Une éruption de l’Etna selon George Sand

Dans  » Histoire d’un rêveur » (première partie, chapitre III : L’éruption) par George Sand [1], [2],  voici des extraits de la description de l’Etna [3] en éruption (mage à la Une , XIXe siècle , archive BNF):

George Sand« La lune dans tout son éclat brillait au milieu d’un ciel pur ; l’arène de neige du milieu de laquelle s’élève la triple cime de l’Etna …étincelait de blancheur aux reflets de l’astre argenté… Tout est prestige et fantasmagorie vers la cime du volcan. Cette neige éternelle du sein de laquelle s’exhalent des feux souterrains, cette flamme blanche et phosphorique qui brûle tranquillement sur la brèche du cratère, et comme un pâle fanal répand ses tristes lueurs sur la glace transparente, cette absence de tout être animé, ce silence de mort portaient dans l’âme …
 » Viens, mon roi. Ceins ta couronne de flamme blanche et de soufre bleu d’où s’échappe une pluie étincelante de diamants et de saphyrs ! – Me voici ! enveloppe-moi dans des fleuves de lave ardente, presse-moi dans tes bras de feu, comme un amant presse sa fiancée. J’ai mis le manteau rouge. Je me suis paré de tes couleurs. Revêts aussi ta brûlante robe de pourpre. Couvre tes flancs de ces plis éclatants. Etna, viens, Etna ! brise tes portes de basalte, vomis le bitume et le soufre. Vomis la pierre, le métal et le feu !« …
De violentes secousses ébranlèrent la montagne. Des bouffées de flammes rouges et de sombre fumée s’exhalèrent de la bouche du volcan. Un bruit épouvantable, des craquements affreux remplirent les airs. En un instant, la lune disparut sous les noires vapeurs qui s’amoncelaient rapidement. Le vent souleva et dispersa des montagnes de cendres et des tourbillons de neige…Les sifflements du vent, les roulements de la foudre, les rugissements de la montagne ébranlée jusqu’en ses fondements prirent mille voix terribles et funestes … Jamais harmonie plus éclatante et plus sauvage n’avait été entendue… Des fleuves de lave descendaient rapidement en cascades de feu, et déjà ils entouraient la roche isolée … « 

L’effet Pompéi

Certainement que de nombreux sites ou trésors de pierres ont été oubliés car recouverts par des couches de cendres et le sont encore. L’exemple le plus connu est sans doute la découverte des cités de Pompéi et d Herculanum [1] ensevelies par le Vésuve. Pompéi, en particulier, est une véritable photo en 3 dimensions prise en l’an 79 du royaume de Naples. » Ne serait-ce pas là le plus merveilleux Musée de la terre? Une ville romaine conservée toute entière, comme si ses habitants venait d’en sortir un quart d’heure auparavant. » Chateaubriand à propos de Pompéi, après son voyage en Sicile au début du XIXe siècle.

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Pompéi et en arrière plan le Vésuve, fin XIXe siècle (archives BNF)

L’Indonésie est un pays particulièrement « volcanique » de ce point de vue qui vit depuis longtemps au rythme de ses éruptions et autres déchaînements chthoniens. Le temple de Borobudur du IXe siècle (Image à la Une) fut dégagé de ses cendres au XIX e siècle, restauré en 1970 par l’Unesco et classé patrimoine de l’humanité en 1991. Mais cet exemple de redécouverte de ce patrimoine, compte tenu de la taille du monument, n’en pas aussi étonnant que le trésor de pierres précieuses, découvert non loin, et également enseveli par les cendres du Mérapi [2] au Xe siècle.

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Maquette du temple de Borobudur de l’Unesco à Paris

Longtemps resté un mystère, daté avec la seule connaissance de son existence indirecte dans un dépôt de cendres issu des carottes de glace prélevées aux pôles, les chercheurs ont découvert en 2014, le lieu de la grande éruption de 1257 [3] et a donc éveillé la curiosités des archéologues. En effet l’île de Lombok avec le volcan Samalas (actuel complexe du Rinjani) était au XIIIe siècle un royaume qui à l’époque de l’éruption était fleurissant avec des cités, à commencer par la capitale du royaume, comme pour Pompéi qui furent ensevelies et certainement bien conservées.

