Les pierres dites gélives, en général des calcaires plus ou moins poreux où l’eau s’infiltre, sont susceptibles de s’altérer sous l’action du gel entre autres impacts [1]. En effet, l’eau sous forme de glace occupe plus de volume que l’eau liquide (environ 9%) aussi les pierres se dégradent en se fissurant ou en se désagrégeant petit à petit.  Quant il s’agit de pierres naturelles [2] de construction le degré de gélivité ou sa gélifraction  autrement dit sa sensibilté au gel doit être évaluée pour en connaître sa durabilité.

Au début, les pierres étaient abandonnées un certain temps sur les chantiers pendant l’hiver sans autre forme de test. Au XIXe siècle, on a commencé par simuler l’effet du gel en immergeant des échantillons cubiques dans du sulfate de soude. Après plusieurs heures il suffisait d’examiner l’altération des angles et des arêtes des cubes et de comparée avec un cube étalon pour avoir une idée de la gélivité.

Désormais, la résistance au gel des pierres naturelles est soumis à un nombre de cycles de gel/dégel, dépendant de l’usage final de la pierre, sur des éprouvettes en laboratoire suivant un protocole défini par des normes.pierre-abimees

Par ailleurs, l’observation des calcaires du bassin parisien a mis en évidence des veines siliceuses intactes face aux altérations. C’est la raison pour laquelle on a eu l’idée d’introduire de la silice dans les pores de la pierre avec de la silicate de potasse, solution de sable [3] blanc siliceux et de potasse que les anciens appelaient liqueur de cailloux . Viollet-le-Duc [4] était un fervent partisan de la silicatisation. Mais l’utilisation de tels produits hydrofuges sont à double tranchant, ils piègent l’eau dans la pierre qui peut s’infiltrer par ailleurs et avoir des conséquences encore plus néfastes !

 

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