Dans un essai écrit vers 1743   » Les institutions chimiques »[1], Jean-Jacques Rousseau (1712;1778), l’érudit en sciences chimiques de son époque, évoque largement les quatre éléments (respectivement chapitre 2, 3, 4 et 5 du deuxième livre) de la façon suivante :

 » Du Feu : Rien n’est plus important à connaitre, mais rien n’est plus difficile à expliquer que la nature du feu…Les principaux effets que produit le feu et les signes les plus communs de sa présence sont la chaleur; la lumière, les couleurs, l’expansion des liquides, la raréfaction des solides, la combustion, la fusion…Sur ce que je viens d’exposer j’appellerais donc feu cette chose d’ailleurs inconnue qui a en soi la propriété de pénétrer tous les corps tant solides que fluides …Si le feu désunit quelques corps, il en rassemble d’autres, et c’est par ces deux opérations qu’il est le plus efficace et le plus universel de tous les Instruments Chimiques. »

« De l’Air : J’appelle air ce fluide invisible qui nous environne, qui couvre de toutes parts la surface de la terre et dont nous n’apercevons le contact que par l’action du vent…sans le concours de l’air les procédés chimiques ne réunissent point…L’air est nécessaire à la nourriture des animaux et des végétaux, et non seulement l’air, mais un air renouvelé sans cesse. »

« De l’Eau: … Les analyses chimiques, et mille autres expériences plus familières nous montrent de l’eau partout…nous appellerons donc Eau, une liqueur très fluide, inodore, insipide, diaphane, sans couleur, et qui, à certain degré de froid se durcit en glace transparente et fragile. »

 » De la Terre : La Terre est un corps fossile, simple ou qu’on peut admette pour tel, dur, friable, fixe au feu, qui n’y entre point en fusion …La décomposition d’un corps est immédiatement suivie de la conformation d’une autre: C’est de ce nombre infini de combinaisons détruites et recommencées sans cesse que naît l’harmonie de cet Univers… »

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