La grotte ou caverne musicale de Fingal

« A quelques distance de la côte ouest d’Ecosse, la nature a placé l’une de ses plus grandes merveilles : l’île de Staffa, qui se dresse dans sa grandeur dénudée au-dessus de l’océan et semble une énorme table supportée par d’innombrables colonnes reposant sur des dalles de lapis-lazuli. Les vapeurs d’excursion y abordent facilement. L’île n’a que 1600 mètres de circonférence, mais ces falaises perpendiculaires ont un aspect imposant ; car elles atteignent, à certains points, une hauteur de 14 pieds [4,2 m] et sont creusées de cavernes entourées d’innombrables piliers qui se courbent parfois extérieurement comme pour mieux résister à l’assaut furieux des vagues. La plus grande est la caverne de Fingal. Elle offre au visiteur un aspect terrifiant et, lorsque la mer est mauvaise, il est impossible d’y pénétrer…A l’extrémité de cette magnifique caverne est une sorte de  trône  naturel, assez imposant pour sembler le trône même de Neptune, et d’où la vue à travers cette longue suite de colonnes dont le sol est la mer, défie toute description. Lorsqu’une tempête sévit sur la côte, … les vagues hurlent contre les falaises, et les rugissements qui sortent incessamment de la caverne s’entendent à plusieurs lieues… » légende de la photo à la Une en 1894 (Archive BNF).gravure Fingal.jpg

En tout cas, ces orgues basaltiques, ont inspiré le compositeur Felix Mandelssohn (1809;1847) en 1831, suite à une visite de la caverne, pour une ouverture intitulée « Les Hébrides » ou « La Grotte de Fingal ».

Gravure Grotte Fingal.jpg

Le lieu a également inspiré Jules Verne [1] dans le roman  » Le Rayon vert », chapitre XIX intitulé « La grotte de Fingal » et où il qualifie de « musique surnaturelle », « les sons de cette grande harpe éolienne ».

L’Observatoire de Paris

« Le plus ancien observatoire du monde en activité, créé par Colbert le 21 juin 1667 » d’après la Ville de Paris.

L’histoire de l’Observatoire est liée :

– à l’eau avec sa distribution à l’origine par le réseau Médicis [1] (regard XXVI dans les jardins de l’Observatoire),

– à l’air ou plus exactement à la lumière et sa vitesse de propagation dans l’air. Une plaque rappelle que « l’astronome danois Olaus Romer (1644;1710) a découvert la vitesse de propagation de la lumière à l’Observatoire de Paris en 1676 »,

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– à la terre avec le marquage au sol du méridien de Paris [2] mais aussi avec son accès direct aux anciennes carrières souterraines [3]. Dès la construction de l’Observatoire, Royal à l ‘époque, qui dura de 1667 à 1672, le méridien de Paris est matérialisé au sol dans la salle Méridienne et se prolonge à l’extérieur dans le jardin,

– et enfin au feu ou plus exactement aux premières observations des comètes et de leurs « feux brillant sous l’horizon » à commencer par la comète de 1682 dont Monsieur Halley avait prédit le retour en 1759.observatoire-cassini-comete-1682

observatoire-le-verrierUrbain Le Verrier (1811;1877), successeur de François Arago [4] à la direction de l’observatoire, est le fondateur de la météorologie moderne et a sa statue dans la cour au nord du bâtiment. Prévoir le temps scientifiquement a d’ailleurs donné à l’époque le titre d’un air intitulé ironiquement « La bonne aventure » : » Nous voici d’vant l’monument D’Paris l’plus célèbre. Au-delà du firmament A l’aid’ de l’algèbre L’astronome y voit l’mardi Le temps qu’il a fait’l’lundi : C’est chos’ merveilleuse, ô gué, C’est chos’ merveille . » (gravures, archives BNF)

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Copies des villes et originaux des musées parisiens

Les statues ou sculptures ornant certains monuments parisiens sont pour la plupart des copies dont les musées préservent les originaux.

