L’élément feu s’est rappelé à nous ce lundi 15 avril 2019, avec l’incendie de la charpente médiévale (et de la toiture) de la nef et du transept de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Déjà en 1871, sous la Commune de Paris, Notre-Dame, contrairement à d’autres monuments parisiens [1], avait échappé à un incendie comme le relate Hoffbauer dans son « Paris à travers les âges » de 1885 : « On entassa dans la chœur toutes les chaises…, et les Fuséens, … mirent le feu à cet amas de bois. L’incendie, grâce au manque d’air ou à l’humidité des murailles, ne put se développer. » La foudre en 1866 sur la flèche de la croisée n’avait pas non plus affecté le monument.

C’est donc l’incendie le plus important depuis des siècles qui est touché à la croisée de cet héritage artistique et scientifique [2] avec les bâtisseurs de cathédrales du moyen-âge [3],  héritage architectural du XIXe avec Viollet-le-Duc [4], héritage littéraire avec Victor Hugo [5], héritage religieux [6] avec son trésor et enfin héritage historique de plus de 850 ans. Cette « vaste symphonie de pierre » comme disait Victor Hugo est tout simplement une icône dédiée à Notre-Dame, la mère du Christ. C‘est peut être l’occasion historique d’étendre le terme de « matrimoine » pour les différentes cathédrales Notre-Dame, de leur « forêt » et la Nature en général. En effet, Notre-Dame renvoie à la déesse mère celle de la Nature à l’instar de cette « forêt » symbolique qui brûle et pour une fois nous ne regardons pas ailleurs notre « matrimoine » partir en fumée.

nd-arriere

ND incendie du 15 avril2019 TV
« Le sifflement de l’eau répond au mugissement du feu. » aurait pu commenté Victor Hugo [7]
Heureusement dans ce chef d’oeuvre de l’art gothique, tout n’est pas parti en fumée, la façade en particulier semble intacte et surtout il n’y a pas de victime directe. Car la croisée, le transept et la nef n’est pas tout le vaisseau de pierre situé au centre de la Seine. C’est l’occasion de rappeler la devise de Paris « Fluctuat nec mergitur » [8], même si la nef a sombré par les flammes, la majeure partie du vaisseau reste debout malgré le choc thermique subi par les pierres (entre la chaleur de l’incendie initial et l’eau pompée dans la Seine) et il renaîtra de ses cendres grâce à une restauration à l’identique que l’on espère la plus rapide possible.

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