Le feu creuset de l’alchimie

« Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem » ou V.I.T.R.I.O.L. c’est-à-dire « Visite l’intérieur de la Terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. ». Locution latine [1] exprimant l’un des fondements de l’alchimie : l’esprit doit être pure avant de parvenir à la purification de la matière qui se fait avec la pierre cachée autrement dit la Pierre Philosophale. Cette Pierre Philosophale qui transmute le plomb en or et d’une manière générale les métaux « vils » en métaux « nobles » permet d’obtenir la quintessence des quatre éléments où le feu se suffit à lui-même pour combiner entre eux les différents corps. C’est la théorie du phlogistique mis en défaut plus tard par Lavoisier [2] qui montrera le rôle de l’oxygène dans une combustion.

Les quatre élément dans la lignée d’Empédocle sont désignés par un seul mot « Tetrasomia »et sont très présents dans les principes alchimiques des 7 transformations de la matière (en 7 métaux, signes repris des 7 planètes [3], Or – sOleil, Argent – Lune etc …), leurs symboles respectifs prennent la forme de triangle. Le feu ressemble à un volcan, son sommet s’élève vers le ciel comme l’air, le triangle de l’eau a sa pointe vers le bas comme la terre dirigeant ces éléments soumis à la pesanteur vers le bas.

Alchimie 4 plus soleil.jpg

Les alchimistes ont associé dans leur principe philosophique, les quatre éléments à des êtres fabuleux ou plus exactement à leurs esprits élémentaires à commencer par la salamandre [4] pour le feu, l’Ondine pour l’eau, le Gnome pour la terre et le Sylphe pour l’air.

Quoi qu’il en soit, les alchimistes ont apporté malgré tout leur pierre à la chimie moderne [5] comme le rappelle le chimiste français Marcelin Berthelot (1827;1907) dans l’introduction de son ouvrage intitulé « Les origines de l’Alchimie »:

Berthelot Caveau Panthéon
Marcelin Berthelot repose au Panthéon

 » La Chimie est née d’hier: il y a cent ans à peine qu’elle a pris la forme d’une science moderne. Cependant les progrès rapides qu’elle a faits depuis ont concouru, plus peut-être que ceux d’aucune autre science, à transformer l’industrie et la civilisation matérielle, et à donner à la race humaine sa puissance chaque jour croissante sur la nature. C’est assez dire quel intérêt présente l’histoire des commencements de la Chimie. Or ceux-ci ont un caractère tout spécial: la Chimie n’est pas une science primitive, comme la géométrie ou l’astronomie; elle s’est constituée sur les débris d’une formation scientifique antérieure; formation demi-chimérique et demi-positive, fondée elle-même sur le trésor lentement amassé des découvertes pratiques de la métallurgie, de la médecine, de l’industrie et de l’économie domestique. Il s’agit de l’alchimie, qui prétendait à la fois enrichir ses adeptes en leur apprenant à fabriquer l’or et l’argent, les mettre à l’abri des maladies par la préparation de la panacée, enfin leur procurer le bonheur parfait en les identifiant avec l’âme du monde et l’esprit universel. »

[1] Quelques éléments de locutions latines

[2] Lavoisier : la modernisation des éléments

[3] Iconologie : le monde des quatre éléments

[4] La salamandre

[5] La science des éléments

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5 réflexions au sujet de « Le feu creuset de l’alchimie »

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