7 nouvelles merveilles de pierres

Dans la lignée des 7 merveilles du monde antiques [1] le résultat d’un vote mondiale a été officialisé le 07/07/2007 pour désigner les 7 nouvelles merveilles du monde, il s’agit de monuments à base de pierres :nouvelles-merveilles-du-monde-carte

1 -La grande muraille de Chine dans sa partie la plus récente est une ancienne fortification de plus de 6300 km ( ou 10000 li) construite entre le milieu du XIVe siècle et le milieu du XVIIe siècle sous la dynastie Ming (1368-1644) pour protéger l’empire du milieu des invasions mongols venant du nord. Ce dernier et septième tronçon à l’ouest à la limite du désert de Gobi est proche de la route de la soie et se prolonge jusque dans la baie de Shanhaiguan. Sa largeur moyenne est de 7 m, elle est constituée de pierres et de briques. La technique consiste un peu comme pour l’enceinte de Philippe Auguste [2] à Paris à construire deux murs qui contiennent des cailloux et de la terre battue entre ces murs ( toutes les images en noir et blanc, archives BNF).

 

2 – Au sud de la Jordanie, avant de devenir la capitale des Nabatéens Pétra (la Roche) fut Edom (la Rouge) capitale des Edomites. La cité de Pétra aussi appelée « ville rose du désert » est entièrement sculptée dans des grès oxydés (jusqu’à 3 teintes de pierres). Il y subsiste des vestiges du système de canalisation en poterie remarqué par Strabon « La métropole des Nabatéens s’étend sur un terrain plan et uni, mais tout alentour des rochers, abrupts et escarpés la défendent,tandis qu’à l’extérieur, des sources en abondance assurent l’alimentation en eau, que ce soit pour des fins domestiques ou pour arroser leurs jardins ».

christ-redempteur3- Le Christ rédempteur est une statue dominant la baie de Rio de Janeiro au Brésil sur la colline du Corcovado,  construite  en béton et recouverte de stéatite, elle fut achevée en 1931 avec la collaboration d’un sculpteur français Paul Landowski. On lui doit notamment la statue de la patronne de Paris Sainte-Geneviève au droit du pont de la Tournelle à Paris.

 

machu-picchu4- Machu Picchu est une ancienne cité Inca perchée à plus de 2400 m d’altitude dans les Andes péruviennes. Il existe un système de transport et de drainage de l’eau à base de granulats sous la cité, limitant les risques de glissement de terrain. Les empilements de blocs formant les murs sont reconnus antisismiques grâce à la disposition des pierres parfaitement ajustées et de tailles différentes.

 

5- Les ruines de Chichén Itza était une ancienne cité Maya située dans la province du Yucatan au Mexique. Elle est construite dans un endroit aride, l’emplacement fut choisi en raison de la proximité de puits naturels. El Castillo (nommée par les conquistadors) est une pyramide caractéristique de cette cité.

 

6- Le Colisée de Rome en Italie, à l’origine un amphithéâtre, a été construit en 64 de notre ère. Il est en travertin pour les murs porteurs, une sorte de tuf calcaire qui se dépose sur les parois des cours d’eau, celui du Colisée vient des sources de Tivoli à une trentaine de kilomètres au nord-est de Rome. Pour le transport les romains avaient aménagé une voie reliant Rome à Tivoli (ancienne Tibur), la « via Tiburtina ». Pour le reste la construction est réalisée en briques et en ciment romain à base de Pouzzolane [3]. Il est ébranlé par un séisme en l’an 442.

