« Les machines hydrauliques, et surtout celles du Pont Notre-Dame [1], tombaient de vétusté, ou ne donnaient que de faibles produits…En 1769 , le chevalier d’Auxiron proposa l’établissement des pompes à feu…Le bureau de la ville, pressé par le besoin d’eau, retenu par les grandes dépenses…ne décidait rien, lorsque les sieurs Perier parvinrent à le tirer d’embarras. » Dulaure dans « Histoire de Paris ».

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Façade de la pompe à feu de Chaillot

C’est ainsi que, en 1778, la « Compagnie des eaux de Paris » des frères Périer (Jean-Constantin et Auguste-Charles) fut créée et ils commencèrent les travaux de la pompe à feu de Chaillot (en réalité deux pompes mises en mouvement par une chaudière à vapeur et à ne pas confondre avec l’introducteur en France de la pompe à incendie François du Mouriez du Perrier, début du XVIIIe siècle) dans un bâtiment quai de Billy (actuelle rue des Frères-Périer), rive droite. Le 8 août 1781, la pompe fut inaugurée avec succès. « Une de ces pompes élève l’eau, au -dessus du niveau moyen de la Seine, à la hauteur de cent dix pieds [35,7 m], et la verse dans quatre réservoirs placés sur la partie éminente du coteau de Chaillot. »Description de Dulaure.

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Réservoirs et pompe à feu de Chaillot (Plan de Picquet 1804)

En voici une autre description de l’époque « Le bâtiment qui renferme les pompes situées sur le quai, est d’un style élégant et convenable à un établissement de ce genre; des peupliers et des acacias se groupent bien avec ces cheminées élevées vomissant des tourbillons épais d’une fumée noire te sulfureuse qui obscurcit l’atmosphère. » mais en ce temps là, vive le progrès. 

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Pompe à feu de Chaillot en 1822

Fort de ce succès, rive gauche, sur le quai d’Orsay, la première pierre de la pompe à feu du Gros-Caillou fut posée le 24 juillet 1784. Comme le « Gros-Caillou » n’avait pas de colline, un réservoir fut construit dans le bâtiment, sous la forme d’une grande tour carrée haute de plus de 22 m. « Des terrains vagues, des quais ébauchés, des plantations isolées, des communications difficiles annoncent seulement des projets pour l’avenir. Au milieu de ce désordre s’élève la pompe à feu destinée à fournir des eaux aux quartiers du faubourg Saint Germain. La tour carrée au sommet de laquelle les eaux sont élevées produit un bon effet. » C’est l’inverse des réactions une centaine d’année plus tard quant il s’est agit d’élever une tour de 300 mètres, la tour de M. Eiffel [2].

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Pompe à feu du Gros-Caillou en 1822

 

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