Les bas-reliefs de part et d’autre de la porte centrale, la porte du Jugement de la cathédrale Notre-Dame de Paris qui devient donc un « grimoire de pierre » pour prolonger l’image donnée par Victor Hugo d’un « livre de pierre ». En effet on trouve de chaque coté une série de bas reliefs sur deux rangées (6 x 2) respectivement, les vices calmement assis avec un disque emblématique, séparés par des colonnes en relief, en haut et les vertus agitées, séparées par des colonnes en creux, en bas. Comme un effet miroir, une série de vitraux de la « Roue » ou Rose occidentale est complémentaire sur les couleurs et leur représentation aux disques emblématiques des bas-reliefs, à quelques détails près, à cause de leur restauration au XIXe siècle pas forcement à l’identique.

Ces bas-reliefs sont encadrés par deux épisodes relatés dans la Bible (ancien testament), la vie de Job et le sacrifice d’Isaac, le fils d’Abraham (La Genèse ch.22), dont Hoffbauer (« Paris à travers les âges ») nous dit ceci : « Pour les hermétiques comme Gobin de Monluisant *, Job représentait le temps d’épreuves du grand oeuvre, la pierre philosophale; Abraham, la période instrumentaire; Isaac la période d’attente et de recueillement ». Il y aurait donc une seconde lecture de ces bas-reliefs plus alchimiste et du point de vue exotérique :  « Abraham, écoutant l’ange qui lui parle, serait la personnification de l ‘Obéissance; Job couché sur son fumier, serait la Résignation aux épreuves. »

A gauche du portail de gauche à droite :verus vices gauche

  • En haut, l’Humilité avec la colombe du saint-esprit pour les uns, corbeau en raison d’une aile noire sur le vitrail pour les autres, répond à la Témérité du cavalier qui va se faire éperonner,
  • La Prudence avec le serpent  « Montrez-vous donc prudents comme les serpents et condides comme les colombes » (Saint Matthieu ch. 10) mais en même temps c’est l’attribut du caducée d’Hermès et, en bas, le miroir qui permet normalement de regarder en arrière pour réfléchir sur le passé, le personnage détourne la tête vers une corne d’abondance pour souligner son Imprévoyance,
  • La Pureté de la salamandre ou du phénix du vitrail renaissant pur de ses flammes est mit en opposition avec l’Injustice du personnage qui tente de faire pencher la balance,
  • La Charité du bon berger avec son bélier qui évoque par ailleurs la toison d’or aux antipodes de l’Avarice du ladre qui met son or au coffre,
  • L’Espoir contenu dans l’oriflamme de celui qui regarde vers le ciel et donc le Désespoir de celui (ou celle) qui se transperce avec son épée,
  • La Foi de la croix avec un soleil en rouge sur la gauche et l’Impiété d’un personnage devant une idole,

A droite du portail de gauche à droite :vices vertus droite

  • La Force du lion, l’épée à la main et la Lacheté de celui qui fuit devant un lièvre,
  • La Patience du labours symbolisé par un taureau et la Colère de celui qui sort son épée contre un moine avec son livre fermé à la main,
  • La Douceur de l’agneau et la Dureté de la colère rouge d’une reine renversant son serviteur,
  • La Concorde avec quatre branche d’olivier ou de chêne et la Discorde avec une scène de pugilat,
  • L’Obéissance du chameau agenouillé ou d’un griffon et la Désobéissance où un homme lève la main sur un évêque,
  • La Persévérance de celui qui semble montrer un bas-fourneau et donc l’Inconstance de ce moine qui a quitté son abbaye.

 

* Esprit Gobineau de Montluisant a écrit vers le milieu du XVIIe siècle une « Explication très curieuse des énigmes et figures hiéroglyphiques, physiques, qui sont au grand portail de l’église cathédrale et métropolitaine de Notre-Dame de Paris », pour plus d’explications alchimiques il faut également se reporter  aux écrits de « Fulcanelli » dans le « Mystère des cathédrales »

 

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