1 – Au Louvre, les sculptures originales de la fontaine des Innocents [1](Image à la Une) par Jean Goujon et par Augustin Pajou [2] , ainsi que le dragon de la rue de Rennes [3] sont conservées dans le département des sculptures françaises (par ailleurs des moulages des bas-reliefs de la fontaine des Innocents se trouvent à la cité de l’architecture) ,

moulages fontaine des innocants a la cite de l'architecture.jpg

2 – Dans les jardins du musée Carnavalet, c’est l’original de la statue, dite de la « Victoire » de Boizot, au sommet de la fontaine du Châtelet (ex fontaine du palmier) et le rémouleur de la rue de Fourcy [4] qui sont conservés. Il existe dans le square Cain,non loin, l’original de la sculpture de l’arc doubleau à l’effigie de François Ier qui se trouvait à la porte centrale de l’ancien Hôtel de Ville de Paris avant son incendie en 1871 [5],

3 – A l’intérieur du musée des Arts et Métiers, c’est le modèle original (1878) ayant servi à Bartholdi pour réaliser la statue de la Liberté [6] qui est présenté, et dont les répliques sont nombreuses en France et dans le monde entier, à commencer par la statue à l’extérieur du musée,

4 – Au musée d’Orsay se trouvent des originaux de Jean-Baptiste Carpeaux avec « La Danse »dont la copie est sur la façade de l’Opéra Garnier et le modèle en plâtre des Quatre Parties du Monde dont la statue est installée sur la fontaine dans le jardin Marco-Polo,

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Copie de « La Danse » sur la façade de l’Opéra Garnier
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Les Quatre Parties du Monde selon Carpeaux

5 – Au musée de Cluny, les originaux des rois de Juda de la galerie des rois de la cathédrale Notre dame de Paris, décapités à la révolution [7] ont été remplacés par l’architecte Viollet-le-Duc,

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Vestiges des rois de Juda au Musée de Cluny

6 – Dans la cour d’honneur des Invalides on trouve un original de la seconde statue de Napoléon Ier érigée autrefois au sommet de la colonne Vendôme, l’actuel statue de Napoléon Ier en empereur romain est la troisième, copie de la première fondue en 1818, sauf le globe dans la main gauche vestige de la première statue de Chaudet [8],

7 – La plupart des statues dans les jardins du château de Versailles sont des copies et les originaux sont conservés dans le château à commencer par celles allégoriques des quatre éléments [9].

Sur les traces d’Henri IV dans Paris

1 -Tout le monde connait la statue d’Henri IV (1553;1610) sur le Pont Neuf (Image à la Une) dont il termina la construction et fut le premier à franchir ce pont à cheval en décembre 1605. Mais l’histoire de cette statue est mouvementée. A l’origine, le cheval en bronze venant de Livourne (Italie), a péri dans l’eau au large de la Sardaigne, en 1613. Il fut repêché et enfin installé sur son piédestal de marbre en 1614. C’est seulement en 1635 que le cheval fut chevauché par son cavalier à l’effigie d’Henri IV. En 1792, les révolutionnaires la renversa et la brisa pour la fondre, elle périt une seconde fois par le feu. A la Restauration, sous Louis XVIII, après la pose de la « première pierre », le 28 octobre 1817, le 25 août 1818, comme le rappelle la plaque sur le piédestal, la statue actuelle fut inaugurée en grande pompe.

Victor Hugo avait composé une ode sur « Le rétablissement de la statue de Henri IV », « Ils ont détruit sa statut adorée. ..Henri me voit du haut des cieux.Tout un peuple a voué ce bronze à ta mémoire…Qu’il est beau, cet airain où d’un roi tutélaire, La France aime à revoir le geste populaire » publiée dans le recueil, « Odes et ballades » (1826). Peut être que le seul élément ayant résisté depuis plus de 400 ans est une partie du piédestal en marbre.

2 – Par contre, une autre statue équestre qui a résisté au feu est celle de l’ancien Hôtel de Ville de Paris visible de nos jours au musée Carnavalet [1].henri-iv-carnavalet

3- Henri IV est le fondateur de l’hôpital Saint-Louis [2] où se trouve toujours son buste dans un bâtiment près de la chapelle.buste-de-henriiv-en-terre-cuite

4 -Depuis la Restauration, un médaillon en pierre est visible place des Vosges, ancienne place royale.medaillon-place-des-vosges

5-L’aile Henri IV du Louvre (la Grande Galerie) a été construite par ce roi, maître de Paris en 1594, pour faire la jonction entre l’ancien palais des Tuileries [3] et le vieux Louvre de Philippe Auguste [4] .

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6 – Le 14 mai 1610, l’assassinat d’Henri IV par François Ravaillac est un épisode de l’histoire de France connu de tous. Le lieu du crime est inscrit dans la pierre grâce à une plaque et un marquage au sol rue de la Ferronnerie.

7 – A Paris, Henri IV a donné son nom à un collège et lycée, un boulevard et un quai, sa signature fait partie des mosaïques réalisées au plafond du métro Cluny-la-Sorbonne.

