7 choses à savoir sur Buffon

Georges-Louis-Leclerc comte de Buffon c’est :

 

Récapitulatif : Sur les traces de … dans Paris

Voici une liste chronologique (non exhaustive) de personnages ayant laissées des traces dans ce formidable musée à ciel ouvert qu’est Paris:

tour-eiffel-2

Sur les traces de Buffon dans Paris

« Le feu ne peut subsister qu’en absorbant l’air, et il devient d’autant plus violent qu’il en absorbe davantage » Georges-Louis Leclerc Chevalier comte de Buffon [1] a été un parisien qui a laissé une trace dans la science mais aussi dans des lieux témoins de ce passé scientifique qui conservent son souvenir :

  • dans le jardin des plantes d’abord où il a été un des administrateurs avec sa statue monumentale,
  • dans la Grande Galerie de l’Evolution où une autre statue contient son cervelet [2],
  • sur une façade de l’historique bâtiment du muséum d’Histoire naturelle ( Image à la Une) où un buste du savant a tout sa place car il résidait à quelques pas dans la rue qui porte désormais son nom,
  • dans la cour d’honneur (mur ouest) de l’Ecole Normale Supérieure on y trouve également un buste,buffon-ens

 

  • une moulage du savant et sa représentation sur une fresque murale est visible à l’école des Mines de Paris,buffon-ecole-des-mines

 

  • un portrait de l’académicien Georges,Louis, Leclère de Buffon se trouve à l’Académie des Sciences où il en a été le trésorier,de-buffon-academie
  • et enfin sur statue debout figure sur une des façades de la cour du Louvre.buffon-louvre

Calcaires

« De la pierre calcaire. Sa formation est l’un des plus grand ouvrage de la Nature. » Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon [1] dans «Histoire naturelle des minéraux » (1783).

Le calcaire (ou carbonate de calcium) est un élément de base dans l’industrie cimentière et chaufournière [2] mais également dans la composition du squelette des coraux [3]. Les calcaires constituent des pierres naturelles à bâtir facilement aptes à la taille tout en étant solide et esthétique.

Les carrières de calcaires sont nombreuses à commencer par les catacombes de Paris, ces anciennes carrières souterraines [4] qui s’entendent jusqu’aux environs de Paris [5] et à ciel ouvert dans le bassin parisien. Géologiquement les massifs calcaires sont truffés de fossiles, qui se composent de débris de coquilles brisés et pilés comme le calcaire de Saint Leu.calcaire quai

D’autres calcaires sont à grain fins plus dur et qui étaient réservés à des parties de monuments comme les frontons ou les marches d’escalier. Encore plus dur et compact est le calcaire de Chateau-Landon qui a été employé pour l’Arc de Triomphe ou encore la basilique de Montmartre. Ce calcaire ressemble à du marbre [6].

arc de triomphe

A l’inverse un calcaire particulièrement tendre est le tuffeau de Touraine qui durcit à l’air, et qui a été creusé pour servir d’habitation troglodytiques [7].

[1] Buffon et la géologie moderne

[2] Tous consommateurs de cailloux

[3] Récifs coralliens

[4]  Pierre et plâtre sous Paris

[5] Cuvier : la géologie des environs de Paris

[6] Marbres

[7] Abri-sous-roche: troglodyte

Les quatre éléments selon Pajou

Le sculpteur français Augustin Pajou (1730;1809)

Pajou INHA
A. Pajou (Archive INHA)

, contemporain de Buffon [1] il lui a d’ailleurs consacré une statue, a réalisé en 1767 pour les quatre dessus des portes latérales du grand salon de l’hôtel de Voyer d’Argenson connu aussi sous le nom de Chancellerie d’Orléans, quatre bas-reliefs en plâtre doré évoquant les quatre éléments avec des références mythologiques (Image à la Une, la Terre, et clichés noir&blanc ci-après tirés de la Gazette des beaux-arts, 1914, archive BNF). Cet hôtel particulier proche du Palais Royal entre le 19 de la rue des Bons-Enfants et le 6 de la rue de Valois fut démolit en 1923. Ces bas-reliefs sont désormais exposés au musée des Archives nationales, Hôtel de Soubise à Paris (clichés couleurs, 2016, musée des Archives nationales).

« La Terre, ou le triomphe de Cybèle [2]« , note du musée des Archives nationales : « Mère des dieux, Cybèle est accompagnée par les quatre saisons : le printemps devant elle, à sa droite, et l’automne, l’été et l’hiver à sa suite. Pajou s’est inspiré, pour cette composition originale, de différentes sources et notamment de ses propres dessins rapportés d’Italie. »

Pajou porte TerrePajou terre

 

« Le Feu, ou Pluton enlevant Proserpine », note du musée des Archives nationales : « Pour illustrer le Feu, Pajou a représenté Pluton, dieu des enfers,  enlevant Proserpine, fille de Cérès, pour l’épouser. Le sculpteur montre ici sa maîtrise du dessin et des raccourcis perspectifs. »

Pajou porte le feuPajou feu

 

 

« L’air, ou Borée [3] enlevant Orythie », note du musée des Archives nationales : « L’air est représenté par le dieu Borée, personnification du vent du Nord. Celui-ci enlève pour l’épouser la nymphe Orythie, fille du roi d’Athènes Erechtée, qui se refusait à lui. La composition de Pajou offre un équilibre harmonieux d’ailes, de nuages et de drapés autour de la figure centrale du vent. »

