Les neiges éternelles ne représentent finalement qu’un réservoir d’eau solide perché en altitude un peu comme les glaciers [1] mais sans descendre dans les vallées ou alors ponctuellement sous forme d’avalanche. L’étage nival, c’est-à-dire l’altitude où l’on trouve ces neiges, dépend également de la latitude et de l’orientation des flancs de la montagne. Les anciens préférés le terme neiges persistantes à neiges éternelles car cette neige se renouvelle malgré tout sous forme de précipitations participant au cycle général de l’eau [2].

Déjà Humboldt [3] en 1654 avait une estimation remarquable des altitudes des « neiges perpétuelles » en fonction des continents (Image à la Une, archive BNF).

En comparant les valeurs actuelles avec celles du XIXe siècle on s’aperçoit que l’étage nival est sensiblement le même (altitude minimum):

  • En Amérique, dans les Andes à l’équateur (0°), 4820 m* pour 4800-5000 m de nos jours,
  • En Europe dans les Alpes (45°N), 2700 m** pour 2700-2900 m de nos jours,
  • En Asie sur l’Himalaya (30°N), «  le troisième pôle » [4], 4940-5670 m* pour 4800-6000 m de nos jours,
  • En Terre de Feu [5] (54°S), 1100 m* pour 800-1300 m de nos jours,
  • kilimanjaroLe cas du Kilimandjaro (sommet à 5895 m) en Afrique centrale (3°S) est particulier, il a été mis en évidence que c’est la végétation au pied de ce volcan qui a disparu et fait reculer le cycle des précipitations de ces neiges de 5000 m* à  5500-5600 m de nos jours.

* d’après A E. Brehm dans « La terre » 1892

** d’après J.H. Fabre dans « Physique » 1878

 

[1] Marche et recul des glaciers

[2] Le cycle de l’eau

[3] Alexandre de Humboldt

[4] Himalaya : troisième pôle

[5] Terre de Feu

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