Le pont Marie de Paris

Le pont Marie est un des plus ancien pont de Paris [1] et a permis à construire l’île Saint-Louis utilisée autrefois comme herbage pour les vaches d’où son ancien nom l’île aux vaches pour sa partie est et l’île Notre-Dame pour sa partie ouest. Le 16 janvier 1613, sur le conseil au roi du Prévôt des Marchands et des Échevins (ce qui correspondrait à une délibération du maire et de son conseil municipal de nos jours), il est ainsi écrit :  » Sa dite Majesté peut permettre au dit Marie la dite construction du pont ,…les pilles duquel seront en pierre… »plaque-pont-marie

La première pierre de ce pont à cinq arches fut posée le samedi 11 octobre 1614 par le jeune Louis XIII avec la régente sa mère Marie de Médicis [2], du Prévôt des Marchands, Robert Miron, et en présence du maître Christophe Marie, le constructeur. Le pont fut achevé en 1635 sans les maisons qui ont été terminées seulement en 1643 puis définitivement démolies en 1787.pont-marie-xviiie

Le pont Marie a subit les crues [3] de la Seine à commencer par celle record de mars 1658 où deux arches et dix maisons au-dessus s’abîmèrent dans la rivière (sur les cinquante que comportait le pont à l’époque) ainsi que leurs habitants qui périrent. Le pont fut encore endommagée par la montée des eaux en 1867 et en 1920.

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Crue de janvier 1920 (Archive BNF)

Île de Pâques

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Les Moaï avec leur « pukao » de scories telles que les ont trouvé les compagnons de La Pérouse

Avril 1786, 64 ans presque jour pour jour après la découverte cette île chilienne, à Pâques, le 5 avril 1722, La Pérouse livre sa première impression dans son journal de bord  «  Un long séjour à l’île de France, qui ressemble si fort à l’île de Pâques, m’a appris que les arbres n’y repoussent jamais, à moins d’être abrités des vents de mer par d’autres arbres ou par des enceintes de murailles; et c’est cette connaissance qui m’a découvert la cause de la dévastation de l’île de Pâques. Les habitants de cette île ont bien moins à se plaindre des éruptions de leurs volcans, éteints depuis longtemps, que de leur propre imprudence. »

En effet voici ce que dit Jared Diamond dans son ouvrage « Effondrement » dans le chapitre consacré au « Crépuscule sur l’île de Pâques » [1] :   « Les îles anciennes qui n’avaient connu aucune activité pendant plus d’un million d’années finirent par être plus largement déboisées que les îles plus jeunes et ayant récemment connu une activité volcanique…L’isolement de l’île de pâques en fait l’exemple le plus flagrant d’une société qui a contribué à sa propre destruction surexploitant ses ressources. »

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Par ailleurs, cette île se caractérise par ces énormes pierres dressées moins anciennes que les mégalithes mais dans le même esprit. Elles sont sculptées dans le basalte comme le faisant les olmèque du Mexique au Ier millénaire avant J.-C., peut être à effigie des anciens pour transmettre le mana, cette force spirituelle que l’on retrouve en Polynésie ? La disparition brutale de ses anciens habitants, les Rapa Nui, ont donc donné lieu à plusieurs théories à propos de la manière de fabriquer, transporter et dresser ces pierres de basalte car il existe bien quelques tablettes écrites mais elles sont indéchiffrables. Comme d’autres sites volcaniques plus actifs [2], le parc national de Rapa Nui a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1995.

Volcans classés au patrimoine mondial

Parmi les volcans actifs classés au patrimoine mondial de l’Unesco en voici 7 :

  • Les îles Galapagos (inscrites en 1978) dont la riche faune endémique a inspiré Charles Darwin dans sa réflexion sur sa théorie de l’évolution [1],
  • Les îles Éoliennes (inscrites en 2000) qui ont donné leurs noms à deux types d’éruptions Vulcano [2] pour vulcanienne et Stromboli pour strombolienne [3],
  • L’Etna [4] (inscrit en 2013) le volcan le plus actif, le plus haut et un des plus dangereux en Europe [5],
  • L’île islandaise de Surtsey (inscrite en 2008) sortie de mer à la suite d’une éruption de 1963 à 1967 a, peu à peu, été colonisée par la végétation,
  • Les pitons, cirques et remparts de l’île de la Réunion dans l’océan indien (inscrits en 2010) constituent un écosystème remarquable avec un volcan La Fournaise, le bien nommé, régulièrement en effusion,
  • Le parc national des volcans d’Hawaï [6] (inscrit en 1997) constitue un complexe volcanique très étudié à l’instar de ces émissions de gaz appelés « vog » [7] tout en conservant une forte connotation spirituel avec la déesse Pélé [8],
  • Les volcans du Kamtchatka [9] (inscrits en 2001) représentent des énormes volumes de basalte et différents types de volcanisme encore en activité.

