Dès que les carrières-sous-Paris sont devenues souterraines, sans règles et sans véritable précaution, et jusqu’à l’époque d’Henri IV et du futur Prévôt des Marchands François Miron qui a commencé à réglementer ces exploitations par une ordonnance du 10 septembre 1600, des éboulements (ou fontis venus à jour) étaient prévisibles. Dans ce cas c’est véritablement le ciel (de carrière) qui vous tombe sur la tête. Néanmoins, même si les affaissements et les éboulements étaient courants dans les rues de Paris, ils restèrent isolés et de faibles ampleur mais surtout de nombreuses excavations étaient abandonnées depuis longtemps et personne ne s’en occupaient plus.

 

 

catastrophe-de-juillet-1778
Emplacement de la catastrophe du 27 juillet 1778

igcC’est un accident conséquent qui a permis de véritablement prendre conscience du problème le 17 décembre 1774 avec un éboulement de 25 mètres profondeur et de 300 mètres à la barrière de la rue d’Enfer (actuelle rue Denfert-Rochereau). En 1776, est entreprit d’une manière méthodique le relevé du sous-sol de Paris. Et par l’arrêt du 4 avril 1777,  le service des carrières de la Seine, un service dédié à l’inspection générale des carrières (IGC), est créé pour cartographier, surveiller et entretenir les 340 hectares concernés avec à sa tête l’inspecteur général en chef, le sieur Charles-Axel Guillaumot. Il prêta serment le 29 avril et le même jour un autre éboulement se produit rue d’Enfer  emportant une maison dans un fontis à un vingtaine de mètres de profondeur. Le 27 juillet 1778, à Menilmontant, 7 personnes trouvent la mort dans un nouvel éboulement dans la haute masse de gypse exploitée par le passé pour le plâtre, comme à Montmartre [1] où des éboulements volontaires ont permis de sécuriser la zone surtout le versant sud. Par décrets de mars et juillet 1813 toute exploitation souterraine devient interdite, mais les effondrements ne cessèrent pas pour autant, un orage le 30 juillet 1880 provoque l’ouverture d’un trou de 11 mètres de profondeur boulevard Saint-Michel.

carriere-de-montmartre
Carrière de Montmartre

 

Au début du XXe siècle ce sont les travaux d’excavation du métro qui vont provoquer des affaissements du sol comme place de l’Alma en 1915 (Image à la Une, archives BNF).affaissement place de l'alma metro.jpg

CA Guillaumot plaqueDepuis le 4 octobre 2017, une esplanade, dans le 14e arrondissement non loin de l’entrée officielle des catacombes à l’angle du boulevard Saint-Jacques et de la place Denfert-Rochereau, porte le nom du sieur Charles-Axel Guillaumot (1730;1807), architecte des bâtiments du roi ( Louis XVI), avec cette indication « Il sauva la capitale de l’effondrement », pendant que la monarchie absolue s’effondrait en surface.

 

 

Publicités