Il y a un quart de siècle exactement, avant la première révolution dite « industrielle » mais qui est en réalité énergético-industrielle ou entropique (en référence à la définition de l’entropie donnée par le physicien allemand Rodolf Clausius, XIXe siècle), les énergies au service de l’homme étaient toutes renouvelables (moulins à eau et à vents,  alimentation, transports, etc …). Désormais, fort de l’expérience dynamique des différentes « révolutions », nous devons regarder notre avenir 4.0 avec plus de stabilité et de sobriété ou nous en resterons une monde 3.0 ou « World3.0 »sans possibilité d’évolution (en référence au modèle de Meadows et cie; « World3 », XXe siècle), ou encore d’involution (en référence à la vision du philosophe Gilles Deleuze pour le XXIe siècle).

Pour reprendre Victor Hugo qui disait « Entre la logique de la révolution et sa philosophie il y a cette différence que sa logique peut conclure à la guerre, tandis que sa philosophie ne peut aboutir qu’à la paix. », il faut juste remplacer « guerre » par « instabilité » et  » paix  » par « stabilité ».

Dates clés de mise en place de la première révolution industrielle; 1558 : interdiction en Angleterre du charbon de bois au profit du charbon de terre [1] ce qui ouvre la voie à la mise au point de machine capables de pomper l’eau dans les mines grâce au développement de machines à vapeur. C’est l’amorce de la première révolution industrielle. 1673 : moteur à combustion interne de Huygens puis son assistant Denis Papin à partir de 1679 avec ses travaux sur des machines hydrauliques et à vapeur. 1698, pompe à feu de Thomas Savery, « C’est la première machine à vapeur destiné à un usage pratique, le pompage de l’eau des mines » , musée des Arts et Métiers, Paris .

1.0 – Depuis 1769, la machine à vapeur de James Watt est  brevetée avec une chambre de condensation séparée et les pompes à feu [2] sont mises en place un peu partout, c’est la première révolution industrielle dominée par l’eau (vapeur) et la terre (charbon). A signaler également, le prototype de véhicule de Cugnot (1770) et les montgolfières [3].

2.0 – Depuis les années 1870, le pétrole [4], les centrales électriques [5], les explosifs [6] etc… [7] sont le tournant de la seconde révolution dominée par le feu. Et comme le dit l’adage “Ce n’est pas en améliorant la bougie qu’on a inventé l’ampoule électrique.”

3.0 – Depuis les années 1970, l’informatique algorithmique avec l’ordinateur binaire, des machines à commande numérique et la mise en place de réseaux de communication (physique et virtuel) [8] , [9] amorce la troisième révolution dominée aujourd’hui par des masses de données [10] énergivores [11] (estimation pour l’internet en 2020 à 20% de la consommation électrique mondiale) et pas toujours tracées [12] (géographiquement et dans le temps), sécurisées, certifiées et donc soutenable [13]. En l’occurrence la valeur des objets augmente avec la qualité des données associées.

 

4.0 – A venir en 20xx , l’ordinateur non-binaire (quantique ou autre ?) avec une information qui devient intelligence (au sens spirituel de Teilhard de Chardin, la noosphère), avec la mise en service(s) inclusive d’énergies renouvelables à base d’eau chaude ou froide, de courants d’air, de feux naturellement entretenus et de terres empruntées. Tout cela d’une manière éco-responsable, équitable et durable [14] selon une éthique stable et bien identifiée, « ethiquettable » en quelque sorte comme un retour serein vers « Ithaque » mais entre temps il y aura des … tremblements de monde.

« Faites attention, vous allez rencontrer des sirènes. Si vous écoutez leur chant, elles vous attireront avec elles et vous mourrez en vous écrasant sur les rochers. » Avertissement de Circé à Ulysse dans l’Odyssée d’Homère alors pourquoi pas involuer ; « Involuer, c’est avoir une marche de plus en plus simple, économe, sobre » Gilles Deleuze & Claire Parnet, « Dialogues ».