seul qui puisse recevoir aussi nettement les deux valorisations contraires : le bien et le mal. Il brille au paradis. Il brûle en enfer.» Gaston Bachelard dans «La psychanalyse du feu »

Le feu de l’enfer apparaît dans la plupart des religions mais c’est les grecs établis au sud de l’Italie [1] et dans la région du Vésuve [2] qui en sont à l’origine selon Arnolt Boscowitz dans « Les Volcans » ( 1890): « Les grecs s’imaginèrent que ces gouffres, dont les uns fumaient encore, dont les autres exhalaient des vapeurs nuisibles, devaient être les portes des enfers, l’entrée du séjour des ombres …Ce fut là, peut être, l’origine de ces mythes, où l’on voit les héros et les demi-dieux descendre aux enfers. »

Homère, par exemple, place la porte des enfers « aux extrémités du profond Océan ». Et Platon le désignera sous le nom de Tartare où il y place les mythiques Géants comme Sisyphe [3], Prométhée [4], les Danaïdes [5], etc … Le dieu du royaume des Enfers est Hadès chez les grecs et chez les romains c’est Pluton. » Dans un torrent de flammes un fleuve rapide les entoure, le Phlégéthon du Tartare, qui charrie des rocs avec fracas. » Virgile, Enéide, livre 6 (Image à La Une, Archive BNF).

Pajou feu

Le Feu, ou Pluton enlevant Prosperine par Pajou [6]

magma liquideOviédo y Valdés historien espagnol et grand voyageur (1478;1557) décrit en 1529 sa vision au sommet du volcan Masaya au Nicaragua : « J’ai vu des matières en combustion, liquides comme de l’eau … Je ne saurais croire qu’un chrétien pût contempler un pareil spectacle sans penser à l’enfer et se repentir de ses péchés; surtout en comparant cette poignée de soufre embrasé à l’incommensurable grandeur du feu éternel, réservé aux ingrats envers Dieu. »En ces temps de découverte du nouveau monde, cet historien a cru reconnaître l’enfer ou au moins une porte d’entrée,  car le feu reste associé à l’enfer chrétien et aux 7 péchés capitaux. A noter que chez les musulmans, l’enfer comporte 7 portes et pour certains il y demeureront 7 mille ans.

[1] Ca chauffe au sud de l’Italie

[2] Le Mont Somma-Vésuve en 79

[3] La vie assumée de Sisyphe

[4] Prométhée et la connaissance

[5] Danaïdes

[6] Les quatre éléments selon Pajou