Victor Hugo considérait Notre Dame de Paris comme « une symphonie de pierres » dans son roman éponyme qui a sauvé la cathédrale capitale. A la base du trumeau central du portail central, la porte du Jugement, des bas-reliefs évoquent les arts libéraux du Moyen-Age central. D’après le dictionnaire des sciences et des arts de Lunier (1805): « Arts libéraux ; ceux où l’esprit a plus de part que la main ».portail central ND

Ces arts sont composés en général par le trivium (« trois voies » en latin) qui sert à bien expliciter le monde par la grammaire, la dialectique et la rhétorique. Les quatre autres appartiennent aux sciences mathématiques dans le temps et dans l ‘espace : la musique, l’astronomie, l’arithmétique et la géométrie c’est ce qui forme le quadrivium parfaitement maîtrisé avec les bâtisseurs de cathédrales [1], ces architectes qui exercent l’art de bâtir. « Tels étaient les sept degrés de la science humaine par lesquels on s’élevait à la science divine, les Sept voies par lesquelles la philosophie aboutissait à la théologie. » Jean-Jacques Ampère , Histoire littéraire de la France avant le XIIe siècle (III-73).

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Cette reproduction se trouve dans les anciennes carrières de Paris

Dans le cas de la cathédrale Notre-Dame de Paris de gauche à droite on trouve la géométrie un compas dans la main droite, la dialectique trônant avec un serpent autour de la taille (cet art incite à la prudence qui a également le serpent comme attribut [2], la médecine (aussi appelé physique) tout à la préparation de remèdes à base de plantes, au centre la philosophie au sens large, ensuite l’astronomie avec un astrolabe planisphèrique, la grammaire enseignée à un enfant et la musique avec un instrument à 5 clochettes. Donc la philosophie et la médecine viennent compléter cet ensemble en l’absence de la rhétorique et de l’arithmétique.  Jean-Jacques Ampère , Histoire littéraire de la France avant le XIIe siècle (III-463) écrit à propos de la médecine : » le propre de cette science est de tourner l’esprit vers l’observation positive et matérielle de l’homme; par là, elle se lie intimement à la marche des idées philosophiques. » Donc tout cela reflète bien la progression des lettres et des sciences expérimentales vers le début du XIIIe siècle surtout chez les moines et les évêques. Car la philosophie (image à la Une), c’est aussi la connaissance de la religion donc de la théologie avec la présentation sur le médaillon central de deux livres; l’ancien et le nouveau testament ou encore la recherche de la connaissance du livre ouvert, l’exotérisme et celle du livre fermé ou caché, l’ésotérisme. Quoi qu’il en soit cette connaissance s’acquiert en s’élevant vers le ciel représenté par les nuages d’où l’échelle d’un cycle décimale à 9 degrés (peut être le  trivium, le quadrivium plus la philosophie et la médecine).

Que reste-t-il de ces sept ou neuf voies de la connaissance où les arts, les sciences et la spiritualité étaient intimement liés ? Peut être la dextérité de la main du sculpteur des médaillons sur l’esprit d’un âge pas forcément moyen mais plutôt de bâtisseurs. « Sur chaque pierre, on voit jaillir en cent façons la fantaisie de l’ouvrier discipliné par le génie de l’artiste. » Ainsi parle Victor Hugo.

 

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