La Bièvre prend sa source dans les Yvelines (Guyancourt), c’est un affluent de la Seine qui venait se jeter dans la Seine à Paris avant d’être canalisée et collectée pour être traitée. Même si la Bièvre a disparu du paysage parisien depuis un siècle par épisodes jusqu’en 1912 (1910 : année de la crue centennale de la Seine [1], mais de la Bièvre également) , elle n’en reste pas moins liée à l’histoire de Paris.

Déjà au début de notre ère les romains sauront utilisés cette rivière bordée de calcaire du côté de Gentilly notamment et de gypse à la Butte-aux -Cailles pour ouvrir des carrières et transporter la pierre au cœur de Lutèce.

Dès le XIe siècle ce sont les moulins à eau qui viendront s’installer le long de la Bièvre. Au XIIe siècle les chanoines de l’abbaye Saint-Victor s’aménagent un canal, le Canal des Victorins (1153), pour alimenter leur propre moulin, la canal passera même sous l’enceinte Philippe Auguste [2] quelques années plus tard (Image à la Une, vestige sous la Poste rue du Cardinal Lemoine). Sous Charles V, ce canal sera finalement détournée pour alimenter la fosse de la nouvelle enceinte avant d’être définitivement comblé.7 moulins ont été répertoriés depuis l’entrée de la rivière dans Paris à l’actuelle Poterne de Peupliers, vestige de l’ancienne enceinte de Thiers [3]. Le moulin des Près, rue du moulin des Près, était en fait un moulin à vent et le moulin d’Aletz était situé sur le canal dévié dans les Fossés Saint-Bernard.

Les moulins en aval nécessitent  des aménagements tels que écluses, digues et autres dérivations, aussi un bras de la rivière devient inactif, le bras mort, à l’ouest, l’autre, le bras vif, à l’est, sera divisé en biefs pour alimenter, les meuniers, teinturiers, blanchisseuses, bouchers, tanneurs et autres mégissiers de la fin du Moyen-Age. En 1443, c’est un teinturier Jean Gobelin avec ses couleurs vives, écarlate même qui va s’installer sur la rive droite du bras vif.

 

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