sully-ducL’Hôtel de Sully dans le Marais, rue Saint Antoine, fut achevé en 1630 puis occupé en 1634 par le duc de Sully (1559;1641), ministre d’Henri IV [1], et par sa famille jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. D’après Dulaure, dans « Histoire de Paris », « Sully ordonna, en 1609, des fouilles et des tranchées à travers la plaine de Longboyau, du côté de Rungis, afin d’y trouver, s’il était possible, les eaux que les Romains avaient conduites au palais des Thermes; mais la mort de Henri IV arrêta l’exécution de ce projet. » [2] [3], projet repris par Marie de Médicis devenue régente [4].

Maintenant propriété de l’état, ce bâtiment a été restauré en 2010 et en particulier les bas-reliefs de la cour d’honneur dont quatre d’entre eux représentent les 4 éléments, l’Air, le Feu (Image à la Une , archive BNF, 1899), la Terre et l’Eau.

  • Dans la pure tradition de l’iconologie, l’Air a pour attribut un caméléon à ses pieds [5] [6], bas relief surmonté semble-t-il d’une plume de paon.

air

  • Le Feu est ici couronné du soleil et un dragon salamandre sortant des flammes est à ses pieds [7] et au-dessus une main semble tenir un foudre [8].feu
  • La Terre avec classiquement sa corne d’abondance [9] et le roi des animaux terrestres, le lion dompté [10]terre
  • Enfin une femme avec des créatures marines [11] et des urnes d’où sortent l’Eau y compris au-dessus du bas-relief.

eau

A propos de l’Hôtel de Sully, Philippe Dufour dans son « Paris pittoresque et poétique » a écrit ces quelques vers :

« Sous l’Automne et l’Hiver, noble et comme pâli

Dans son style à bossage, à lucarne, à console,

cet hôtel, fastueux jusques à l’hyperbole,

Garde ton ombre illustre et grave, ô grand Sully !

Ici, pleurant ton roi, tu t’es enseveli

Dans le regret morose et que rien ne console.

Et la pierre, orgueilleuse et grise est un symbole

Qui, de ta fierté morne, a pris l’âme et le pli.

Du vieux perron à sphinx on croit te voir encore,

Vieillard à barbe blanche et que l’âge décore,

Descendre plein de gloire, austère et compassé.

Mais tout cela n’est plus. Et derrière ta porte

Où les quatre Éléments survivent au passé,

Paris te laisse seul avec l’histoire morte. »

 

 

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