cartailhacAu XIXe siècle, les outils préhistoriques [1]  étaient encore appelés dans de nombreux pays pierres de tonnerre ou pierres de foudre comme les haches [2] . Un des premiers préhistoriens français Emile Cartailhac (1845;1921), relate dans « L’âge de pierre dans les souvenirs et superstitions populaires », à propos des pointes de flèches en silex de nos ancêtres, une croyance typique du Japon où chaque objet conçu de la main de l’homme a une âme :

« Au Japon, où les pointes sont considérées comme des reliques du temps des kamis, esprits ou divinités, elles prennent place dans les chapelets utilisés dans les pratiques religieuses. Dans les chroniques japonaises, 839 avant J.-C., il est dit que dans le pays de Dewa [dans les actuelles préfectures de Yamagata et d’Akita], après un orage qui, sans discontinuer, dura une semaine, le bord du rivage fut couvert de pierres pointues, de flèches et de lances, blanches et noires , vertes et rouges, qui n’y avaient pas été vues auparavant. En 885, au même endroit, la même pluie de dards se reproduisit deux fois. Un auteur donne cette explication : »Chaque année, une armée d’esprits passe par ce district accompagnée par la pluie et la tempête, et alors tombent ces flèches que les habitants retrouvent après l’orage particulièrement  sur la sable du rivage« . On comprend fort bien en effet que de grandes pluies lavent la terre et le sable et font apparaître à la surface les pierres taillées auparavant cachées…Nous disons familièrement : La pluie fait sortir les silex. »

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Pointes de flèches comparées d’après Cartailhac (Archive BNF)

Henri Imbert, un spécialiste de l’Asie du début du XXe siècle écrivait dans la « Revue indochinoise » : « Les Japonais considéraient les haches polies comme des pierres de foudre et les pointes des flèches comme les armes des esprits de la tempête qui passent en combattant dans les airs. »

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