Avant l’arrivée des pompes à feu [1] au XVIIIe siècle à Paris le chevalier De Forge (Desforge) écrit à propos de l’eau dans son « Projet d’un pont et d’une machine hydraulique pour une distribution générale d’eau pure et salubre dans Paris » (projet abandonné de remplacement de la pompe Notre-Dame [2] en face du bastion de l’Arsenal) :  « Il s’en puise une quantité double à celle qui est fournie par les fontaines. Partie de cette eau, puisée au bord de la rivière, est portée à bretelles dans les quartiers riverains; l’autre transportée par les voitures ».  Et De Forge, de pointer plus loin la contamination à l’homme de maladies transmises par  les chevaux de ces voitures qui boivent eux-mêmes dans les seaux des porteurs d’eau.

Dulaure dans « Histoire de Paris » explique également : « On commença , en 1774, à construire ces espèces de fontaines dont l’objet était de procurer aux Parisiens une eau plus salubre et plus limpide, et de préserver les porteurs d’eau des dangers qu’ils couraient en allant puiser l’eau de la Seine. » On pourrait penser que dans ces conditions, les porteurs d’eau (images archives BNF) n’avaient pas un grand avenir, mais grâce à la multiplication des fontaines alimentées par les pompes à feu à la fin du XVIIIe siècle et plus tard par les établissements filtrant l’eau de la Seine, ils survécurent jusqu’au début du XXe siècle.

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Le Porteur d’Eau. « A l’eau-ou, à l’eau-ou.Voilà l’ennemi déclarée des ivrognes, qui lorsqu’ils passent près de lui, lui jettent un regard de mépris, ne comprenant pas que l’eau soit utile sur terre. Mais aussi pour la ménagère, de quel secours il est, lorsque pour deux sous, il monte une voie d’eau au sixième. »
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