7 citations de Baudelaire

Charles Baudelaire,  » le roi des poètes » comme le surnommait Rimbaud nous a laissé quelques belles citations :

  • « Que le soleil est beau quand tout frais il se lève, Comme une explosion nous lançant son bonjour ! » [1],
  • « Dans cette grande plaine où l’autan froid se joue,
    Où par les longues nuits la girouette s’enroue,
    Mon âme mieux qu’au temps du tiède renouveau
    Ouvrira largement ses ailes de corbeau.  » [2],
  • « Homme libre, toujours, tu chériras la mer. » [3],
  • « L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient « ,
  • « La mythologie est un dictionnaire hiéroglyphes vivant »,
  • « La Terre est un gâteau plein de douceur »,
  • et plusieurs autres extraits de « Les Fleurs du mal » [4].baudelaire-signature

7 choses à savoir sur les travaux d’Haussmann à Paris

Georges Eugène Haussmann a marqué le milieu du XIX siècle par ses travaux dans Paris sous Napoléon III (Images, archives BNF):

  • avec le percement de plusieurs artères principales dans la capitale à commencer par le boulevard Haussmann [1],
  • avec le déplacement de certaines parties de bâtiment comme la façade de l’église Saint-Eloi, déplacée depuis l’île de la cité jusque dans le Marais [2],
  • avec des ajouts d’ornementations comme sur la fontaine du Châtelet, en l’occurrence des sphinx  [3],
  • avec la découverte de vestiges importants sous la responsabilité de son archéologue Vacquer comme les arènes de Lutèce rue Monge [4],
  • avec la modernisation de la distribution de l’eau et des égouts sous la responsabilité de son ingénieur Belgrand qui a notamment retrouvé les sources de Wissous utilisées par les romains [5],
  • avec le système de mesure des altitudes des niveaux des eaux pour l’évacuation d’eaux usées [6],
  • avec la transformation de certains ponts comme le pont Saint-Michel pour s’aligner avec les nouveaux boulevards [7].Haussmann

L’Egypte selon Victor Hugo

Victor Hugo [1] dans « Les Orientales- Le feu du ciel  (IV) » nous décrit tour à tour les pyramides [2], le sphinx [3] et les obélisques [4] avec un soleil couchant sur la mer :

« L’Égypte ! — Elle étalait, toute blonde d’épis,
Ses champs, bariolés comme un riche tapis,
Plaines que des plaines prolongent ;
L’eau vaste et froide au nord, au sud le sable ardent
Se disputent l’Égypte : elle rit cependant
Entre ces deux mers qui la rongent.

Trois monts bâtis par l’homme au loin perçaient les cieux
D’un triple angle de marbre, et dérobaient aux yeux
Leurs bases de cendre inondées ;
Et, de leur faîte aigu jusqu’aux sables dorés,
Allaient s’élargissant leurs monstrueux degrés,
Faits pour des pas de six coudées.

Un sphinx de granit rose, un dieu de marbre vert,
Les gardaient, sans qu’il fût vent de flamme au désert
Qui leur fît baisser la paupière.
Dix vaisseaux au flanc large entraient dans un grand port.
Une ville géante, assise sur le bord,
Baignait dans l’eau ses pieds de pierre.

On entendait mugir le semoun meurtrier,
Et sur les cailloux blancs les écailles crier
Sous le ventre des crocodiles.
Les obélisques gris s’élançaient d’un seul jet.
Comme une peau de tigre, au couchant s’allongeait
Le Nil jaune, tacheté d’îles.

L’astre-roi se couchait. Calme, à l’abri du vent,
La mer réfléchissait ce globe d’or vivant,
Ce monde, âme et flambeau du nôtre ;
Et dans le ciel rougeâtre et dans les flots vermeils,
Comme deux rois amis, on voyait deux soleils
Venir au-devant l’un de l’autre.« 20 pyramide

« Sur l’eau » douce de Maupassant

Extraits de la nouvelle « Sur l’eau » de Guy de Maupassant (1850;1893)  issue de l’ouvrage « La maison Tellier » de 1888.

« J’avais loué, l’été dernier, une petite maison de campagne au bord de la Seine, à plusieurs lieues de Paris, et j’allais y coucher tous les soirs. Je fis, au bout de quelques jours, la connaissance d’un de mes voisins, un homme de trente à quarante ans, qui était bien le type le plus curieux que j’eusse jamais vu. C’était un vieux canotier, mais un canotier enragé, toujours près de l’eau, toujours sur l’eau, toujours dans l’eau. Il devait être né dans un canot, et il mourra bien certainement dans le canotage final.

