La céramique ou « art du feu » permet de cuire de la terre ou plus exactement de l’argile depuis le néolithique en Europe. Le potier était un personnage important pour l’époque gallo-romaine, fournissant récipients de toute sorte, mais également matériaux de construction [1] et objets artistiques en terre cuite. « De l’argile, nous faisons un pot, mais c’est le vide à l’intérieur qui retient ce que nous voulons » Lao Tseu, sage chinois.

Le four est un élément essentiel dans la réalisation de céramique à hautes températures (plus de 800°C) pour rendre l’argile modelée (moulée ou mis en forme) résistante et étanche. En plus du tour de potier, l’apport des romains au gaulois est de séparer la flamme de la Chambre de chauffe du lieu où se trouve les poteries, le Laboratoire. Cela évite de noircir les poteries et ainsi l’argile s’oxyde en cuisant d’où la couleur orange de la terre cuite. Finalement, c’est seulement la chaleur qui pénètre dans le laboratoire par des orifices appelés Carnaux à travers la Sole sur laquelle les poteries sont empilées puis recouvertes de tuiles ou de fragments de céramiques.

Souvent creusé à même le sol dans le sable pour conserver la chaleur, le four s’alimente en bois depuis l’Aire de chauffe ou Aire de service via un couloir l’Alandier jusqu’à la Chambre de chauffe.

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Coupe du four de l’Institut des Jeunes Sourds

Il existe au moins deux fours gallo-romains circulaires dont certains des éléments sont particulièrement bien conservés à Paris :

  • un four dans l’enceinte de l’Institut des Jeunes Sourds (254 rue Saint-Jacques) avec son Laboratoire et avec, à sa base, la bouche à feu donnant accès à l’Alandier,
  • un four dans l’enceinte du Sénat au 36 rue de Vaugirard en activité au IIe siècle, avec sa chambre de chauffe.

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    Chambre de chauffe du four du IIe siècle

 

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