Au XIIIe siècle, on disait : « Tant va le pot au puis que il quasse », ensuite nous connaissons tous, « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise » [1] et Coluche au XXe siècle, d’en déduire « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin y’a plus d’eau » ce qui ne risque pas d’arriver avec le tonneau des Danaïdes [2] où l’on aura jamais « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » parce que, dans le grand cycle de l’eau,  goutte à goutte, « Les petits ruisseaux font les grandes rivières » et attention « il faut se méfier de l’eau qui dort » ou « Il n’est pire eau que celle qui dort » mais en même temps « il ne faut pas dire, fontaine, je ne boirai pas de ton eau ».

battre le fer il faut, pendant qu'il est bien chayd Lagniet 1663.jpg

« C’est en forgeant qu’on devient forgeron » a inspiré Francis Blanche qui déclarait : « C’est en forgeant qu’on devient forgeron, mais ce n’est pas en se mouchant que l’on devient moucheron, ni en sciant que Léonard devint scie » car c’est bien connu « avec des si on refait le monde », attention tout de même « il n’y a pas de fumée sans feu » ou comme on disait au XVIe siècle « Il n’est jamais feu sans fumée ».

mettre sa main au feuPar ailleurs, d’après son « Étymologie ou explication des proverbes François » vers 1656, Fleury de Bellingen nous explique que « mettre sa main au feu »:  « Cette façon de parler vient d’une coutume ancienne qui se pratiquait lorsque l’on doutait de l’innocence de quelque personne; on l’essayait par trois manières, par le duel, par l’eau ou l’huile bouillante, ou par le feu ardent, …pour montrer qu’ils n’étaient point coupables. »

Au XVIe siècle, on disait : » Pierre souvent remuée de la mousse n’est vellée [couverte] » ce qui pour les modernes s’exprime par  » Pierre qui roule n’amasse pas mousse », ce proverbe a inspiré Victor Hugo [3] dans « Les Misérables » avec  » Bière qui coule n’amasse point de mousse » ou plus indirectement Léonard de Vinci dans un extrait de sonCodex Altanticus: « La pierre » [4].

« Qui sème le vent récolte la tempête » sans oublier que « Petite pluie abat grand vent »  et que « Le vent n’abat que ce qui ne tient pas » à l’instar du chêne dans son combat avec le roseau [5], mais rien n’est moins sûr car comme dit l’adage du XVIe siècle « A tout vents comme girouette » autrement dit changer d’opinions à toutes occasions. Attention quand même quant on a « Le vent en poupe » de ne pas se surestimer car selon l’adage du XVIe siècle, « Qui va sans barbe et tout nu, au vent de bise est morfondu ».

Bon jugement Pierre Roche 1902En réalité, « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va » ou encore « Bon jugement n’a nul soucy que de bon vent » ( Image à la Une , archive BNF) d’après une gyspographie (à partir d’un moule en plâtre c’est-à-dire de gypse) du sculpteur Pierre Roche (1855;1922),  comme on dit c’est un nom qui ne s’invente pas, et en effet c’est un pseudonyme pour Pierre Massignon! En guise de morale, n’en déplaise au vrai bien nommé La Fontaine [6], et comme le dit Molière (là aussi un pseudonyme pour Jean Baptiste Poquelin) [7] dans « L’Etourdi » (1658) :  « Cessez de vous laisser conduire au premier vent ».

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