La grotte ou caverne musicale de Fingal

« A quelques distance de la côte ouest d’Ecosse, la nature a placé l’une de ses plus grandes merveilles : l’île de Staffa, qui se dresse dans sa grandeur dénudée au-dessus de l’océan et semble une énorme table supportée par d’innombrables colonnes reposant sur des dalles de lapis-lazuli. Les vapeurs d’excursion y abordent facilement. L’île n’a que 1600 mètres de circonférence, mais ces falaises perpendiculaires ont un aspect imposant ; car elles atteignent, à certains points, une hauteur de 14 pieds [4,2 m] et sont creusées de cavernes entourées d’innombrables piliers qui se courbent parfois extérieurement comme pour mieux résister à l’assaut furieux des vagues. La plus grande est la caverne de Fingal. Elle offre au visiteur un aspect terrifiant et, lorsque la mer est mauvaise, il est impossible d’y pénétrer…A l’extrémité de cette magnifique caverne est une sorte de  trône  naturel, assez imposant pour sembler le trône même de Neptune, et d’où la vue à travers cette longue suite de colonnes dont le sol est la mer, défie toute description. Lorsqu’une tempête sévit sur la côte, … les vagues hurlent contre les falaises, et les rugissements qui sortent incessamment de la caverne s’entendent à plusieurs lieues… » légende de la photo à la Une en 1894 (Archive BNF).gravure Fingal.jpg

En tout cas, ces orgues basaltiques, ont inspiré le compositeur Felix Mandelssohn (1809;1847) en 1831, suite à une visite de la caverne, pour une ouverture intitulée « Les Hébrides » ou « La Grotte de Fingal ».

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Le lieu a également inspiré Jules Verne [1] dans le roman  » Le Rayon vert », chapitre XIX intitulé « La grotte de Fingal » et où il qualifie de « musique surnaturelle », « les sons de cette grande harpe éolienne ».

Le mont Saint-Michel selon Maupassant

Description du mont Saint-Michel [1] et de sa baie selon Guy de Maupassant (1850;1893) dans sa nouvelle Le Horla :

guy-de-maupassant« Une baie démesurée s’étendait devant moi, à perte de vue, entre deux côtes écartées se perdant au loin dans les brumes ; et au milieu de cette immense baie jaune, sous un ciel d’or et de clarté, s’élevait sombre et pointu un mont étrange, au milieu des sables. Le soleil venait de disparaître, et sur l’horizon encore flamboyant se dessinait le profil de ce fantastique rocher qui porte sur son sommet un fantastique monument. Une baie démesurée s’étendait devant moi, à perte de vue, entre deux côtes écartées se perdant au loin dans les brumes ; et au milieu de cette immense baie jaune, sous un ciel d’or et de clarté, s’élevait sombre et pointu un mont étrange, au milieu des sables. Le soleil venait de disparaître, et sur l’horizon encore flamboyant se dessinait le profil de ce fantastique rocher qui porte sur son sommet un fantastique monument. »

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« J’entrai dans ce gigantesque bijou de granit, aussi léger qu’une dentelle, couvert de tours, de sveltes clochetons, où montent des escaliers tordus, et qui lancent dans le ciel bleu des jours, dans le ciel noir des nuits, leurs têtes bizarres hérissées de chimères, de diables, de bêtes fantastiques, de fleurs monstrueuses, et reliés l’un à l’autre par de fines arches ouvragées. »

Ce granite a été extrait en grande partie de l île voisine de Chausey dès le XIe siècle, on le retrouve dans la haute ville de Granville, le phare [2] en particulier, à  Saint-Malo, au Havre sur des trottoirs parisiens et jusqu’à ceux de Londres. Ces carrières ont été  abandonnées seulement au début du XXe siècle.