Un sablier est principalement fait de verre et de sables fins, le sable siliceux étant la matière première du verre donc le contenu est le contenant sont des sables [1]. Comme l’eau, le sable prend la forme du contenant. Il est l’objet qui permet de contrôler le temps depuis le moyen-âge en occident, facilement utilisable par tous les particuliers, même si les horloges mécaniques, plutôt inabordables, existaient déjà. Dans « Le ménagier de Paris », traité de morale et d’économie domestique composé vers 1393 il est fait mention d’une technique de récupération du sablon issu du sciage des marbres intitulée « Pour faire sablon a mettre a orloge. » ou plus exactement les horloges de sable ainsi dénommées à l’époque. Un architecte italien de la fin du XVIIe siècle, Domenico Martinelli (1650;1718), de son coté préconise « pour mettre dans les Horloges de sable, qu’on met sur les tables…On pourra aussi fort bien se servir de marbre en poudre, de sable de rivière, ou de celui dont on sert pour tailler le verre, mais la poudre que j’estime le plus, est celle qu’on fait avec du plomb ou de l’étain. »  De nos jours, le sablier se trouve plus rarement sur la table de nos cuisines pour vérifier la cuisson d’un œuf, mais plutôt dans l’environnement sec et chaud du sauna dont la chaleur est produite par des pierres chaudes.

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Sablier du XVIe siècle

En effet les sabliers disent le temps à travers le sable qui s’écoule. Ils sont donc les premiers appareils à compter le temps par écoulement d’un fluide comme les clepsydres [2] qui utilisent de l’eau, mais en mer sur les vaisseaux dès le XVe siècle le sable moins soumis aux mouvements reste indispensable à la navigation. Même si des sabliers de 4 heures existaient il fallait le retourner au bon moment pour la continuité de la mesure de l’heure à bord. En 1750, à l’Académie royale des Sciences, il est même présenté la « Description d’un sablier de 30 heures, propre à servir sur mer,  marquant distinctement les heures et les minutes une à une, et qui ne s’arrête pas dans le temps même qu’on le tourne, par M. l’abbé Soumille. »

 

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