sainte-marguerite-estampe-xvieMais pourquoi un dragon orne-t-il le tympan d’un portail à Paris au 50 rue de Rennes (ancienne rue de l’Egout, image à la Une) ? A l’origine, il semblerait que l’architecte qui a commandé ce dragon sculpté en 1732 par Paul-Ambroise Slodtz, s’est inspiré de la légende de Sainte-Marguerite du nom de la rue qui lui faisait face à l’époque. Voici un extrait de « La légende dorée » de Jacques de Voragine (né vers 1228, mort vers 1298) à propos de Sainte Marguerite d’Antioche  : « Pendant qu’elle était dans son cachot, elle pria le Seigneur de lui montrer, sous une forme visible, l’ennemi avec lequel elle avait à combattre ; et voici qu’un dragon effroyable lui apparut ; comme il s’élançait pour la dévorer, elle fit un signe de croix, et le monstre disparut » (image, estampe du XVIe siècle,  archive BNF).

plans

La cour du Dragon percée entre 1730 et 1735 et qui n’existe plus depuis 1934, tiens son nom de la sculpture, elle même a donné son nom à l’actuelle rue du Dragon en 1808 ( ancienne rue du Sépulcre) . On sait que la cour est devenu au milieu du XIXe siècle  « le grand bazar des serruriers, poêliers, forgerons,… » et que l’auteur de « La cour du Dragon : Notice par un flâneur parisien » publié en 1866, qualifie ces métiers de « suppôt de Vulcain » [1].

Son classement a permis à ce dragon pendant les travaux de démolition de la cour d’être préservé et il se trouve désormais au Louvre en tant que « rare exemple conservé de décor de style rocaille exécuté pour un édifice parisien ». Et c’est ainsi que de nos jours , au droit de l’ancien emplacement, au 50 rue de Rennes, il existe une réplique du dragon en pierre ornant l’entrée de l’immeuble, par contre la rue Sainte Marguerite a, quant à elle, belle et bien disparu.

copie-original

cour-du-dragon-au-louvre

Original exposé au Louvre

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