Un incendie selon Victor Hugo

« L’autre semaine, il pouvait être une heure du matin, tout le bourg dormait, j’écrivais dans ma chambre, lorsque tout à coup je m’aperçois que mon papier est devenu rouge sous ma plume. Je lève les yeux, je n’étais plus éclairé par ma lampe, mais par mes fenêtres. Mes deux fenêtres s’étaient changées en deux grandes tables d’opale rose à travers lesquelles se répandait autour de moi une réverbération étrange. Je les ouvre, je regarde. Une grosse voûte de flamme et de fumée se courbait à quelques toises au-dessus de ma tête avec un bruit effrayant. C’était tout simplement l’hôtel … voisin du mien, qui avait pris feu, et qui brûlait….Un horrible flamboiement remplissait les intervalles de toutes les têtes…

Cependant un orage était survenu, il pleuvait à verse. Comme il arrive toujours lorsqu’on se hâte, l’hôtel se vidait lentement ; et il y eut un instant d’affreuse confusion. Les uns voulaient entrer, les autres sortir ; les gros meubles descendaient lourdement des fenêtres, attachés à des cordes ; les matelas, les sacs de nuit et les paquets de linge tombaient du haut du toit sur le pavé ; les femmes s’épouvantaient, les enfants pleuraient ; les paysans, réveillés par le tocsin, accouraient de la montagne avec leurs grands chapeaux ruisselant d’eau et leurs seaux de cuir à la main…

Bientôt les pompes sont arrivées, les chaînes de travailleurs se sont formées ; et je suis monté dans le grenier, énorme enchevêtrement, à plusieurs étages, de charpentes pittoresques comme en recouvrent tous ces grands toits d’ardoise des bords du Rhin. Toute la charpente de la maison voisine brûlait dans une seule flamme. Cette immense pyramide de braise, surmontée d’un vaste panache rouge que secouait le vent de l’orage, se penchait avec des craquements sourds sur notre toit, déjà allumé et pétillant çà et là. La question était sérieuse ; si notre toit prenait feu, dix maisons à coup sûr, et peut-être, avec l’aide du vent, le tiers de la ville, brûlaient. La besogne a été rude. Il a fallu, sous les flammèches et les tourbillons d’étincelles, écorcer les ardoises d’une partie du toit et couper les pignons-girouettes des lucarnes. Les pompes étaient admirablement servies…
Au premier moment, quand on se voit comme enveloppé dans cette monstrueuse caverne de feu où tout flambe, reluit, pétille, crie, souffre, éclate et croule, on ne peut se défendre d’un mouvement d’anxiété, il semble que tout est perdu et que rien ne saura lutter contre cette force affreuse qu’on appelle le feu ; mais, dès que les pompes arrivent, on reprend courage…
Le brasier, attaqué à l’improviste, hurle, se dresse, bondit effroyablement, ouvre d’horribles gueules pleines de rubis, et lèche de ses innombrables langues toutes les portes et toutes les fenêtres à la fois. La vapeur se mêle à la fumée ; des tourbillons blancs et des tourbillons noirs s’en vont à tous les souffles du vent, et se tordent et s’étreignent dans l’ombre sous les nuées. Le sifflement de l’eau répond au mugissement du feu. Rien n’est plus terrible et plus grand que cet ancien et éternel combat de l’hydre et du dragon.
La force de la colonne d’eau lancée par la pompe est prodigieuse. Les ardoises et les briques qu’elle touche se brisent et s’éparpillent comme des écailles. Quand la charpente en feu s’est écroulée, magnifique moment où le panache écarlate de l’incendie a été remplacé, au milieu d’un bruit terrible, par une immense et haute aigrette d’étincelles, une cheminée est restée debout sur la maison comme une espèce de petite tour de pierre. Un jet de pompe l’a jetée dans le gouffre.
Le Rhin, les villages, les montagnes, les ruines, tout le spectre sanglant du paysage reparaissant à cette lueur, se mêlaient à la fumée, aux flammes, au glas continuel du tocsin, au fracas des pans de mur s’abattant tout entiers comme des ponts-levis, aux coups sourds de la hache, au tumulte de l’orage et à la rumeur de la ville. Vraiment c’était hideux, mais c’était beau. »

Victor Hugo, Le Rhin, lettres (XIX) à un ami (Image à la Une, archive BNF, XIXe siècle)victor hugo signature

 

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7 personnages emblématiques du XVIIe au Louvre

Au-delà des traces laissées dans Paris par certains personnage emblématiques nés au XVIIe siècle (siècle de l’assassinat du roi Henri IV et d’une science plus rationnelle « Mieux vaut science que force. » disez-t-on), le département des sculptures au Louvre nous propose de magnifiques marbres de :

  • Corneille (1606;1684)

    pierre corneille par Jean jacques caffieri
    Pierre Corneille par Jean Jacques Caffieri
  • La Fontaine (1621;1695) par Pierre Julien
  • Pascal (1622;1662) (Image à la Une)

    pascal par pajou louvre
    Blaise Pascal par Augustin Pajou
  • Molière (1622;1673)

    molière jean jacques caffieri
    Jean-Baptiste Poquelin dit Molière par Jean Jacques Caffieri
  • Racine (1639;1699)

    racine jean simon boizot
    Jean Racine par Jean Simon Boizot
  • Voltaire (1694;1778)

    voltaire nu louvre
    « Voltaire nu » par Jean-Baptiste Pigalle
  • Montesquieu (1689;1755)
    montesquieu par clodion
    Charles de Secondat, baron de Montesquieu par Claude Michel dit Clodion

    « Qu’est-ce que l’homme dans la nature?
    Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant,
    un milieu entre rien et tout. » Pascal

Sur les traces de Napoléon Bonaparte dans Paris

“Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle.” Napoléon Bonaparte (1769;1821). Voici quelques traces de Napoléon Bonaparte éclairant toujours Paris de son empreinte:

  • sur l’Arc de triomphe pour la grandeur de l’armée Napoléonienne à commencer par la victoire d’Austerlitz,
  • au Palais de Justice de Paris à l’extérieur un bas relief ( Image à la Une) et à l’intérieur une statut en hommage à son apport avec le code Napoléon,
  • les canaux de l’Ourq et de Saint-Martin dont il est à l’origine,canal paris
  • au musée de la Légion d’honneur qu’il met en place en 1802,bonaparte légion d'honneur
  • au centre de la Place Vendôme avec sa colonne éponyme qui le place au sommet en empereur romain à la gloire de l’armée impériale,
  • au Louvre à l’extérieur dans la cour Napoléon où se situe la pyramide (clin d’œil à la campagne d’Egypte [1]) et à l’intérieur avec une plâtre de François Rude en « Napoléon s’éveillant à l’immortalité »,louvre rude napoléon
  • aux Invalides, sa dernière demeure où se trouve une statue et son tombeau en pierre.napoleon invalides

« Paris lui doit beaucoup: par ses soins, cette ville fut réparée embellie; il y fit exécuter un grand nombre de travaux et d’établissements dont les uns sont utiles, et les autres fastueux. » Dulaure dans « Histoire de Paris ».