… à travers quelques éléments choisis :

Un grand conteur visionnaire est sans doute Jules Verne [1] avec son « Tour du monde en 80 jours » et autres « Voyages extraordinaires » mais avec le  » Voyage au centre de la terre » (1864), c’est un voyage dans la cheminée d’un volcan au sud de l’Italie [2], le Stromboli, qui marquera la fin de leur périple : « Il était évident que nous étions rejetés par une poussée éruptive; sous le radeau, il y a avait des eaux bouillonnantes, et sous ces eaux une pâte de lave , un agrégat de roches qui, au sommet du cratère, se disperseraient en tous les sens . Nous étions dans la cheminée d’un volcan. »

Jules Verne Voyages

« Le Bateau Ivre » (1871), est un limpide poème d’Arthur Rimbaud (1854;1891), pour qui Baudelaire [3] était le « roi des poètes », où ce bateau finit par sombrer dans l’élément eau contrairement à la devise de Paris  » Fluctuat nec mergitur » [4] (Image à la Une, la Seine pendant la crue de Juin 2016 [5]) . Ce poème est pourtant reproduit dans Paris et en lettres capitales pour le Titre, sur un mur de la rue Férou :

« … Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums ! … »

Celui qui aimait changer d’air tout en étant comme les oiseaux un maître des airs et des déserts à travers le « Petit prince »[6], Antoine de Saint-Exupéry, est également l’auteur de « Terre des hommes » (1939) : « J’entre dans la nuit. Je navigue…Cette mort du monde se fait lentemen, et c’est peu à peu que me manque la lumière. La terre et le ciel se confondent peu à peu. Cette terre monte et semble se répandre comme une vapeur. Les premiers astres tremblent comme dans une eau verte. Il me faudra attendre longtemps encore pour assister silencieux aux jeux des étoiles filantes. Au cœur de certaines nuits, j’ai vu tant de flammèches courir qu’il me semblait que soufflait un grand vent parmi les étoiles. »

« L’usage du monde » (1963) par Nicolas Bouvier (1929;1998) fait parti de ces voyageurs aventuriers suisses [7] : « Sans cet apprentissage de l’état nomade, je n’aurais peut-être rien écrit. Si je l’ai fait, c’était pour sauver de l’oubli ce nuage laineux que j’avais vu haler son ombre sur un flanc de montagne, le chant ébouriffé d’un coq, un rai de soleil sur un samovar, une strophe égrenée par un derviche à l’ombre d’un camion en panne ou ce panache de fumée au dessus d’un volcan javanais. »

[1] Jules Verne : le visionnaire des éléments

[2] Ca chauffe au sud de l’Italie

[3] Baudelaire : le poète des éléments

[4] Fluctuat nec mergitur ( Lutetia)

[5] Quand l’eau fait l’actualité à Paris

[6] Le désert de sable …

[7] La Suisse, terre d’aventuriers

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