« Prend conseil auprès de l’ignorant comme du savant car on atteint jamais les limites de l’art et il n’existe pas d’artisan ayant atteint la perfection » Enseignement de Ptahhotep (Ve dynastie de l’Égypte antique).

Les opérations d’extraction, de transport et de « taille » de la pierre calcaire [1]  principalement utilisée par les anciens bâtisseurs égyptiens pour les pyramides [2], obélisques ou autres ouvrages suscitent toujours beaucoup de questions.

Peut être s’agit il d’une perte de savoir faire comme pour le béton hydraulique romain [3] avec une façon de pensée avec les éléments comme l’eau (celle du Nil par exemple) qui permettait d’opérer la pierre.

Pour le transport sur le Nil de gros blocs, cela parait établi, ce qui l’ai peut être moins c’est l’utilisation de canaux et d’écluses antiques (avant Archimède [4]). Pour cela il faut aménager des bassins en amont du fleuve et creuser des canaux comme le célèbre canal des Pharaons entreprit avant Ramsès II entre le Nil et la mer Rouge.

Pour la « taille » de la pierre, les égyptologues s’accordent à dire que les outils à base de  métaux sont postérieures aux grandes constructions. On trouve au Louvre de Paris, une stèle du chef des artisans, scribe et sculpteur, du nom de Irtysen qui dit, d’après la traduction partielle du Louvre :

 » Je connais les secrets des hiéroglyphes et le déroulement des rituels de fêtes, je maîtrise toute  la magie et rien ne m’en échappe ; je suis un artisan expert en son art, éminent par ses connaissances. Je connais les technique de la coulée (?), la pesée selon les règles, les techniques d’assemblage telles que chaque élément soit bien en place; …Je sais fabriquer des matières (d’incrustation ? des faïences ?) que le feu ne peut consumer ni l’eau dissoudre. »

stele Irtysen Louvre Paris extrait
Détail de la stèle au Louvre de l’artisan expert Irtysen ( Image à la Une)

Pour répondre aux points d’interrogation laissés par le traducteur, on peut donc imager :

  • que le calcaire est artificiellement reconstitué par « coulée » à l’instar d’un béton  pour certains éléments, appelé dans ce cas « géopolymère » ou « pierre molle » [5],
  • que le calcaire en place en vue de l’extraction ou de sa rectification est en quelque sorte « fondu sans feu » donc rendu malléable comme de la pâte à modeler par une technique à redécouvrir !

Assouan obelisque inachevé

Obélisque inachevé (Source Vikidia)

Notamment, avec ce genre d’hypothèses, il serait alors possible de creUser les hiéroglyphes en « U » alors que dans d’autres civilisations plus récentes les lettres sont plutôt graVées en « V » (les formes géométriques comme par exemple les lettres capitales grecques sont plus faciles à graver).

 

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