 

Blagues minérales

C’est la maîtresse qui fait l’appel à l’âge de pierre :

-Pierre

-présent

-Jade

-présente

-Agate

-présente

-….

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Après plusieurs jours dans le désert, l’un des naufragés annonce j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle :

-la mauvaise nouvelle est que nous n’avons plus que les cailloux à manger,

-la bonne nouvelle c’est qu’il y en aura pour tout le monde.

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desert.JPG

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Savez vous pourquoi les chats détestent l’eau ? Parce que dans l’eau minérale

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Grues de construction

L’ancêtre de la grue  a été décrit par l’architecte romain Vitruse [1] au début de notre ère dan son livre X : « Dans ces machines, les moufles sont d’une autre forme : toutes deux, celle du haut comme celle du bas, ont un double rang de poulies…Alors, de la roue autour de laquelle il est entortillé, un autre câble se dirige vers un vindas. En même temps que ce câble file autour de la roue et du treuil du vindas, ceux qui sont attachés à l’essieu de la machine, se tendent et lèvent insensiblement les fardeaux sans danger. « , un Vindas est une sorte de chèvre avec un treuil et équipée d’une roue.chevre

Utilisées au Moyen-Age, les grues aussi appelées « roue de carrier » ou  machine de levage avec une « cage d’écureuil »se sont petit à petit perfectionnées pour le levage de lourdes pierres. Plusieurs de ces grues se trouvent représentées dans la tableau de « La tour de Babel » selon Brueghel [2].

Les grues ont servi à l’édification de nombreux monuments à Paris à commencer par levage des pierres de taille sur les quais de la Seine (Image à la Une archive BNF).

Ensuite le levage sur les monuments eux-mêmes comme le Louvre ou l’aqueduc Médicis [3] acheminant l’eau jusqu’à la capitale en passant par Arcueil et son aqueduc aérien (Images archives BNF).

L’exemple de l’ancienne église de Saint Geneviève devenu le Panthéon [4] est admirable de l’utilisation d’une grue énorme sur mesure ( en réalité plusieurs grues de ce type ont participé à la construction) :  » Le Mécanisme est observé avec tant de précision dans la composition et l’exécution de cette belle machine qu’un seul homme de moyenne force la fait tourner même lorsqu’elle est chargée d’une des plus pesante pierre ». Car il ne faut pas oublier que derrière chaque engin, chaque machine, il y a des hommes, un en l’occurrence dans ce cas précis.

C’est également le cas des grues modernes (à tour) qui constituent l’évolution de ces engins, désormais métalliques, si souvent présents dans le paysage.grue-tour-eiffel

Caillou culinaire

Les versions du conte de la « soupe au caillou » sont nombreuses en voici une tirée d’un manuel de grammaire de 1865 : « Deux voyageurs s’étaient arrêtés dans un village inhospitalier. Quelles que fussent leurs demandes de nourriture, comme l’on avait rien que l’on crût digne de leur être offert, les habitants étaient tout disposés à les laisser mourir de faim. Ils proposèrent alors de faire de la soupe « au caillou »- Au caillou! s’écrièrent les paysans tout ébahis.-Vous en jugerez vous-mêmes, mes amis. Le feu est allumé, les voyageurs l’attisent eux-même : l’eau bout déjà, avec le caillou dedans. – Çà va être une soupe délicieuse, mais elle serait encore meilleure avec un peu de sel.- Si ce n’est que cela j’ai bien du sel dit un habitant.- Vous avez bien quelques poireaux, quelques pommes de terre même?- On peut vous fournir ça -Merci, il nous manque quelques ingrédients cependant. Un peu de beurre, par exemple.- Voilà du beurre. Tout est mis dans la marmite avec la caillou, et la foule attend le prodige de la soupe au caillou. -Maintenant la soupe est faite, dit l’un des voyageurs et vous allez tous proclamer que vous n’avez jamais mangé de meilleure soupe. -Il faut convenir, dit un des paysans, que , quelques bons assaisonnements qu’on eût pu employer, on n’aurait jamais rien fait de meilleur. Vive la soupe au caillou. Oui dit un malin, à la condition qu’on n’oubliera pas d’y ajouter du beurre et des légumes. »

Par ailleurs on peut aussi rencontrer une  « croqueuse de diamants » qui mange avec un « lance-pierre » ou qui « mange des briques (à la sauce cailloux) » et se désaltère avec une « brique de lait », reste qu’il y a plus consistant comme « un pavé de bœuf  » et un « rocher au chocolat » en dessert !

Et 7 autres histoires de cailloux :