 

7- Le Taj Mahal est situé à Agra en Inde. C’est en fait un mausolée qui a été construit en 23 ans de 1630 à 1653. Ce tombeau est réalisé principalement en marbre blanc de Jodhpur, mais aussi avec un feu d’artifice de roches; en cornaline de Perse, diamants d’Asie Centrale, jade de Chine, agate du Yémen, corail de la mer Rouge mais encore avec des incrustation de pierres semi-précieuses, turquoise du Tibet, malachite de Russie, lapis-lazuli du Sri Lanka, onyx du Deccan. Le dôme au centre est entouré par quatre minarets identiques inclinés vers l’extérieur de sorte qu’en cas de séisme, ils ne s’écroulent pas sur le tombeau.

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[1] 7 merveilles de pierres du monde antique

[2] Enceinte de Philippe Auguste à Paris

[3] Retour du ciment antique ?

Le feu des enfers et les volcans

 

« Parmi tous les phénomènes,[le feu] est vraiment le seul qui puisse recevoir aussi nettement les deux valorisations contraires : le bien et le mal. Il brille au paradis. Il brûle en enfer.» Gaston Bachelard dans «La psychanalyse du feu »

Le feu de l’enfer apparaît dans la plupart des religions mais c’est les grecs établis au sud de l’Italie [1] et dans la région du Vésuve [2] qui en sont à l’origine selon Arnolt Boscowitz dans « Les Volcans » ( 1890): « Les grecs s’imaginèrent que ces gouffres, dont les uns fumaient encore, dont les autres exhalaient des vapeurs nuisibles, devaient être les portes des enfers, l’entrée du séjour des ombres …Ce fut là, peut être, l’origine de ces mythes, où l’on voit les héros et les demi-dieux descendre aux enfers. »

Homère, par exemple, place la porte des enfers « aux extrémités du profond Océan ». Et Platon le désignera sous le nom de Tartare où il y place les mythiques Géants comme Sisyphe [3], Prométhée [4], les Danaïdes [5], etc … Le dieu du royaume des Enfers est Hadès chez les grecs et chez les romains c’est Pluton. » Dans un torrent de flammes un fleuve rapide les entoure, le Phlégéthon du Tartare, qui charrie des rocs avec fracas. » Virgile, Enéide, livre 6 (Image à La Une, Archive BNF).

Pajou feu

Le Feu, ou Pluton enlevant Prosperine par Pajou [6]

magma liquideOviédo y Valdés historien espagnol et grand voyageur (1478;1557) décrit en 1529 sa vision au sommet du volcan Masaya au Nicaragua : « J’ai vu des matières en combustion, liquides comme de l’eau … Je ne saurais croire qu’un chrétien pût contempler un pareil spectacle sans penser à l’enfer et se repentir de ses péchés; surtout en comparant cette poignée de soufre embrasé à l’incommensurable grandeur du feu éternel, réservé aux ingrats envers Dieu. »En ces temps de découverte du nouveau monde, cet historien a cru reconnaître l’enfer ou au moins une porte d’entrée,  car le feu reste associé à l’enfer chrétien et aux 7 péchés capitaux. A noter que chez les musulmans, l’enfer comporte 7 portes et pour certains il y demeureront 7 mille ans.

[1] Ca chauffe au sud de l’Italie

[2] Le Mont Somma-Vésuve en 79

[3] La vie assumée de Sisyphe

[4] Prométhée et la connaissance

[5] Danaïdes

[6] Les quatre éléments selon Pajou

 

Matériaux issus des volcans

Depuis toujours l’homme a creusé pour extraire des matériaux, les volcans en sont un des grands fournisseurs.

Dans le passé c’est les premières mines dans les Alpes autrichiennes, mais c’est l’obsidienne qui a été un des premiers matériaux de valeur à la base d’échanges donc de développement entre les hommes.

Un volcan connu pour sa mine de soufre à ciel ouvert toujours en exploitation est le Kawah Ijen en Indonésie sur l’île de Java. Un détail intéressant, la cérémonie chamanique pratiquée pour préserver les mineurs du volcan consiste à enterrer une tête de chèvre alors qu’en occident c’est Sainte Barbe qui protège les mineurs et les artificiers (c’est aussi la patronne des géologues et des pompiers).

