Victor Hugo dans ses « Proses philosophiques » nous décrit, en passant de la « fournaise »  à la glace des pôles, les temps de la Terre avec des cycles et même des « convulsions » dignes de l’hypothèse Gaïa de Lovelock [1].

« Regardez. Voici la terre :

L’homme est dessus, le mystère est dedans. Globe enrayant ! Un axe à la fois rotatoire et magnétique, c’est-à-dire produisant le mouvement et créant la vie ; au centre, peut-être une fournaise ; aux deux extrémités de l’axe, deux glaciers de mille lieues de tour que déplace lentement la précession des équinoxes et qui, en fondant, font basculer le globe tous les quinze mille ans selon les uns, tous les deux cent mille ans selon les autres, et mettent brusquement la mer à la place de la terre ; submersions périodiques visibles en quelque sorte dans la forme aiguë actuelle de tous les continents du côté du pôle austral, plus lourd en ce moment que le pôle boréal. La première fonction de la terre pour l’homme, c’est d’être l’horloge immense ; sa rotation crée ce que nous appelons le jour ou le nychthemeron *; la Terre mesure le temps dans l’éternité. Prise en elle-même, quelle impénétrable genèse ! Autrefois, dans les profondeurs immémoriales des cycles cosmiques, elle a bouillonné. Les collines marquent ses palpitations, les monts marquent ses convulsions…

Qu’est-ce que cette sphère ? est-ce un laboratoire ? est-ce un organisme ? est-ce les deux à la fois ? « 

*terme ancien  pour désigner le nycthémère c’est-à-dire un cycle de 24 heures incluant donc le jour et la nuit.Victor Hugo a Guernesey

 

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