Un soir que nous nous promenions au bord de la Seine, je lui demandai de me raconter quelques anecdotes de sa vie nautique. Voilà immédiatement mon bonhomme qui s’anime, se transfigure, devient éloquent, presque poète. Il avait dans le cœur une grande passion, une passion dévorante, irrésistible: la rivière.

—Ah! me dit-il, combien j’ai de souvenirs sur cette rivière que vous voyez couler là près de nous! Vous autres, habitants des rues, vous ne savez pas ce qu’est la rivière. Mais écoutez un pêcheur prononcer ce mot. Pour lui, c’est la chose mystérieuse, profonde, inconnue, le pays des mirages et des fantasmagories, où l’on voit, la nuit, des choses qui ne sont pas, où l’on entend des bruits que l’on ne connaît point, où l’on tremble sans savoir pourquoi, comme en traversant un cimetière: et c’est en effet le plus sinistre des cimetières, celui où l’on n’a point de tombeau.

La terre est bornée pour le pêcheur, et dans l’ombre, quand il n’y a pas de lune, la rivière est illimitée. Un marin n’éprouve point la même chose pour la mer. Elle est souvent dure et méchante, c’est vrai, mais elle crie, elle hurle, elle est loyale, la grande mer; tandis que la rivière est silencieuse et perfide. Elle ne gronde pas, elle coule toujours sans bruit, et ce mouvement éternel de l’eau qui coule est plus effrayant pour moi que les hautes vagues de l’Océan.

Des rêveurs prétendent que la mer cache dans son sein d’immenses pays bleuâtres, où les noyés roulent parmi les grands poissons, au milieu d’étranges forêts et dans des grottes de cristal. La rivière n’a que des profondeurs noires où l’on pourrit dans la vase. Elle est belle pourtant quand elle brille au soleil levant et qu’elle clapote doucement entre ses berges couvertes de roseaux qui murmurent.

Le poète a dit en parlant de l’Océan:

O flots, que vous savez de lugubres histoires!
Flots profonds, redoutés des mères à genoux,
Vous vous les racontez en montant les marées
Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez, le soir, quand vous venez vers nous.

Eh bien, je crois que les histoires chuchotées par les roseaux minces avec leurs petites voix si douces doivent être encore plus sinistres que les drames lugubres racontés par les hurlements des vagues…« roseau

 

 

Le volcan de l’île de Jules Verne

Extraits de « L’île mystérieuse » de Jules Verne [1] :

« Chapitre XV : Le volcan s’était donc réveillé, et les vapeurs avaient percé la couche minérale entassée au fond du cratère. Mais les feux souterrains provoqueraient-ils quelque éruption violente ? C’était là une éventualité qu’on ne pouvait prévenir.

Cependant, même en admettant l’hypothèse d’une éruption, il était probable que l’île Lincoln n’en souffrirait pas dans son ensemble. Les épanchements de matières volcaniques ne sont pas toujours désastreux. Déjà l’île avait été soumise à cette épreuve, ainsi qu’en témoignaient les coulées de lave qui zébraient les pentes septentrionales de la montagne. En outre, la forme du cratère, l’égueulement creusé à son bord supérieur devaient projeter les matières vomies à l’opposé des portions fertiles de l’île.

Toutefois, le passé n’engageait pas nécessairement l’avenir. Souvent, à la cime des volcans, d’anciens cratères se ferment et de nouveaux s’ouvrent. Le fait s’est produit dans les deux mondes, à l’Etna, au Popocatepelt, à l’Orizaba, et, la veille d’une éruption, on peut tout craindre. Il suffisait, en somme, d’un tremblement de terre, — phénomène qui accompagne quelquefois les épanchements volcaniques, — pour que la disposition intérieure de la montagne fût modifiée et que de nouvelles voies se frayassent aux laves incandescentes…

Chapitre XVIII : …La nuit était déjà faite, et l’obscurité devait permettre de reconnaître si, aux vapeurs et aux fumées accumulées à la bouche du cratère, se mêlaient soit des flammes, soit des matières incandescentes, projetées par le volcan…

Le mont Franklin, distant de six milles environ, apparaissait alors comme une gigantesque torche, au sommet de laquelle se tordaient quelques flammes fuligineuses. Tant de fumée, tant de scories et de cendres peut-être y étaient mêlées, que leur éclat, très-atténué, ne tranchait pas au vif sur les ténèbres de la nuit. Mais une sorte de lueur fauve se répandait sur l’île et découpait confusément la masse boisée des premiers plans. D’immenses tourbillons obscurcissaient les hauteurs du ciel, à travers lesquels scintillaient quelques étoiles…« 

7 choses à savoir sur Buffon

Georges-Louis-Leclerc comte de Buffon c’est :