« Quant aux propriétés que les mages lui attribuent contre les incendies, attendu que c’est le seul animal qui éteigne le feu, si elles étaient vraies, Rome en aurait déjà fait l’expérience. Sextius dit que la salamandre conservée dans du miel après qu’on a ôté les intestins, les pattes et la tète, est un aphrodisiaque; il nie qu’elle éteigne le feu. » Pline l’ Ancien, « Histoire naturelle », (XXIX,23)

«Car soyez sûrs et certains que la salamandre n’est pas la bête qu’on dit dans notre pays, mais c’est un minerai…Il faut que chacun sache qu’il n’y a pas, par nature, de bête ou d’animal qui pourrait vivre dans le feu parce que chaque animal est fait des quatre éléments.» Marco Polo dans « La description du monde », LIX (le minerai en question était de l’amiante).

A l’inverse du phénix [1], la salamandre (Image à la Une XIXe siècle, archive BNF) est donc réputée éteindre le feu par sa froideur, et à ce titre elle est considérée par les alchimistes comme l’esprit élémentaire du feu. Le roi François Ier avait pour emblème une salamandre couronnée et sa devise était « Je m’en nourris et je l’éteins. » Bien sur que ces amphibiens de petites tailles  (11 à 30 cm sauf pour  la salamandre géante du Japon qui peut dépasser 1 mètre de long), ne résistent pas au feu comme peut le faire l’amiante qui est une roche laineuse. Au contraire, la salamandre craint la chaleur sa peau doit rester humide en permanence. Cette proximité de la salamandre et de l’eau et son aspect fait un peu penser au dragon asiatique qui protège contre les incendies [2].

Mais c’est certainement ses capacités à se régénérer qui en a fait une telle légende, en effet la salamandre peut reconstituer ses pattes, ses mâchoires et ses tissus cellulaires en général ce qui pourrait être très utile pour les grands brûlés, dans la mesure où le processus pourrait devenir transposable pour nous autres, mammifères.

salamandre du Japon.JPG

[1] Phénix

[2] Dragons

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