Pajou porte airPajou air

 

« L’eau, ou Neptune protégeant Amymone », note du musée des Archives nationales : « Poursuivie par un Satyre, Amymone, fille de Danaos, est défendue par Neptune. Ce sujet peu fréquent avait été peint par Carle Van Loo en 1757. Pajou le reprend avec talent, et parvient notamment à rendre la figure de Neptune aussi menaçante envers le satyre que protectrice pour Amymone. »

Pajou porte eauPajou eau

[1] Buffon et la géologie moderne

[2] Iconologie : la terre

[3] Les vents mythologiques

 

Darwin et les Galapagos

Darwin était un naturaliste dans la lignée spirituelle de Buffon, sa description de l’archipel des Galapagos est la suivante : «15 septembre 1835. Toutes les îles se composent de roches volcaniques. » Le 17 septembre sur l’île San Cristobal (Chatham) :« La surface surchauffée par les rayons d’un soleil ardent, rend l’air lourd, étouffant, comme celui qu’on pourrait respirer dans un four…La surface entière de cette partie de l’île semble avoir été trouée comme une écumoire par les vapeurs souterraines ». Par ailleurs sur cette île, il existe de nombreux sentiers qui mènent dans les hauteurs aux seules sources d’eau douce, c’est grâce à la tortue « Elle en boit des quantités considérables et elle se vautre dans la boue … A force de passer par le même chemin, elles ont tracé de véritables routes qui rayonnent dans toutes les directions depuis les sources jusqu’à la côte. »

darwin portrait.jpg

Le 29 septembre, à propos des îles Isabela (Albemale) et Fernandina (Narborough) : » Ces deux îles sont recouvertes d’une quantité formidable de lave noire qui a débordé au-dessus des immenses cratères…Nous avons vu dans l’île d’Albemale un petit jet de fumée s’échapper du sommet de l’un des grands cratères. » Il s’agit certainement d’après la carte de 1883 (image à la Une, archive BNF), d’un des deux « volcans actifs » de l’époque indiqués avec un point rouge, celui de l’île Isabela est le « Cerro Azul » (1640m second plus haut sommet de l’île). Les volcans boucliers basaltique de type « Galapagos  » comme celui de l’île de Isabela sont connus pour être en forme de carapace de tortue.

Cet archipel de l’Equateur sur l’équateur est donc constitué d’îles volcaniques émergés de type point chaud et c’est justement le point de départ à la réflexion de Darwin sur ce « petit monde à lui seul » où « les production organiques sont essentiellement indigènes » ce qui a donné « la première apparition de nouveaux êtres sur la terre ». Et c’est ainsi qu’il va mettre en évidence qu’un groupe de moineaux endémique va seulement se différencier par leurs formes de becs qui a évolué en fonction des graines qu’ils mangent « une seule espèce s’est modifiée pour atteindre des buts différents .» C’est l’étincelle qui va inspirer à Darwin sa théorie sur « L’évolution des espèces par voie de sélection naturelle » publiée en 1859.

Depuis, dans la région, Darwin a donné son nom à une des îles au nord de l’archipel et à un des cratères de l’île Isabella (Albermarle) mais aussi à la postérité.

Isla Darwin.jpg
Île Darwin (1° 40’43″N, 92°00’14″O)

Buffon et la géologie moderne

« Buffon par ses écrits, que leur style seul rendrait immortels, avait conquis pour la géologie une place imprescriptible dans la pensée humaine. » Léonce Elie de Beaumont, géologue français (1798;1874)

A propos des volcans, par exemple, des écrits de Georges-Louis Leclerc , comte de Buffon (1707;1788) :

  • une définition : « Un volcan est un canon d’un volume immense »
  • une description « Les montagnes ardentes qu’on appelle Volcans, renferment dans leur sein le soufre, le bitume et les matières qui servent d’aliment à un feu souterrain dont l’effet est plus violent que celui de la poudre ou du tonnerre »
  • une constatation «  Après la surface des mers, rien sur le globe n’est plus mobile et plus inconstant que la surface des volcans »

Même si Buffon a fait fausse route sur nombre de théories géologiques, il n’en reste pas moins un savant qui a montré la voie dans cette période des Lumières avec notamment son œuvre « Histoire naturelle » (en 36 volumes) et la manière dont il a essayé de classer ce que nous appelons maintenant les ères géologiques. Et il faut bien dire que ces principales contributions à la science sont plus dans les sciences de la Vie que dans celles de la Terre. En effet ce naturaliste, admirateur de Newton est considéré comme un inspirateur pour Lamark et Darwin.

Buffon.jpg

Son cerveau a été prélevé, comme Einstein en son temps, et conservé dans le piédestal d’une statue qui se trouve dans la grande galerie de l’évolution à Paris, en face de la rue qui porte son nom et où il a résidé.

Buffon a trouvé le moyen de faire de la chaux (avec de la pierre calcaire) d’une manière optimisé dans des fours clos.Il faut dire que ce personnage originaire de Montbard a fait construire en Bourgogne ses propres forges avec un haut fourneau qui produiront autant qu’elles lui serviront de laboratoire.

Buffon statue jardin des plantes

Statue du jardin des Plantes avec le lion « roi des animaux » locution de Jean de La Fontaine dont Buffon faisait sienne mais qui reste le symbole de la domination de l’Homme sur l’animal.