Extrait du décret  de mars 1853 de la première exposition universelle à Paris : « Considérant que les perfectionnements de l’industrie sont étroitement liés à ceux des beaux-arts;… qu’il appartient spécialement à la France dont l’industrie doit tant aux beaux-arts, de leur assigner, dans la prochaine Exposition universelle, la place qu’ils méritent… ». Cette exposition universelle s’est tenue du 15 mai au 15 novembre 1855 principalement dans un bâtiment construit pour l’occasion sur les Champs-Elysées au carré Marigny, le palais de l’industrie (vestiges parc de Saint-Cloud, image à la Une, autres images archives BNF). Dans le domaines des mines, les études géologiques progressent notamment grâce à Elie de Baumont. La reforestation est déjà une préoccupation. C’était le perfectionnement des machines à vapeurs et le début des « electro-moteurs ». Le pendule de Foucault fait partie des inventions [1]. Les chaux hydrauliques et ciments sont améliorés par les « savants travaux de M. Vicat [2] » et le métal commence à prendre de l’importance dans les constructions. En photographie « les épreuves daguerriennes étaient presque complètement remplacées par les épreuves sur papier ». Pour les beaux-arts c’est l ‘expérimenté Ingres (75 ans) et Delacroix (57 ans) qui se côtoie.Palais de l'industrie 1865 Plaut

 

Charlemagne 1867 photo Léon et LévyL’exposition universelle de Paris en 1867 s’est tenue du 1 avril au 3 novembre sur le Champ de Mars (45 hectares à l’époque) dans un immense palais elliptique (visible à gauche de la statue en plâtre de « Charlemagne et ses Leudes » dont la version en bronze pour l’exposition 1878 se trouve  actuellement sur le parvis de Notre-Dame) . Cette année là Victor Hugo est en exil [3], il écrit néanmoins l’introduction au « Paris-guide de l’Exposition » où il déclare: « Le globe sera la maison de l’homme, et rien n’en sera perdu … »et Jules Verne [4] s’inspire largement de l’aquarium du Trocadéro pour écrire « Vingt mille lieues sous les mers ». Par ailleurs « Les physiciens ont mis à la disposition de l’industrie des sources de lumière et de chaleur d’une intensité inconnue à ce jour…Nous sommes encore loin, sans doute, de connaître toutes les ressources que l’électricité peut nous offrir… L’emploi de la lumière électrique pour l’éclairage des phares était définitivement acquis ». L’exploitation du pétrole en Amérique du Nord faisait l’actualité [5]. On va, en paquebot, de Southampton à New York en 12 jours alors que le câble télégraphique transatlantiques (deux lignes) transmet une information en une heure. Une invention très remarquée était celle de la dynamite composé d’un certain pourcentage de nitroglycérine et « L’exploitation des eaux minérales avait conquis sa place parmi les branches de la richesse générale ».palais elliptique 1867

L’exposition universelle de Paris en 1878 s’est tenue du 1 mai au 10 novembre sur le champ de Mars et au palais du Trocadéro (ou palais de pierres) construit pour l’occasion (et qui a remplacé une tour carré, sorte de phare, sur la colline de Chaillot) avec entre autres une exposition consacrée aux eaux minérales françaises et une exposition consacrée à l’art historique ancien. On assiste aux premiers progrès de la météorologie. L’éclairage au gaz joue une rôle de plus en plus considérable [6]. Les fontaines Wallace font leur apparition.palais du Trocadéro 1926.jpg

L’exposition universelle de Paris en 1889 s’est tenue du 5 mai au 31 octobre. En Europe,  les Etats Unis sont les plus gros fournisseurs de houille et ces derniers se partagent le marché du pétrole ou naphte [7] avec la Russie. Bartholdi expose la tête de la statue de la liberté destinée à l’entrée du port de New-York [8]. Le champs de Mars accueille la tour Eiffel [9] et le palais des machines. C’est l’année du premier tramway à vapeur.

facade palais des machines 1889.jpg

L’exposition universelle de Paris en 1900 s’est tenue du 14 avril au 12 novembre. C’est la consécration pour la fée Electricité, surtout pour l’éclairage de nuit, et pour les structures de verre et de métal à l’instar du Petit et Grand Palais. Fulgence Bienvenüe à l’origine du métro parisien [10], inaugurera la première ligne le 14 juillet. Une réplique de la statue de la liberté signé Bartholdi est exposée (aujourd’hui elle se situe dans le jardin du Luxembourg). Edouard Branly présente les ondes électriques pour des applications comme la TSF. Dans les jardins du Trocadéro, qui abrite déjà des vestiges de l’ancien palais des Tuileries [11] et de l’ancien Hôtel de Ville [12], des anciennes carrières de la colline servent de monde souterrain aménagé en mines et autres curiosités géologiques.

L’exposition internationale de Paris en 1937 s’est tenue du 25 mai au 25 novembre. Elle entraîne la démolition du vieux palais du Trocadéro (par MM. Davioud et Bourdais pour l’exposition de 1878) pour laisser place au  palais de Chaillot (projet Boileau-Carlu-Azéma) sur la colline éponyme: « La partie centrale et les tours seront démolies et remplacées par une large percée précédant une vaste terrasse dominant la Seine et assurant une entrée monumentale à l’exposition 1937 » d’après la revue « L’Art et les artistes ». Le palais de Tokyo est construit dans le même style. C’est l’année de la suppression des derniers tramways électrique au profit des autobus.

Quel palais du XXIe siècle désormais pour la septième et prochaine exposition universelle du « Grand Paris »  ?

 

Publicités