Île de Pâques

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Les Moaï avec leur « pukao » de scories telles que les ont trouvé les compagnons de La Pérouse

Avril 1786, 64 ans presque jour pour jour après la découverte cette île chilienne, à Pâques, le 5 avril 1722, La Pérouse livre sa première impression dans son journal de bord  «  Un long séjour à l’île de France, qui ressemble si fort à l’île de Pâques, m’a appris que les arbres n’y repoussent jamais, à moins d’être abrités des vents de mer par d’autres arbres ou par des enceintes de murailles; et c’est cette connaissance qui m’a découvert la cause de la dévastation de l’île de Pâques. Les habitants de cette île ont bien moins à se plaindre des éruptions de leurs volcans, éteints depuis longtemps, que de leur propre imprudence. »

En effet voici ce que dit Jared Diamond dans son ouvrage « Effondrement » dans le chapitre consacré au « Crépuscule sur l’île de Pâques » [1] :   « Les îles anciennes qui n’avaient connu aucune activité pendant plus d’un million d’années finirent par être plus largement déboisées que les îles plus jeunes et ayant récemment connu une activité volcanique…L’isolement de l’île de pâques en fait l’exemple le plus flagrant d’une société qui a contribué à sa propre destruction surexploitant ses ressources. »

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Par ailleurs, cette île se caractérise par ces énormes pierres dressées moins anciennes que les mégalithes mais dans le même esprit. Elles sont sculptées dans le basalte comme le faisant les olmèque du Mexique au Ier millénaire avant J.-C., peut être à effigie des anciens pour transmettre le mana, cette force spirituelle que l’on retrouve en Polynésie ? La disparition brutale de ses anciens habitants, les Rapa Nui, ont donc donné lieu à plusieurs théories à propos de la manière de fabriquer, transporter et dresser ces pierres de basalte car il existe bien quelques tablettes écrites mais elles sont indéchiffrables. Comme d’autres sites volcaniques plus actifs [2], le parc national de Rapa Nui a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1995.

7 phénomènes du monde « volcans » (2/3)

3) – Il y a les sept plus hauts émergés pour 7 parties du monde avec pas loin de 7000 m pour le plus haut (au-dessus du niveau de la mer parce que si on prend le plus haut c’est le Mauna Loa à Hawaï avec 5 km immergés plus ses 4,17 km immergés c’est-à-dire une hauteur de plus de 9 km et paradoxalement la chambre magmatique la moins profonde 4 à 5 km) :

Antarctique : Mont Sidley 4285 m (Marie Byrd Land) suivi de prés par l’Erebus,

Océanie : Mont Giluwe 4368 m (PNG) suivi de très prés par le Mauna Kea,

Afrique : Kilimanjaro (Kibo) 5895 m (Tanzanie)suivi de prés par le mont Kenya,

Europe : Elbrus 5642 m (Russie) suivi de très prés par le Kazbek,

Asie : Damavand 5610m (Iran) suivi par de très prés par le mont Ararat,

Amérique du Sud : Nevado Ojos del Salado 6893m (Chili/Argentine) suivi prés par le Pissis,

Amérique du Nord : Pic d’Orizaba 5636m (Mexique) suivi de très près par le Popocatepetl.

4) – Il y a les sept complexes volcaniques français :

Les volcans du Massif Central, le Cantal un seul et même volcan, le piton de la Fournaise actif à La Réunion, la Montagne Pelée, la Soufrière de Guadeloupe, les volcans de Polynésie (en incluant Rocard , Teahitia et le Mont McDonald) et l’île de Mayotte qui est volcanique (ce territoire devenu en 2011 un département français).

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Mauna Loa – Hawaii – USA (4170 m)

Polynésie et poly-atolls

Concernant les îles françaises du pacifique et grâce aux premières description de Darwin sur l’édification des atolls ( île volcanique à l’origine devenue île corallienne avec un « motu » ou accumulation de sable) voici quelques exemples polynésiens à différents stades de formation :

– Mehetia, appelé aussi Meketu,  (lat.-17.87502°, long.-148.067551°) est une île volcan, jeune et déserte, où se situe l’aventure raconté par Jacques Talrich  » Mon chien, mon ile et moi ».

– Maiao (lat.-17.655734°, long.-150,634249°) est un volcan en cours d’effondrement (phénomène de subsidence), elle est surnommée l’île interdite. Interdite aux étrangers surtout depuis qu’un commerçant anglais s’y été établi et a bien failli déposséder ses habitants de leur propriété en les endettant avec son négoce.

– dans les phases terminales où le récif corallien reste seule en surface, parmi les atolls caractéristiques il y a Ahunui (lat-19.616667°, long.-140.383333°) presque circulaire, Faaite (lat.-16.741960°, long.-145.247226°)  avec des histoires de démons et une belle curiosité géologique appelé « koko » ; un conduit naturelle karstique entre le lagon et la mer et Fangtaufa (lat.-22.25°,long.-138.75°), atoll lié aux essais nucléaires français des années 60,

– enfin les atolls surélevés : Makatea (lat.-15.833333°, long.-148.25°) où l’on exploite les phosphates ou Pinaki (lat.-19.383333°, long.-138.666667°) avec son exploitation de sable,

Ailleurs dans le Pacifique on pourrait également évoquer Banaba (lat.-0.86514°, long.169.541016°) dans la république indépendante insulaire des Kiribati, petite par la superficie de ses terres émergées, mais immense par sa zone économique exclusive (ZEE à 200 miles des côtes) à l’intersection de la latitude 0° et du 180 ième méridien c’est-à-dire à l’intersection de l’équateur et du fuseau horaire, non seulement du changement d’heure mais surtout du changement de date !

Et en fait, grâce à la Polynésie française le soleil ne se couche jamais sur la France.

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Moorea (Polynésie française)