» Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures » Hermes Trismégiste.

Le caducée rassemble autour d’un axe central à l’instar de l’arbre de la connaissance à deux serpents entrelacés : les serpents représentant les deux éléments le feu et l’eau, le bâton au centre la terre, et les ailes le ciel. Ce caducée est un attribut porté par le dieu grec Hermès (Mercure pour les romains), le messager des dieux car son étymologie fait référence au bâton du héraut. Il est aussi appelé « Bâton d’Arcadie ».

On retrouve les serpents entrelacés au début de notre Histoire chez les Sumériens sur un fragment de plaque du IIIe millénaire avant J.-C. mais surtout sculptés sur un gobelet au nom du prince Gudea de l’état de Lagash  qui régna vers 2120 avant J.-C. Selon le Louvre : « C’est du temple de Ningishzida, le dieu personnel de Gudea, que provient ce gobelet de grande taille, dont la forme du bec en gouttière indique qu’il était destiné à verser un liquide lustral lors de rites de libation. Ningishzida, dont le nom en sumérien signifie « le seigneur du bon arbre », et qui est le fils du dieu chthonien Ninazu, est une divinité de la végétation dont il assure la pérennité. Le décor du vase en témoigne qui, avant de libérer le liquide lustral comme d’une source, en faisait s’écouler le flot entre les deux serpents entrelacés qui ornent le bec. Autour des deux reptiles, emblèmes de la fertilité de la terre, se tiennent deux monstres hybrides dressés sur leurs membres arrières. Ce sont des dragons Mush-Hush, mi-serpents mi-rapaces, issus du monde chthonien et soumis au dieu Ningishzida. » Ningishzida le dieu ancestrale d’Hermès / mercure via les serpents qui s’élèvent est un moyen de relier autour de l ‘axe du monde les divinités chthoniennes (de la terre) avec les divinités ouraniennes (du ciel).

Une version avec un seul serpent rappelle la Bible dans le jardin d’Eden où se trouve l’arbre de la connaissance (et de la maladie) alors Ève répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu nous a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort. » (Genèse 3.2). A l’inverse, Moïse et son bâton qui se transforme en serpent d’airain est capable de guérir ceux qui avait été mordu par un serpent.

C’est bien cette notion de vie et de mort, de guérison et de maladie à laquelle sont confrontés les médecins et le premier d’entre eux Asclépios chez les grecs et Esculape chez les romains qui avait pour attribut le serpent autour d’un bâton. Depuis, que ce soit avec un ou deux serpents (ce dernier n’étant pas sans rappeler la double hélice de l’ADN), ce symbole est utilisé par les professionnels de la santé du monde entier (médecins, infirmièr(e)s, pharmacien(ne)s, etc ..).

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