Et puis la Rome antique ne serait pas arriver à de telles architectures sans l’aide du volcanisme locale, avec le célèbre mortier romain qui se cache derrière les murs de briques [1], ce sont des cendres volcaniques dans le ciment pouzzolane mélangé à de la chaux. Un exemple très caractéristique est le panthéon à Rome, les fondations sont assurées par un matériau très robuste, un mortier lourd et du basalte, la rotonde est un mortier plus léger avec l’utilisation de tuf, et encore plus léger pour la coupole avec des granulats de pierres ponces. A noter que les zéolites naturelles sont utilisés dans les ciments et les bétons (et beaucoup d’autres applications grâce à ses propriétés absorbantes extraordinaires).

En plus des mortiers, les cendres volcaniques sont également utilisées comme abrasif ou dans les céramiques [2] .

Des cendres volcaniques au tuf volcanique, il n’y a qu’un pas géologique, et l’on retrouve non loin du volcan Hasan dans la région de Cappadoce en Turquie les constructions souterraines non pas avec, mais dans le tuf volcanique comme la cité troglodyte de Derinkuyu.

Les nouveaux territoires sous-marins volcaniques de Papouasie-Nouvelle-Guinée sont riches en minerai (cuivre, zinc et or), des concessions de ce type existent aussi au large du Vanuatu et des îles Tonga.

Actuellement, il existe de nombreuses carrières proches de volcans en activité, près de l’Etna on y exploite le basalte, les ponces sur Lipari  ou sur d’anciennes formations comme à Voutré près de Rennes c’est des anciennes coulées (500 Ma) de la caldeira d’Assé-le-Boisne-Pail qui sont exploitées.

Le basalte est aussi connu comme « pierre de lave » utilisé dans les barbecues pour leur qualité thermique mais aussi pour de la décoration extérieure, les dallages etc…

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Au Pérou près du volcan Chachani la ville historique de Arequita est construite avec la pierre blanche volcanique (tuf appelé « sillar »).

Les produits issus de l’éruption du Pinatubo en 1991 ont été utilisés pour les routes après l’éruption [3].

Les matériaux issus des carrières de roches éruptives, de bonne qualité, comme le porphyre sont bien connus des marchands de granulats pour alimenter les couches de roulement des routes et le ballast des voies ferrées.

La Kimberlite est une roche recherchée car c’est le convoyeur naturel des diamants le long d’anciennes cheminées volcaniques, des mines de ce type se trouvent en Afrique du Sud ou au Lesotho, en Russie, au Canada sur le site de  « Misery Kimberlite Complex »  par exemple .

[1] http://www.geopolymer.org/fr/archeologie/ciment-romain/ciment-et-beton-romain-haute-performance-batiment-durable-et-resistant

[2] http://www.kgs.ku.edu/Publications/Bulletins/96/06_uses.html

[3] http://www.easts.info/on-line/proceedings_05/868.pdf

 

 

Voyages au grès des éléments…

… à travers quelques éléments choisis :

Un grand conteur visionnaire est sans doute Jules Verne [1] avec son « Tour du monde en 80 jours » et autres « Voyages extraordinaires » mais avec le  » Voyage au centre de la terre » (1864), c’est un voyage dans la cheminée d’un volcan au sud de l’Italie [2], le Stromboli, qui marquera la fin de leur périple : « Il était évident que nous étions rejetés par une poussée éruptive; sous le radeau, il y a avait des eaux bouillonnantes, et sous ces eaux une pâte de lave , un agrégat de roches qui, au sommet du cratère, se disperseraient en tous les sens . Nous étions dans la cheminée d’un volcan. »

Jules Verne Voyages

« Le Bateau Ivre » (1871), est un limpide poème d’Arthur Rimbaud (1854;1891), pour qui Baudelaire [3] était le « roi des poètes », où ce bateau finit par sombrer dans l’élément eau contrairement à la devise de Paris  » Fluctuat nec mergitur » [4] (Image à la Une, la Seine pendant la crue de Juin 2016 [5]) . Ce poème est pourtant reproduit dans Paris et en lettres capitales pour le Titre, sur un mur de la rue Férou :

« … Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums ! … »

