La doctrine des quatre élément est associée à Empédocle [1], un des sept sages selon Vitruse [2], mais les philosophes grecs ont commencé par d’admettre qu’un seul élément, l’eau avec Thalès de Milet (vers -625; vers -545J.C.) [3], l’air avec Anaximène (vers -585; vers -525) ou Diogène d’Apollonie (Ve siècle avant J.C.) et le feu avec Héraclite d’Ephèse (vers -544; vers -480) [4].

Platon (-428 ; -348, Image à la Une) s’inspirant de Philolaos de Crotone  (vers -470; vers -385) attribua des figures géométrique aux éléments : le cube à la terre, l’icosaèdre à l’eau, l’octaèdre à l’air et le tétraèdre au feu.  Mais surtout, il y voit des échanges entre les éléments : »Nous croyons voir que l’eau se condensant devient pierre et terre; en se fondant et en se divisant ,elle devient vent et air; l’air enflammé devient du feu; le feu condensé et éteint reprend la forme d’air; l’air épaissi se change en brouillard, puis s’écoule en eau; de l’eau se forme la terre et les pierres. »

aristote
Aristote

Aristote (-384;-322) considérait lui :  » La chair, le bois referment de la terre et du feu en puissance que l’on peut en séparer » . Ce dernier élément, le feu, deviendra le creuset de l’alchimie [5] qui s’attachera à en tirer une cinquième substance ultime, la quintessence, la pierre philosophale. Le chimiste français Marcelin Berthelot (1827;1907) dans de son ouvrage intitulé « Les origines de l’Alchimie » écrit : « Les opinions des alchimistes grecs ont une affinité singulièrement frappante avec celles que Platon exprime dans le Timée…Tous les corps de la nature, d’après les adeptes grecs, sont formés par une même matière fondamentale… » et à propos de la matière ultime, que ce soit à partir du mercure, du plomb ou de l’étain,  il explique la « philosophie » des anciens alchimistes: « en lui enlevant d’abord la liquidité, c’est-à-dire une eau, un élément mobile et fluide, qui l’empêche d’atteindre la perfection. Il faut aussi le fixer, lui ôter sa volubilité,  c’est-à-dire un air, un élément aérien qu’il renferme; … qu’il faut séparer encore une terre, un élément terrestre, une scorie grossière, qui s’oppose à sa parfaite atténuation. »

 

 

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