L’art de le terre argileuse et du feu a trouvé une de ses plus belles association avec les faïences, nom dérivé de la ville italienne de Faenza où l’on trouvait autrefois une célèbre fabrique (Image à la Une, vers 1475). En effet c’est dans ce type de céramique où l’on a introduit à la fin du moyen-âge en Europe des décors en couleurs émaillés mais les faïences existaient bien avant chez les Égyptiens ou les Perses par exemple.

Néanmoins la « faïence » d’Egypte est à base de silice (sables) [1] et non d’argiles, c’est une céramique siliceuse avec des glaçures en couleurs obtenues à partir du vert de cuivre, du bleu de cobalt et du jaune d’antimoine de plomb.

vert-bleu-et-jaune-egyptien-louvre
Figurine et vase égyptien en faïence siliceuse ( Musée du Louvre)

En France, le maître de la céramique de la Renaissance, Bernard Palissy [2] a laissé quelques belles réalisations pour les princes mais sa technique resta confidentielle. C’est sous Louis XIV que les faïences se propage pour remplacer couverts en argent et en or, ces matières précieuses étant bien plus utiles dans les caisses de l’état.palissy-louvre

Au XVIIIe siècle, en Europe, la fabrication de la porcelaine héritera des faïences pour la technique dite « petit feu » dont la température de cuisson est basse pour mieux maîtriser les couleurs. L’autre technique dite de « grand feu », à hautes températures donc, ne supporte que des oxydes métalliques (en plus du bleu de cobalt, du vert de cuivre et du jaune d’antimoine connus des égyptiens, il y a le violet de manganèse et le blanc d’étain).

faience-allegorie-de-lair
Allégorie de l’air, Junon et Éole – Faïence à décor de grand feu, Rouen vers 1720 (Musée du Louvre)
faience-granfeu-vulcain
Allégorie du Feu, Vénus et Vulcain forgeron – Faïence à décor de grand feu, Rouen vers 1720 (Musée du Louvre)

Parmi les petits métiers [3] nés au XIXe siècle, les céramiques abîmées passaient entre les mains de « raccommodeurs de faïences » et comme dit la chanson dans ce « refrain de Paris »  (Andrée Dedcoq / Raoul Soler, 1927) :

raccomodeur-de-faience-1899

 

« Je suis le raccommodeur
De faïence et de porcelaine
Raccommode objets de valeur
Choses modernes, choses anciennes
Je répare bien des malheurs
Ainsi j’évite bien des peines
Je suis le raccommodeur
De faïence et de porcelaine. »

 

 

 

Publicités