Celui qui aimait changer d’air tout en étant comme les oiseaux un maître des airs et des déserts à travers le « Petit prince »[6], Antoine de Saint-Exupéry, est également l’auteur de « Terre des hommes » (1939) : « J’entre dans la nuit. Je navigue…Cette mort du monde se fait lentemen, et c’est peu à peu que me manque la lumière. La terre et le ciel se confondent peu à peu. Cette terre monte et semble se répandre comme une vapeur. Les premiers astres tremblent comme dans une eau verte. Il me faudra attendre longtemps encore pour assister silencieux aux jeux des étoiles filantes. Au cœur de certaines nuits, j’ai vu tant de flammèches courir qu’il me semblait que soufflait un grand vent parmi les étoiles. »

« L’usage du monde » (1963) par Nicolas Bouvier (1929;1998) fait parti de ces voyageurs aventuriers suisses [7] : « Sans cet apprentissage de l’état nomade, je n’aurais peut-être rien écrit. Si je l’ai fait, c’était pour sauver de l’oubli ce nuage laineux que j’avais vu haler son ombre sur un flanc de montagne, le chant ébouriffé d’un coq, un rai de soleil sur un samovar, une strophe égrenée par un derviche à l’ombre d’un camion en panne ou ce panache de fumée au dessus d’un volcan javanais. »

[1] Jules Verne : le visionnaire des éléments

[2] Ca chauffe au sud de l’Italie

[3] Baudelaire : le poète des éléments

[4] Fluctuat nec mergitur ( Lutetia)

[5] Quand l’eau fait l’actualité à Paris

[6] Le désert de sable …

[7] La Suisse, terre d’aventuriers

Le Vésuve d’Hugo

« Et désormais, chargés du seul fardeau des âmes,

Pauvres comme le peuple, humbles comme les femmes,
Ne redoutez plus rien. Votre église est le port !
Quand longtemps a grondé la bouche du Vésuve,
Quand sa lave, écumant comme un vin dans la cuve,
Apparaît toute rouge au bord,

Naples s’émeut ; pleurante, effarée et lascive,
Elle accourt, elle étreint la terre convulsive ;
Elle demande grâce au volcan courroucé ;
Point de grâce ! un long jet de cendre et de fumée
Grandit incessamment sur la cime enflammée
Comme un cou de vautour hors de l’air dressé.Soudain un éclair luit ! hors du cratère immense
La sombre éruption bondit comme en démence.
Adieu le fronton grec et le temple toscan !
La flamme des vaisseaux empourpre la voilure,
La lave se répand comme une chevelure
Sur les épaules du volcan.Elle vient, elle vient, cette lave profonde
Qui féconde les champs et fait des ports dans l’onde !
Plages, mer, archipels, tout tressaille à la fois.
Ses flots roulent, vermeils, fumants, inexorables,
Et Naple et ses palais tremblent plus misérables
Qu’au souffle de l’orage une feuille des bois !Chaos prodigieux ! la cendre emplit les rues,
La terre revomit des maisons disparues,
Chaque toit éperdu se heurte au toit voisin,
La mer bout dans le golfe et la plaine s’embrase,
Et les clochers géants, chancelant sur leur base,
Sonnent d’eux-mêmes le tocsin !Mais — c’est Dieu qui le veut — tout en brisant des villes,
En comblant les vallons, en effaçant les îles,
En charriant les tours sur son flot en courroux,
Tout en bouleversant les ondes et la terre,
Toujours Vésuve épargne en son propre cratère
L’humble ermitage où prie un vieux prêtre à genoux !

10 août 1830″

Victor Hugo dans « Les chants du crépuscule –Dicté après juillet 1830-VII »

Victor Hugo 1830
Victor Hugo en 1830 (Archive BNF)

Image à la Une archive BNF (1839)

Vésuve 1870
Visite du Vésuve au XIXe siècle (Archive BNF)

Voir aussi Victor Hugo: l’exilé sur son rocher

et le Vésuve selon Strabon et Dumas

et Le mont Somma-Vésuve en 79